L’Avent laïque

Un inspecteur d’académie de l’Aisne a demandé à la mi-novembre aux instituteurs de ne pas utiliser de calendrier de l’Avent, pour respecter la laïcité.

Il y a eu des protestations.

Anne Genetet, ministre de l’Education nationale, a écrit lundi aux « référents laïcité » de toutes les académies. Elle dit que certes ces calendriers sont « issus du calendrier liturgique », mais qu’ils sont « devenus des objets sociétaux et pédagogiques » et même des « outils utiles », donc qu’on peut les utiliser.

Sauf… s’ils comprennent des « contenus explicitement religieux ».

Bref, le calendrier de l’Avent doit être laïque.

L’Avent c’est l’attente du 25 décembre. Où il ne se passe rien de religieux. C’est l’attente du vide. Parabole de la laïcité républicaine.

Une honte absolue

Communiqué du « ministère de l’Europe et des Affaires étrangères »:

De telles immunités s’appliquent donc au président Poutine et à Mme Lvova-Belova…

Ah non ! C’est réservé aux pays amis de la France, démocratiques et attachés à l’état de droit…

Ignoble.

La République toujours jacobine

La cour administrative d’appel de Marseille confirme que l’usage de la langue corse à l’assemblée de Corse (prévu par le règlement intérieur) est interdit au motif que selon l’article 2 de la Constitution la langue de la République est le français.

La cour ne tient aucun compte du fait que cette disposition n’est constitutionnelle que depuis 1992 et qu’elle est étroitement liée à la signature du traité de Maastricht. C’est le premier article de la loi constitutionnelle qui modifie la Constitution afin de permettre à la France de perdre de nouveaux pans de souveraineté, mais qui dans une dernière posture nationale tente d’empêcher que l’anglais soit de facto la langue unique des institutions européennes et de leurs antennes nationales.

Cela n’a donc aucun rapport avec la Corse. Mais le réflexe jacobin est toujours aussi écrasant.

Le Conseil constitutionnel avait prévenu que cet article était hostile aux langues régionales. Nous y sommes.

Le président du conseil exécutif, Gilles Simeoni, et la présidente de l’Assemblée de Corse, Marie-Antoinette Maupertuis, annoncent qu’ils vont demander à l’assemblée de Corse de « former un pourvoi devant le Conseil d’État, notamment pour aller contester cet argumentaire devant les juridictions européennes et internationales ».