Provocations polonaises

Le Parlement polonais a adopté hier une résolution, à l’unanimité moins une abstention, demandant au gouvernement de délocaliser l’ambassade de Russie à Varsovie.

Pourquoi ? Parce qu’elle est trop près du ministère de la Défense…

Le ministre des Affaires étrangères Sikorski a toutefois remarqué que ce vote n’est pas une base légale pour une telle action.

Varsovie avait saisi le complexe résidentiel de l’ambassade en 2022, et son lycée en 2023.

Mercredi, le gouvernement polonais a annoncé le retrait de l’autorisation d’exercer ses activités au consulat général de Russie à Gdansk.

C’était le dernier consulat russe en activité en Pologne.

« Nous considérons cette nouvelle mesure hostile des autorités polonaises comme la manifestation d’une politique délibérée visant à détruire les relations bilatérales dans le contexte de russophobie des cavernes qui règne en Pologne, a déclaré Maria Zakharova. Il va sans dire que la partie russe répondra de manière symétrique à ces actions en limitant considérablement la présence consulaire et diplomatique polonaise dans notre pays. »

En janvier dernier la Russie avait fait fermer le consulat de Saint-Pétersbourg, en réponse à la fermeture du consulat russe à Poznan. Depuis lors le consulat de Cracovie a également été fermé.

La poisse

Lundi dernier, Zelensky remerciait, par ses chaleureuses accolades coutumières, des marins-pêcheurs bretons qui avaient envoyé 280 km de filets en Ukraine pour protéger les routes d’approvisionnement de l’armée des drones russes. (Pour l’occasion il avait enfilé la doudoune au logo de « Tout commence en Finistère », quelle honte pour la Bretagne…)

Mais la neige tombe. Et les filets avec…

La traque se poursuit

La pianiste Elisabeth Leonskaja devait jouer à Eindhoven aux Pays-Bas le 4 décembre prochain. Le concert est annulé, parce qu’on a découvert que l’artiste donnait un concert à Moscou hier soir, à l’occasion de ses 80 ans.

Elisabeth Leonskaja, née en Géorgie de parents originaires d’Odessa, était devenue une pianiste soviétique. En 1978 elle s’est exilée et s’est installée à Vienne. Elle a la nationalité autrichienne. C’est donc une pianiste autrichienne qui est interdite aux Pays-Bas pour avoir donné un concert en Russie…

Les Bataves ne paraissent pas savoir qu’Elisabeth Leonskaja se produit régulièrement en Russie, particulièrement à Saint-Pétersbourg (le 13 novembre elle y donnait encore un récital)…

La raison précise de l’interdiction est fabuleuse. Comme la pianiste n’est pas russe, et comme elle n’a jamais pris de position politique, on se fonde sur le fait que le concert d’hier a eu lieu dans une salle (la Philharmonie de Moscou) « qui met à disposition des militaires et de leurs familles des billets gratuits ». Sic.

Mais les Suisses ne sont pas aussi tordus : Elisabeth Leonskaja a été invitée à donner deux concerts avec l’Orchestre de la Suisse romande la semaine prochaine à Genève et Lausanne, en remplacement de Maria-Joao Pires qui vient de mettre fin à sa carrière.

Ce qui m’étonne toujours est de voir Nikolaï Louganski, l’un des grands pianistes russes actuels, se produire alternativement en Russie et en Europe occidentale sans que personne ne s’en émeuve…

Ceci est un chef-d’œuvre absolu :

*

En bon citoyen toujours prêt à dénoncer les agents de Poutine, je fais remarquer à qui de droit qu’il y a en ce moment même, à la même Philharmonie de Moscou, un concert avec Boris Pinkhasovitch, de Saint-Pétersbourg, devenu baryton vedette de l’Opéra de Vienne et citoyen autrichien en 2023. Il chante les Wesendock Lieder de Wagner et les Rückert Lieder de Mahler, sous la direction d’Alexei Roubine. On espère qu’il sera sévèrement sanctionné à son retour à Vienne.

Elisabeth Leonskaja et Boris Pinkhasovitch sont manifestement arrivés à Moscou, venant de Vienne, en même temps. Le complot est évident.

Police transphobe

Un policier de Düsseldorf est poursuivi en justice par sa hiérarchie pour « tentative de fraude » : il s’identifie comme femme pour avoir une promotion…

Fin mai, Peter Kleine est devenu Maria Kleine : depuis novembre 2024 la loi allemande permet de changer de genre sur simple déclaration.

En devenant Maria, Peter est automatiquement monté de 43 places dans la liste des promotions, étant donné qu’à qualification égale la police donne le poste à une femme.

La police fait valoir que Peter est devenu Maria uniquement pour avoir cet avantage, et qu’il s’en est vanté à maintes reprises devant ses collègues.

