L’Immaculée Conception

Apolytikion de la fête de la Conception d’Anne, le 9 décembre dans le calendrier byzantin, par le Chœur byzantin de la Fondation musicale de l’archidiocèse d’Athènes. Version du hiéromoine Théophane de Vatopédi (Athos).

Σήμερον τῆς ἀτεκνίας δεσμὰ διαλύονται· τοῦ Ἰωακεὶμ γὰρ καὶ τῆς Ἄννης εἰσακούων Θεός, παρ’ ἐλπίδα τεκεῖν αὐτοὺς σαφῶς, ὑπισχνεῖται θεόπαιδα, ἐξ ἧς αὐτός ἐτέχθη ὁ ἀπερίγραπτος, βροτὸς γεγονώς, δι’ Ἀγγέλου κελεύσας βοῆσαι αὐτῇ. Χαῖρε Κεχαριτωμένη, ὁ Κύριος μετὰ σοῦ.

En ce jour sont brisées les chaînes de la stérilité, car Dieu exauce la prière d’Anne et de Joachim : il leur promet clairement la naissance inespérée de la divine enfant qui doit à son tour enfanter l’Infini dans la chair des mortels, celui même qui ordonne à l’Ange de lui crier : Réjouis-toi, Pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.

2e dimanche de l’Avent

En ce temps-là, comme Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ, il envoya deux de ses disciples lui dire : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez entendu et vu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangélisés ; et heureux celui qui ne sera pas scandalisé à mon sujet ! » Comme ils s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau agité par le vent ? Qu’êtes-vous donc allés voir ? Un homme vêtu d’habits douillets ? Mais ceux qui portent des habits douillets sont dans les palais des rois. Qu’êtes-vous donc allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. Car c’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon ange au-devant de toi, pour préparer la voie devant toi. »

Une question, frères très chers, se pose à nous : Jean était un prophète, et même plus qu’un prophète, puisqu’il a fait connaître le Seigneur venant se faire baptiser dans le Jourdain, en déclarant : « Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29), et que considérant à la fois sa propre bassesse et la puissance de la divinité du Seigneur, il a dit : « Celui qui est terrestre a aussi un langage terrestre, mais celui qui vient du Ciel est au-dessus de tous » (Jn 3, 31) ; pourquoi donc, une fois emprisonné, envoie-t-il ses disciples demander : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » comme s’il ne connaissait pas celui qu’il avait montré, et comme s’il ne savait pas que le Christ était bien celui qu’il avait proclamé en le prophétisant, en le baptisant et en le montrant ?

Mais cette question trouve vite sa réponse si l’on examine le temps et l’ordre dans lesquels se sont déroulés les faits. Sur les rives du Jourdain, Jean a affirmé que Jésus était le Rédempteur du monde ; une fois emprisonné, il demande pourtant s’il est bien celui qui doit venir. Ce n’est pas qu’il doute que Jésus soit le Rédempteur du monde, mais il cherche à savoir si celui qui était venu en personne dans le monde va aussi descendre en personne dans les prisons infernales. Car celui que Jean a déjà annoncé au monde comme précurseur, il le précède encore aux enfers par sa mort. Il demande donc : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » C’est comme s’il disait clairement : « De même que tu as daigné naître pour les hommes, fais-nous savoir si tu daigneras aussi mourir pour eux, en sorte que précurseur de ta naissance, je le devienne aussi de ta mort, et que j’annonce aux enfers que tu vas venir, comme j’ai déjà annoncé au monde que tu étais venu. »

C’est pour cela que la réponse du Seigneur, à la question ainsi posée, traite de l’abaissement de sa mort aussitôt après avoir énuméré les miracles opérés par sa puissance, quand il dit : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangélisés ; et heureux celui qui ne sera pas scandalisé à mon sujet ! » A la vue de tant de signes et de si grands prodiges, nul n’avait sujet de se scandaliser, mais bien plutôt d’admirer. Il s’éleva cependant un grave scandale à son endroit dans l’esprit des infidèles lorsqu’ils le virent mourir, même après tant de miracles. D’où le mot de Paul : « Nous prêchons un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens » (1 Co 1, 23). Oui, les hommes regardèrent comme une folie que l’Auteur de la vie mourût pour eux ; et l’homme a trouvé moyen de se scandaliser à son sujet pour ce qui aurait dû exciter davantage sa reconnaissance. Car Dieu doit être honoré d’autant plus dignement par les hommes qu’il a été jusqu’à subir pour eux des traitements indignes.

