A Iekaterinbourg

Le 8 février en Russie c’est la fête des « nouveaux martyrs et confesseurs de l’Eglise russe ». Une très solennelle divine liturgie a été célébrée en la cathédrale « sur le sang » de Iekaterinbourg, dédiée à la famille impériale martyre. On voit le drapeau de la Russie tsariste à droite de l’entrée, à 17’16.

La divine liturgie était célébrée par le métropolite Cyrille de Stavropol, avec le métropolite de Iekaterinbourg, cinq autres évêques et une nuée de prêtres et de diacres (et un chœur d’enfants et un chœur mixte de grande qualité, même si la polyphonie est très occidentalisée).

Le métropolite Cyrille, qui est aussi le président du Comité synodal de l’Église orthodoxe russe pour la coopération avec les Cosaques, venait d’Orenbourg, où il a présidé une réunion avec les représentants des communautés cosaques et les atamans des divisions de l’armée cosaque d’Orenbourg ainsi que l’ataman de la Société cosaque panrusse.

On remarque que le métropolite de Stavropol, après avoir béni l’assemblée pendant le Trisagion, le dit en grec (à 54’, l’évêque suivant chante en grec « Seigneur, Seigneur, regarde du ciel ; et vois ; et visite cette vigne et restaure-la, elle que ta droite a plantée », et le chœur reprend le Trisagion en grec, comme c’est souvent le cas dans les liturgies solennelles).

Le maire de New York et l’immigration musulmane

Allocution de Zohran Mamdani, maire de New York, au premier petit-déjeuner de prière interreligieux organisé par la mairie, hier  :

« Je pense que la libération de la souffrance, que nous enseigne le bouddhisme, n’est possible que si nous éliminons de notre vie quotidienne les trois poisons que sont le désir, la haine et l’ignorance. Nous ne devons pas accepter la souffrance comme une fatalité, ni considérer la haine comme un état naturel. Nous avons le pouvoir de nous en libérer. Et je considère ma propre foi, l’islam, comme une religion fondée sur un récit de migration. L’histoire de la hijra nous rappelle que le prophète Mohammed était lui aussi un étranger qui a fui La Mecque et a été accueilli à Médine. La sourate An Nahl 16, 42 nous dit que ceux qui ont immigré pour la cause d’Allah seront certainement bénis et recevront un bon foyer dans ce monde. Comme l’a dit le prophète Mohammed, l’islam a commencé comme quelque chose d’étranger et redeviendra étranger. Bonne nouvelle donc pour les étrangers. (Applaudissements.) Si la foi nous offre la boussole morale pour nous tenir aux côtés de l’étranger, le gouvernement peut fournir les ressources. »

(En fait c’est le verset 41 : « Et ceux qui, pour (la cause d’) Allah, ont émigré après avoir subi des injustices, Nous les installerons dans une situation agréable dans la vie d’ici-bas. » Il s’agit évidemment des disciples qui doivent fuir La Mecque pour la cause de Mahomet, et que Mahomet promet d’installer à Médine, pas à New York…)

Saint Romuald

Romuald naquit à Ravenne ; Serge, son père, était de noble race. Adolescent, il se retira dans le monastère voisin de Classe, pour y faire pénitence. Là, excité à un zèle plus ardent pour la piété et réconforté par l’apparition du bienheureux Apollinaire, il se fit moine. Il s’exerça assidûment aux jeûnes et à la prière, mais en gardant un visage tellement joyeux, qu’il réjouissait ceux qui le contemplaient. Brûlant du désir du martyre, tandis qu’il partait en Pannonie, saisi par la maladie, il fut contraint de revenir. Il fut le fondateur de l’Ordre des moines Camaldules qu’il avait aperçus, dans une vision, escaladant comme les Anges une échelle qui atteignait le ciel. Enfin, après avoir vécurent vingt ans et servi Dieu pendant tout un siècle, avec une extrême austérité, il s’en alla vers lui, l’an du salut mil vingt-sept, et fut déposé avec honneur à Fabriano, dans l’église de son Ordre. (Bréviaire.)

On trouvera davantage de précisions ici, avec des photos de sa cellule à Camaldoli.

Et ici la (vraie) « petite règle de saint Romuald ».

Aujourd’hui c’est aussi le samedi de la Septuagésime, et on lit les derniers versets du chapitre 5 de la Genèse, généalogie de Maaléel, arrière-petit-fils de Seth fils d’Adam, jusqu’à Noé, qui va être la figure principale de la Sexagésime. C’est dans ces versets qu’il y a la phrase mystérieuse : « Hénoch marcha avec Dieu et il ne parut plus parce que Dieu l’emporta. »

Ukraine : l’Eglise du pouvoir sans fidèles

L’Eglise orthodoxe ukrainienne a été chassée de la cathédrale de la Trinité à Tchernigov en octobre 2023. L’antenne régionale de la télévision d’Etat Suspilne a fait un reportage montrant l’intérieur de la cathédrale pendant la divine liturgie, dimanche dernier : l’évêque de l’Eglise du pouvoir est seul avec un diacre (ce qui est incongru dans une cathédrale), et il y a une dizaine de personnes… Sans surprise, puisque c’est comme ça partout, sauf quand l’église est carrément fermée.

Il y a plus de monde quand on y monte un spectacle ou qu’on y passe un film, au scandale des croyants.

Mais la directrice de la « réserve » historique est claire : « Cet espace n’est pas seulement destiné aux rites religieux, mais aussi à des initiatives culturelles, telles que la projection de films. La cathédrale doit être ouverte à tous, aux croyants comme au public laïque. »

L’arroseuse arrosée

Lors de la cérémonie des Grammy Awards, la chanteuse Billie Eilish a dénoncé la politique migratoire de Donald Trump en reprenant un slogan en vogue dans la gauche américaine : « No one is illegal on stolen land » (Personne n’est illégal sur une terre volée), non sans ajouter l’obligatoire : « Fuck ICE ! »

Le cabinet en droit immobilier Sinai Law Firm a proposé au peuple amérindien Tongva (ils ne sont plus que 1.700 selon Wikipedia) de l’aider gracieusement à faire expulser Billie Eilish de sa propriété de plusieurs millions de dollars édifiée sur une terre ancestrale de la tribu, afin de lui faire respecter ses propres principes.

Le fondateur du cabinet Avi Sinai reconnaît qu’il s’agit d’une plaisanterie mais souligne que l’expression « terres volées » est devenue un outil rhétorique servant à disqualifier tout débat sérieux sur l’immigration, et pointe l’hypocrisie d’une élite culturelle multimillionnaire, retranchée derrière des propriétés sécurisées, qui donne des leçons morales au reste de la population.

Les Tongvas n’ont pas manqué de relever que Billie Eilish ne les avait jamais contactés, se félicitant toutefois que certains ne les oublient pas, même si c’est symbolique.