Les championnats d’Europe d’escrime devaient se tenir en Estonie en juin prochain. Mais l’Estonie, championne du monde de la russophobie, refuse l’entrée sur son territoire aux sportifs russes et biélorusses. La fédération internationale d’escrime, qui permet depuis juillet dernier aux Russes et Biélorusses de participer aux compétitions comme « athlètes individuels neutres », a retiré l’organisation des championnats à l’Estonie. Ils auront lieu à Antony, près de Paris.
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Ukraine-Russie
Il semble qu’il se passe quelque chose de nouveau dans les discussions sur la guerre en Ukraine. Hier, Donald Trump a convoqué Zelensky à Davos alors qu’il n’avait pas l‘intention d’y aller. Hier soir, Vladimir Poutine a reçu pendant quatre heures l’envoyé spécial de Trump Steve Witkoff et Jared Kushner, en présence de son conseiller Iouri Ouchakov. Aujourd’hui se tient à Abou Dhabi une réunion tripartite Russie-Etats-Unis-Ukraine. La délégation russe est composée exclusivement de militaires, sous la direction de l’amiral Igor Kostioukov, chef du département principal du renseignement de l’état-major russe.
L’argent par les fenêtres
Kaja Kallas, hier :
Aujourd’hui, l’UE a débloqué les premiers 10 millions d’euros destinés à la création d’un nouveau tribunal spécial chargé de juger les dirigeants russes pour leur rôle dans la guerre menée par Moscou contre l’Ukraine. Les dirigeants russes sont responsables de cette guerre et ils doivent rendre des comptes. Il ne peut y avoir d’impunité.
Ce fut un plaisir de discuter avec Alain Berset et de signer le contrat avec le Conseil de l’Europe.
Après tout, si par hasard ce tribunal finissait par exister, il pourrait servir à juger la clique de Kiev coupable de génocide sur son propre peuple, de graves atteintes à la démocratie et aux libertés, de persécution religieuse et de discrimination linguistique.
La persécution en Ukraine

Le tribunal de Dnipro a prolongé de deux mois la détention « provisoire » du métropolite Arsène, abbé de Sviatogorsk.
Un professeur de médecine de Kiev a fait valoir que l’état de santé du métropolite exigeait des examens dans des cliniques spécialisées et que les médecins de Dnipro se sont « révélés totalement incompétents ». Il a déclaré que le métropolite a besoin d’un traitement hospitalier et d’une rééducation après un an et neuf mois passés en détention provisoire, et que les médicaments actuellement prescrits « non seulement ne sont d’aucune aide, mais ils sont même nocifs ».
Mais le juge est resté inflexible. L’abbé du grand monastère du Donbass est en prison sans jugement depuis le 24 avril 2024, il doit y rester, quel que soit son état de santé.
Rappelons qu’il a été arrêté pour avoir averti les fidèles dans une homélie qu’il y avait des barrages de l’armée à tel et tel endroit et avoir mis en ligne cette homélie (mise en ligne après la fin des barrages).
Pendant ce temps-là l’Eglise du pouvoir continue, mais à un moindre rythme, de voler les églises orthodoxes, et l’administration de « légaliser » les « transferts », comme hier encore à Kouzmine près de Khmelnitski.
Bugnini vu par le P. Luykx
Le P. Luykx dit qu’il avait de l’amitié pour Bugnini, et il le montre lorsque le travail de la commission préparatoire du concile sur la liturgie fut jeté à la poubelle et son secrétaire Bugnini destitué :
« En raison de mes obligations en Afrique, je n’étais pas à Rome lorsque ce coup d’État a eu lieu. Lors de mon voyage suivant, j’ai rendu visite au secrétaire Bugnini, destitué de manière ignominieuse, afin de le réconforter. Il était encore tellement affecté par les événements qu’il a pleuré sur mon épaule ! En signe de reconnaissance pour ma sollicitude, il m’offrit une bouteille d’excellente liqueur que son frère venait de distiller, afin de nourrir notre amitié. »
Mais voici ce qu’il écrit ensuite, sur le rôle de Bugnini dans le travail des sous-commissions après le concile. (Mgr Malula était l’archevêque de Kinshasa, et le P. Luykx était son « expert ». « CSL » est la constitution conciliaire sur la liturgie Sacrosanctum concilium.)
