Léon XIV et le scandale Durbin

Alors que dix évêques américains ont dénoncé la remise d’une décoration par l’archevêque de Chicago le cardinal Blase Cupich, prévue le 27 octobre prochain, au sénateur Dick Durbin, militant de l’avortement, Léon XIV a répondu à une question sur ce sujet. Sa réponse apparaît comme un copié-collé de ce que disait son prédécesseur :

« Je ne connais pas très bien ce cas particulier. Je pense qu’il est important d’examiner l’ensemble du travail accompli par un sénateur au cours de, si je ne me trompe pas, 40 ans de service au Sénat américain. Je comprends la difficulté et les tensions. Mais je pense, comme je l’ai déjà dit par le passé, qu’il est important d’examiner de nombreuses questions liées aux enseignements de l’Église. Quelqu’un qui dit être contre l’avortement mais qui est favorable à la peine de mort n’est pas vraiment pro-vie. Quelqu’un qui dit être contre l’avortement mais qui est d’accord avec le traitement inhumain des immigrants aux États-Unis, je ne sais pas si c’est pro-vie. Ce sont donc des questions très complexes et je ne sais pas si quelqu’un détient toute la vérité à leur sujet, mais je demanderais avant tout qu’ils se respectent les uns les autres et que nous cherchions ensemble, en tant qu’êtres humains et, dans ce cas, en tant que citoyens américains et citoyens de l’État de l’Illinois, ainsi qu’en tant que catholiques, à dire que nous devons être attentifs à toutes ces questions éthiques. Et à trouver la voie à suivre en tant qu’Église. L’enseignement de l’Église sur chacune de ces questions est très clair. »

Léon XIV défendait ainsi la distinction accordée au sénateur par le fait qu’il s’agissait de l’honorer pour sa défense des « immigrants », et non pour son combat en faveur de l’avortement (y compris par démembrement du fœtus)…

Mais il était inutile de jouer au François II, car, peu après, le sénateur Durbin décidait de ne pas recevoir le prix.

L’immonde évêque de Charlotte

Mgr Michael Martin, évêque de Charlotte (Caroline du Nord), en application de Traditionis Custodes, avait interdit les messes traditionnelles dans son diocèse, et affecté une chapelle au milieu de nulle part comme seul lieu de culte lorsqu’elle aurait été enlevée à ses occupants protestants et aménagée pour le culte catholique.

Ce qui est fait. La première messe sera célébrée dans la chapelle « de la Petite Fleur » le 5 octobre. L’évêque souligne, à la fin de son interminable lettre où la tyrannie est enveloppée de dégoulinante hypocrisie cléricale, qu’on n’y trouvera que la messe des dimanches et fêtes, à l’exclusion de tout autre sacrement et service ecclésial. Il souligne aussi que cette chapelle est trop petite pour accueillir tous les fidèles de la messe traditionnelle, et qu’ils doivent la considérer comme un sanctuaire qu’ils visiteront à l’occasion…

Ci-après la traduction de cette partie de la lettre :

Cette chapelle n’est pas une paroisse, ni une communauté paroissiale formée pour ceux qui souhaitent célébrer la messe latine traditionnelle. Tous ceux qui assistent actuellement à la messe latine traditionnelle dans nos quatre paroisses resteront enregistrés comme paroissiens dans leur paroisse actuelle. Je sais que vous vous sentez attachés à vos paroisses locales, et je souhaite que vous continuiez à vous y engager. Aucun autre programme ne sera proposé à la chapelle de la Petite Fleur en dehors des messes du dimanche et des fêtes, de sorte que tous les autres aspects de la vie catholique (sacramentelle et autre) doivent être pris en charge par votre paroisse locale. Le père Brandon Jones sera le célébrant habituel de ces messes les dimanches et fêtes, tout en résidant à la paroisse Sainte-Anne. Il n’y aura pas de quête à la Petite Fleur pendant la messe, je vous demande donc de continuer à soutenir votre paroisse actuelle comme vous le jugez bon dans la prière.