Quel est donc le sens des paroles du Seigneur : « Heureux celui qui ne sera pas scandalisé à mon sujet ! » Ne veut-il pas désigner clairement l’abjection et l’abaissement de sa mort ? C’est comme s’il disait ouvertement : « Il est vrai que je fais des choses admirables, mais je ne refuse pas pour autant d’en souffrir d’ignominieuses ; puisque je vais te suivre [Jean-Baptiste] en mourant, que les hommes se gardent bien de mépriser en moi la mort, eux qui vénèrent en moi les miracles. »

Saint Grégoire le Grand, début de la 6e homélie sur les évangiles, prononcée le 10 décembre 590 en la basilique des saints Marcellin et Pierre.

Saint Nicolas

Les stichères des grandes vêpres, par les moines de Docheiariou (Athos).

Μύροις, παροικήσας αἰσθητῶς, μύρον ἀληθῶς ἀνεδείχθης, μύρῳ χρισθεὶς νοητῷ Ἅγιε Νικόλαε, Ἀρχιεράρχα Χριστοῦ, καὶ μυρίζεις τὰ πρόσωπα, τῶν πίστει καὶ πόθῳ, σοῦ τὴν παναοίδιμον, μνήμην τελούντων ἀεί, λύων συμφορῶν καὶ κινδύνων, τούτους καὶ τῶν θλίψεων Πάτερ, ἐν ταῖς πρὸς τὸν Κύριον πρεσβείαις σου.

Myre, était ta demeure, ô saint hiérarque du Christ Nicolas ; et maintenant, oint de la myre de l’Esprit, tu es devenu myre, embaumant les visages des fidèles qui, chaque année, célèbrent avec ferveur ta mémoire, Père. Par ton intercession, délivre-les du désastre, du danger et du malheur.

Νίκη, φερωνύμως ἀληθῶς, τοῦ πιστοῦ λαοῦ ἀνεδείχθης, ἐν πειρασμοῖς κραταιά, Ἅγιε Νικόλαε, θεράπων ὄντως Χριστοῦ· πανταχοῦ γὰρ καλούμενος, ὀξέως προφθάνεις, πόθῳ τοὺς προστρέχοντας, ὑπὸ τὴν σκέπην σου· σὺ γὰρ ἐν νυκτὶ καὶ ἡμέρᾳ, πίστει ὀπτανόμενος σῴζεις, ἐκ τῶν πειρασμῶν καὶ περιστασεων.

Tu es, conformément à ton nom, pour les fidèles dans la détresse, une puissante victoire (Niki), saint père Nicolas, fidèle serviteur du Christ. Tu es présent lorsque t’invoquent ceux qui, avec ferveur, se tournent vers ta protection, à tout moment et en tout lieu. Tu es visible la nuit et le jour pour ceux qui ont la foi, et tu les sauves des épreuves et des adversités qui les assaillent.

Ὤφθης, Κωνσταντίνῳ Βασιλεῖ, σὺν τῷ Ἀβλαβίῳ κατ’ ὄναρ, καὶ τούτους φόβῳ βαλών, οὕτως αὐτοῖς εἴρηκας. Λύσατε δὴ ἐν σπουδῇ, τῆς εἱρκτῆς οὓς κατέχετε, δεσμίους ἀδίκως, ἀθώους τυγχάνοντας, τῆς παρανόμου σφαγῆς· ὅμως ἀλλ’ ἐὰν παρακούσῃς, ἔντευξιν ποιήσομαι Ἄναξ, κατὰ σοῦ πρὸς Κύριον δεόμενος.

Tu es apparu à Constantin le Grand et à son magistrat Ablabius dans un songe terrifiant. Tu leur as ordonné avec fermeté : « Libérez immédiatement les prisonniers que vous détenez injustement, car ils sont innocents de l’inique massacre. Mais si vous refusez de m’obéir, je prierai intensément contre vous lorsque je supplierai le Seigneur, ô Empereur. »

Μέγας, ἀντιλήπτωρ καὶ θερμός, τοῖς ἐν τοῖς κινδύνοις τελοῦσιν, ὑπάρχεις ἔνδοξε, Ἅγιε Νικόλαε, Ἱεροκήρυξ Χριστοῦ, τοῖς ἐν γῇ καὶ τοῖς πλέουσι, τοῖς πόρρω καὶ πέλας, οἷα συμπαθέστατος, καὶ πρεσβευτὴς κραταιός· ὅθεν συνελθόντες βοῶμεν· Πρέσβευε πρὸς Κύριον ὅπως, πάσης λυτρωθῶμεν περιστάσεως.

Grand et ardent protecteur de tous ceux qui font face à un grave danger, tu es toi, ô Nicolas, glorieux et saint hiérarque et prédicateur du Christ. Tu es connu comme le saint patron des marins, et tu nous protèges aussi lorsque nous voyageons près ou loin, par terre et par air. Nous sommes maintenant rassemblés et nous crions : Prie le Seigneur afin que nous soyons délivrés de tout désastre et de tout accident.