La tendance à s’éloigner de l’adhésion à CSL s’est propagée jusqu’au sommet, jusqu’au secrétaire Annibale Bugnini. Tout au long du Mouvement liturgique, de la Commission préparatoire pour la liturgie et du Consilium du pape Jean, le père Bugnini était resté fidèle à la Tradition et au Magistère. Mais après le Concile, il a changé. D’après l’amitié que je lui portais, je crois que ce changement n’était pas dû à une malveillance délibérée, mais plutôt à une faiblesse. Il me semblait très influençable : si quelqu’un le poussait dans un sens, il allait dans ce sens ; si quelqu’un le poussait dans l’autre sens, il allait dans l’autre sens.
Mais le père Bugnini était aussi un politicien, et un politicien avide de pouvoir. Pour obtenir ce pouvoir, il devait donner l’impression de réussir, alors il suivait ceux qui étaient les plus bruyants et apparemment les plus puissants. Il était fortement influencé par les modernistes qui avaient rompu avec la fidélité à CSL, dont le plus virulent était Johannes Wagner, de l’Institut de Trèves en Allemagne. Peu de temps après, Bugnini a cessé d’inviter aux réunions les membres « réactionnaires » qui osaient adhérer au texte de CSL ou aux principes solides de l’anthropologie religieuse. Je le sais de source sûre, car Mgr Malula et moi-même faisions partie de ceux qui ont perdu sa faveur.
Quel rôle l’évêque Malula et moi-même avons-nous joué au milieu de cette tension et de cette polarisation croissantes ? Après peu de temps, l’évêque Malula a perdu toute envie de participer aux sous-commissions. La boutique révolutionnaire des érudits lui donnait le sentiment d’être inutile ; ils le traitaient comme un ignorant et l’insultaient même. De plus, l’ensemble du travail des sous-commissions allait à l’encontre de CSL et était inutile pour les pays de mission, en particulier ceux d’Afrique. Mgr Malula a fait part de ce fait à plusieurs reprises au secrétaire Bugnini. À ces occasions, Bugnini a répondu au bon évêque par des remarques si atroces qu’elles sont à jamais gravées dans ma mémoire :
Bugnini : Si vous n’êtes pas d’accord, créez votre propre commission en Afrique.
Malula : Où notre Église, pauvre comme un mendiant, trouvera-t-elle les fonds pour faire une telle chose, alors que vous, ici, disposez de l’argent de tout l’Occident riche ?
Bugnint : N’importe. Ici, nous partons du principe que l’homme occidental moderne est l’homme tout court, le modèle de toute véritable humanité, pour tous les pays et toutes les cultures, et pour tous les âges à venir.
Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Furieux d’une insulte aussi arrogante et absurde, Mgr Malula jura de ne jamais revenir. Il m’autorisa à le remplacer et me donna des instructions en ce sens. Je suppose que le père Bugnini et ses acolytes étaient heureux de se débarrasser d’un « ennemi », conformément à la nouvelle politique d’exclusion de ceux qui étaient fidèles à CSL.
Nous reviendrons plus tard sur la réponse révélatrice du père Bugnini à Mgr Malula, car il est apparu clairement que son opinion sur la suprématie et la valeur normative de l’homme occidental moderne faisait partie de son programme – et par conséquent du programme des sous-commissions du Consilium qu’il supervisait.
À ce stade, on peut se poser une question évidente et sérieuse : d’où un homme ou un groupe tire-t-il le droit d’imposer sa manière de prier ou de célébrer à toute l’Église occidentale ? Cette question touche au cœur même de la validité douteuse, ou du moins de la licéité, d’une grande partie du travail des sous-commissions du Consilium, car celles-ci ont souvent travaillé au mépris de CSL, la seule norme faisant autorité donnée par le Concile.