En Bachkirie

La Bachkirie, ou le Bachkortostan, est une république de la Fédération de Russie. Il y a eu ces derniers jours des élections locales dans toute la Russie, donc là aussi.

Les citoyens de Paris sont fiers d’avoir eu une participation à 100% des… 9 électeurs.  La banderole, tenue par deux « Parisiens de souche », des cousins qui ont près de 90 ans, dit :

« Paris vote pour un Bachkortostan fort. »

Il y a bien une tour Eiffel sur la pancarte…

Les gazettes bachkires soulignent que, à Suisse, sans surprise, « les Suisses sont pour un Bachkortostan fort ».

Mars a également voté en masse : 65 électeurs qui disent : « Même si nous vivons sur Mars, nous ne sommes pas indifférents au sort du Bachkortostan. »

Mais ils sont plus nombreux sur Uranus : 469 Uraniens ont le droit de vote.

Il y a aussi un village qui s’appelle Venezia…

Les femmes de la sous-tribu Kir-Tanyp ont revêtu leurs plus beaux costumes :

Les rivières de Bachkirie portent des noms étonnants : Nil, Ganges, Tibre, Seine (Sekvann, de Sequana), Rhône (Rodan, de Rodanus), Danube, Elbe…

La capitale de ce pays est Oufa. Où il y a un opéra tout à fait remarquable, que j’ai découvert par hasard en trouvant sur YouTube sa production d’Attila, opéra de Verdi injustement méconnu, car c’est du très bon Verdi. Non seulement l’interprétation est excellente (avec le renfort bien sûr de quelques chanteurs de Moscou et de Saint-Pétersbourg), mais la mise en scène est étonnante. L’une des grandes scènes est la rencontre entre Attila et le pape saint Léon. « L’évêque romain Leone », dit tristement Wikipedia en français. A Oufa, capitale d’une des huit républiques à majorité musulmane de la Fédération de Russie, l’arrivée du pape est d’un triomphalisme catholique romain aussi anachronique que spectaculaire…

Scoop

Vous ne lirez ceci dans aucune gazette occidentale : les Russes ont remporté 20 médailles d’or, 21 médailles d’argent et 23 médailles de bronze aux Jeux paralympiques.

Et on n’avait accepté que 88 candidats ! Sous « bannière neutre ». Donc on niait leur nationalité. Et ces médailles ne sont pas comptabilisées dans le classement. Même de manière « neutre ».

Ils participaient, mais dépouillés de leur identité nationale, et leurs résultats sont effacés.

Dans le pays des droits de l’homme.

Les sanctions, ça marche

Les avoirs en or de la Russie ont atteint un niveau record de 188,8 milliards de dollars. Pour la première fois depuis près de 25 ans, l’or représente désormais plus de 30% des réserves internationales du pays.

Les fondations ont toujours été posées sur l’or.

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La Russie a augmenté ses achats quotidiens d’or de 601 % ce mois-ci et pratiquera bientôt le troc avec la Chine afin de contourner la surveillance du système financier occidental.

Il n’est pas nécessaire d’être un génie pour voir où cela nous mène.

Réveillez-vous !

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A propos du troc, Serguei Lavrov a en effet déclaré il y a une semaine à l’Institut des Relations internationales de Moscou :

« Près de 95% des échanges avec la Chine se font en roubles et en yuans. Je ne vois pas la nécessité d’un système de troc avec la Chine à ce stade, bien qu’il n’y ait rien de mal à cela. Si c’est pratique et que cela vous permet de ne pas dépendre des transferts bancaires, que les États-Unis et leurs alliés tentent de supprimer par tous les moyens possibles, alors pourquoi pas. »

Résistance serbe

La dictature eurocratique a évidemment très mal pris la rencntre entre Poutine et le vice-président serbe Aleksandar Vulin à Vladivostok, et encore moins le propos de ce dernier selon lequel « la Serbie n’est pas seulement un partenaire, mais aussi un allié de la Russie ».