La dictature LGBT en Suisse

Le 2 décembre, un suisse du nom d’Emanuel Brünisholz, a été incarcéré pour une durée de dix jours. Pour ce commentaire sur Facebook :

« Si vous déterrez des personnes LGBTQI dans 200 ans, vous ne trouverez que des squelettes d’hommes et de femmes ; tout le reste est une maladie mentale encouragée par le programme scolaire. »

Les lobbies LGBT ont porté plainte. Emanuel Brünisholz a été condamné pour propos « attentatoire à la dignité des personnes LGBTQI » à 500 francs suisses d’amende, 800 francs de frais de justice, et à une peine avec sursis de 2.500 francs. Refusant de payer pour avoir dit une « vérité scientifique », il a assumé son choix d’aller en prison.

Non seulement c’est une vérité, mais c’est une donnée de base de la médecine légale…

L’Europe vue de Washington

« La stratégie de sécurité nationale est un document préparé périodiquement par la branche exécutive des États-Unis qui énumère les problèmes de sécurité nationale et la manière dont l’administration prévoit d’y faire face » (Wikipedia). Donald Trump vient de publier son édition 2025. Il n’y en avait pas eu depuis 2022. Naturellement, l’étude s’étend au monde entier vu par le gouvernement américain et en rapport avec les Etats-Unis. Voici une traduction du chapitre sur l’Europe. Ça décoiffe dès le début…

Les responsables américains ont pris l’habitude d’envisager les problèmes européens sous l’angle de l’insuffisance des dépenses militaires et de la stagnation économique. Cela est vrai, mais les véritables problèmes de l’Europe sont encore plus profonds.

L’Europe continentale a perdu des parts du PIB mondial, passant de 25% en 1990 à 14% aujourd’hui, en partie à cause des réglementations nationales et transnationales qui sapent la créativité et l’esprit d’initiative.

Mais ce déclin économique est éclipsé par la perspective réelle et plus sombre d’un effacement civilisationnel. Parmi les problèmes les plus importants auxquels l’Europe est confrontée, citons les activités de l’Union européenne et d’autres organismes transnationaux qui sapent la liberté politique et la souveraineté, les politiques migratoires qui transforment le continent et créent des conflits, la censure de la liberté d’expression et la répression de l’opposition politique, l’effondrement des taux de natalité et la perte des identités nationales et de la confiance en soi.

Si les tendances actuelles se poursuivent, le continent sera méconnaissable d’ici 20 ans ou moins. Dans ces conditions, il est loin d’être évident que certains pays européens disposeront d’une économie et d’une armée suffisamment solides pour rester des alliés fiables. Bon nombre de ces nations redoublent actuellement d’efforts dans la voie qu’elles ont empruntée. Nous voulons que l’Europe reste européenne, qu’elle retrouve sa confiance en sa civilisation et qu’elle abandonne sa stratégie infructueuse de suffocation réglementaire.

Ce manque de confiance en soi est particulièrement évident dans les relations entre l’Europe et la Russie. Les alliés européens jouissent d’un avantage significatif en matière de puissance militaire sur la Russie dans presque tous les domaines, à l’exception des armes nucléaires. À la suite de la guerre menée par la Russie en Ukraine, les relations entre l’Europe et la Russie sont désormais profondément affaiblies, et de nombreux Européens considèrent la Russie comme une menace existentielle. La gestion des relations entre l’Europe et la Russie nécessitera un engagement diplomatique important de la part des États-Unis, à la fois pour rétablir les conditions d’une stabilité stratégique sur le continent eurasien et pour atténuer le risque de conflit entre la Russie et les États européens.

Il est dans l’intérêt fondamental des États-Unis de négocier une cessation rapide des hostilités en Ukraine, afin de stabiliser les économies européennes, d’empêcher une escalade ou une extension involontaire de la guerre, de rétablir la stabilité stratégique avec la Russie et de permettre la reconstruction de l’Ukraine après les hostilités afin qu’elle puisse survivre en tant qu’État viable.

La guerre en Ukraine a eu pour effet pervers d’accroître la dépendance extérieure de l’Europe, en particulier de l’Allemagne. Aujourd’hui, les entreprises chimiques allemandes construisent certaines des plus grandes usines de transformation au monde en Chine, en utilisant du gaz russe qu’elles ne peuvent pas obtenir chez elles. L’administration Trump se trouve en désaccord avec les responsables européens qui ont des attentes irréalistes concernant la guerre, juchés dans des gouvernements minoritaires instables, dont beaucoup bafouent les principes fondamentaux de la démocratie pour réprimer l’opposition. Une large majorité des Européens souhaite la paix, mais ce désir ne se traduit pas en politique, en grande partie à cause de la subversion des processus démocratiques par ces gouvernements. Cela revêt une importance stratégique pour les États-Unis, précisément parce que les États européens ne peuvent se réformer s’ils sont enlisés dans une crise politique.

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