Cette chapelle peut accueillir environ 350 personnes et a été récemment rénovée spécialement pour la célébration de la messe latine traditionnelle. Veuillez comprendre que la chapelle n’est pas destinée à accueillir toutes les personnes qui assistent actuellement à la messe latine traditionnelle dans leurs paroisses respectives. Je vous encourage à considérer la chapelle Little Flower comme une chapelle sanctuaire que vous pourriez visiter à l’occasion pour assister à la messe tout en participant régulièrement à la vie de votre paroisse d’origine. Afin que tous ceux qui le souhaitent puissent assister à la messe latine traditionnelle à la chapelle Little Flower, je vous demande d’envisager d’y aller pour la première fois un dimanche à la fin octobre ou au début novembre, afin que la chapelle puisse accueillir au mieux tout le monde compte tenu de sa capacité d’accueil limitée. Vous trouverez plus d’informations sur www.charlottediocese.org/1LMChapel.

En Russie

Cette vidéo est intéressante à un double titre. Ce couple d’Américains obtient un permis de séjour temporaire à Tomsk, en Russie. Il y a la représentante de l’administration de l’oblast, qui fait signer les papiers, et il y a… un prêtre du diocèse, soulignant que ce couple est chrétien, et même qu’ils sont devenus des paroissiens orthodoxes. La vidéo concerne presque uniquement la question religieuse.

L’autre intérêt, en liaison avec ce fait, est que la vidéo est publiée par la chaîne YouTube du journal « Komsomolskaïa Pravda », la publication du comité central des jeunesses communistes d’URSS…

Il y a longtemps qu’il n’y a plus de comité central ni de jeunesses communistes d’URSS, mais le nom est resté, comme par exemple celui de TASS : agence télégraphique de l’Union soviétique. Et la Komsomolskaïa Pravda, publication qui n’est pas plus de jeunesse que communiste mais qui appartient à un groupe médiatique privé, est fière d’exister depuis 100 ans… Pour nous c’est quasiment impossible à comprendre. Mais pour les Russes ça paraît aller de soi. Et c’est ainsi que la Komsomolskaïa Pravda, qui fut un des plus importants relais de la persécution athéiste, publie nombre d’informations religieuses parmi des informations dans les domaines les plus variés…

Encore une de moins

L’évêque de Brooklyn (New York), Robert Brennan, supprime la messe traditionnelle à partir du 12 octobre en l’église Sainte-Cécile. C’était l’une des deux seules messes dominicales traditionnelles à Brooklyn, l’arrondissement le plus peuplé de New York. (L’autre a lieu à 9h30 en l’église Notre-Dame de la Paix, avant la messe en espagnol, dans un environnement manifestement pas du tout traditionnel.)

C’est « en application de Traditionis custodes ».

*

A peine arrivé au diocèse d’Austin, l’évêque Daniel Garcia, qui a interdit la messe traditionnelle dans son ancien diocèse de Monterey quatre jours avant d’arriver à Austin, a également interdit la messe traditionnelle qui devait être célébrée sur le campus A&M du Texas le 24 septembre par un chapelain du diocèse de Victoria. L’évêque de Victoria, Brendan Cahill, lui a dit qu’il avait reçu une directive du chancelier du diocèse d’Austin lui interdisant formellement de se rendre dans cette université.

Université catholique-woke

L’université catholique Viterbo du Wisconsin demande que ses employés ajoutent à leur signature leurs pronoms de genre, et la vice-présidente Erin Edlund donne l’exemple en mettant « she/her/hers », indiquant qu’elle s’identifie comme femme.

La note indique qu’il s’agit « d’améliorer la cohérence, le professionnalisme et l’alignement avec notre nouvelle image de marque ».

On ne sait pas ce qu’est la nouvelle image de marque, mais celle qui est proclamée par l’université est son « identité catholique et franciscaine »…

Life Site News souligne :

« L’adoption des pronoms de genre est doublement scandaleuse pour une université catholique. Elle implique tout d’abord un déni de la réalité biologique au profit des “préférences” de chacun, rejetant ainsi le fondement même d’une véritable éducation : prendre au sérieux la vérité objective. »

Mais cette université parraine depuis 2011 un « Pride Club » qui a mis en place « des espaces sur le campus où les étudiants peuvent s’arrêter et s’informer sur les différentes identités ».