L’ineffable porte-parole en chef pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de la Commission européenne, Peter Stano, a tonné :

« La Serbie a demandé son adhésion à l’UE. Je pense que désormais tout le monde sait quels sont les principes du processus d’adhésion à l’UE. La Russie est un pays qui, sous la direction de Poutine, viole la Charte des Nations Unies et le droit international, ce qui est contraire aux principes sur lesquels l’UE a été construite. Nous attendons de la Serbie qu’elle s’abstienne d’intensifier ses liens avec la Russie et que tous les dirigeants du gouvernement serbe respectent les obligations que la Serbie a volontairement contractées concernant le processus d’adhésion à l’UE. Maintenir et même renforcer les liens avec la Russie pendant son agression illégale contre l’Ukraine et le peuple ukrainien n’est pas conforme aux valeurs de l’UE et au processus d’adhésion. »

Aleksandar Vulin a répondu que Viktor Orban, dirigeant d’un pays de l’UE, a également rencontré Vladimir Poutine, et qu’il est fier d’avoir eu l’opportunité de rencontrer le président russe. Il a ajouté :

« Je demanderai en particulier au porte-parole de l’UE de ne pas utiliser les termes “agression”, “droit international” ou “Charte des Nations Unies”. Après 1999 et l’agression de l’OTAN contre la Serbie, après la violation de la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU et la reconnaissance du soi-disant Kosovo, vous avez perdu le droit de parler de moralité ou de droit international. »

Ubukraine

Zelensky, hier, au Forum de Cernobbio, en Italie, où il était venu quémander des sous et des armes et réclamer une fois de plus de pouvoir frapper en Russie en profondeur :

« Lorsque nous parlons de l’Italie ou de quelque autre pays qui a peur que nous frappions le Kremlin — dommage que nous ne puissions pas le faire. Parce que ces armes à longue portée que vous ou certains de vos partenaires possédez, soit environ 200 kilomètres, c’est moins que les distances dont Tajani a parlé. »

On notera que lorsque Zelensky dit regretter de ne pas pouvoir frapper le Kremlin, l’assistance éclate de rire. On ne sait pas si c’est parce que ces gens-là croient que c’est une plaisanterie – mais rien ne le laisse penser dans le ton de la voix ou l’expression, bien au contraire, ou si c’est parce ces tarés trouveraient très amusant que Zelensky fasse partir en fumée l’inestimable patrimoine architectural et religieux du Kremlin.

Tarés, en effet. Car en outre ils ne comprennent même pas que les Russes peuvent rayer Kiev de la carte en quelques secondes, comme ils le montrent pourtant assez chaque fois qu’ils frappent des installations dans l’ouest de l’Ukraine.

Dans sa surenchère de provocation, Zelensky a dit aussi que l’incursion ukrainienne dans la région de Koursk montrait que les « lignes rouges » des Russes ne sont que du bluff…

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A la Mostra de Venise a été présenté hors compétition un documentaire d’Anastasia Trofimova, réalisatrice russo-canadienne, intitulé « Des Russes à la guerre » : elle a passé plusieurs mois sur le front au sein d’un bataillon russe. Andryi Yermak, le chef du secrétariat de Zelensky, a déclaré que c’était « honteux » qu’un tel « film de propagande » soit projeté à Venise, alors que les « personnalités de la culture russe » n’ont pas le droit de « travailler dans le monde civilisé ». Sic. Pour la productrice ukrainienne Darya Bassel c’est un « exemple parfait de pure propagande russe », et pour la cinéaste ukrainienne Iryna Tsilyk c’est du « vomi » : on ne comprend pas comment la direction du festival a pu programmer quelque chose qui « sent aussi mauvais ».

Pour apprécier ces propos à leur juste valeur de délire, on citera seulement ce que répond Anastasia Trofimova :

« Cette co-production franco-canadienne est un documentaire anti-guerre. L’insinuation selon laquelle il s’agirait d’une propagande orchestrée par la Russie est absurde, sachant que je suis menacée de poursuite pénales en Russie. Je condamne sans ambiguïté l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe et reconnais la légitimité des enquêtes lancées par la Cour pénale internationale (CPI) sur les crimes commis en Ukraine. J’espère que mon film pourra être vu, apprécié ou contesté pour lui-même, et non sur la base de simples suppositions, et que le type de débat qu’il contribuera à nourrir pourra aider à la paix. »

Peut-être va-telle même finir par ouvrir les yeux…