Peter devenu Maria crie à la discrimination transgenre. Son avocat souligne que puisqu’on peut changer de genre sans aucune justification il ne peut pas y avoir de « fraude ».

D’ailleurs Peter devenu Maria va se marier avec une femme, et il est officiellement lesbienne…

(Il s’ajoute ainsi à une liste qui ne cesse de s’allonger. Un Canadien était devenu femme pour économiser sur son assurance automobile, un Suisse avait été le premier à bénéficier de la loi pour partir à la retraite un an plus tôt, un soldat espagnol barbu était devenu femme pour bénéficier de divers avantages dont une solde plus importante de 15%…)

Le gauleiter reçoit son casque

Staša Košarac, ministre bosnien du Commerce extérieur, a envoyé à Christian Schmidt, le « Haut représentant international » doté de pouvoirs dictatoriaux en Bosnie-Herzégovine, un casque nazi, avec une lettre explicative, et surtout une demande expresse de quitter le pays.

L’ambassade d’Allemagne en Bosnie se dit « profondément choquée ». « Les comparaisons, les formulations et les démarches contenues dans cette lettre sont inacceptables et contraires à la dignité du dialogue politique ». Réaffirmant son soutien à Schmidt et à « son travail au service d’une Bosnie-Herzégovine pacifique, stable et démocratique », l’ambassade ajoute que l’envoi d’un casque nazi est « une manifestation d’irrespect et de provocation, dépourvue de toute éthique diplomatique, et indigne d’un titulaire d’une fonction publique dans un pays européen censé se trouver sur la voie de l’adhésion à l’Union européenne ». Hum…

L’ambassade britannique a cru bon d’y aller aussi de son couplet, dénonçant des « insultes et une haine terrible et infondée ».

Réaction de Košarac : « Sans vouloir polémiquer, je dirai simplement une chose : il est honteux et scandaleux que vous souteniez un administrateur colonial qui usurpe de manière anticonstitutionnelle et illégale les institutions nationales et sape l’État de droit. »

Schmidt, qui a tous les pouvoirs en Bosnie-Herzégonvine, s’est donné le ridicule de limoger le président élu de la République serbe de Bosnie, Mirolad Dodik. Sans pouvoir mettre son diktat à exécution, puisqu’il ne peut pas trouver de forces de police susceptibles d’arrêter Dodik. Mais l’AFP, docilement, parle de « l’ancien président de Republika Srpska », ce qu’elle ne dirait évidemment pas de Zelensky…

Sur l’affaire Dodik, voir ici.

La lettre intégrale de Staša Košarac, savoureuse :

Lettre à l’occupant

À vous, incarnation du mal politique et de la malveillance envers ma patrie, la Republika Srpska, et mon fier peuple serbe,

Vous quitterez bientôt ce pays où vous êtes arrivé comme immigré illégal, sans permis de travail, avec l’intention d’occuper, d’asservir et de subjuguer.

Par vos manipulations anticonstitutionnelles et contraires aux accords de Dayton, vous avez usurpé les institutions nationales, anéanti la démocratie et orchestré la persécution judiciaire et politique du président légalement et légitimement élu de la Republika Srpska, Milorad Dodik, dans le but d’affaiblir la Republika Srpska et de nier la liberté de choix du peuple serbe de Bosnie-Herzégovine.

Il est inutile de s’étendre sur le mal que vous causez à ce pays et à tous ses habitants. Inutile de s’encombrer de mots.

Vous direz sans doute, comme vos semblables lors des procès de Nuremberg, que vous « faisiez simplement votre devoir ». Je dirais : « Puisse cela faire honneur à votre réputation », mais vous ne comprendriez pas, car vous en êtes privé. En partant, prenez ce casque que je vous remets.

Ne vous y trompez pas, ce n’est pas un cadeau de ma part. Nous offrons des cadeaux à nos hôtes de marque. Vous n’en êtes pas un.

Ce casque est l’héritage de vos ancêtres nazis, qui ont massacré mon peuple durant la période la plus sombre de l’histoire de l’humanité.

Peut-être compléterez-vous la collection de votre famille, voire votre collection personnelle, avec ce casque, puisque vous êtes connu pour votre respect des traditions de l’armée nazie et des pilotes d’Hitler.

Si, en Bavière, en Westphalie, en Rhénanie ou dans toute autre province allemande, vous trouvez le moindre morceau d’uniforme de soldat serbe – et vous n’en trouverez pas, puisqu’il n’y en a pas, n’hésitez pas à nous le rapporter.

Il est temps de quitter ce pays où vous n’auriez jamais dû mettre les pieds.

Sans vous, ce pays a une chance. Sans vous, le peuple de ce pays devrait décider de son propre destin. Vous et tout ce que vous représentez peut se résumer en un mot : échec.

Avec mon profond mépris,

Staša Košarac.