C’est Le Monde qui vous le dit…

Le Monde participe tellement du fantasme ambiant qu’il le théorise dans son éditorial de ce jour.

Quel est le péril pour l’Europe ? C’est que le plan américain est une « capitulation » de l’Ukraine, et que ce « serait aussi celle de l’Europe, tant ses intérêts de sécurité sont désormais liés à ceux de l’Ukraine face à la Russie de Vladimir Poutine ».

Mais la sécurité de « l’Europe » n’est en aucune manière liée à celle de l’Ukraine. D’autant que ses ennemis sont à l’intérieur, et non dans les délires des services extérieurs.

Le péril pour l’Europe est ailleurs : c’est qu’en cas de paix imposée à l’Ukraine par les Etats-Unis et la Russie dans le dos de l’Union européenne, ces deux puissances pourront reprendre des relations normales, et que l’Union européenne sera marginalisée. Or elle l’aura bien cherché. Et avec assiduité. Et plus elle « refusera la perspective d’une solution imposée à l’Ukraine », plus elle sera ensuite tenue à l’écart, soumise à l’inévitable mépris de ceux qui décident.

Le terrorisme catholique en prison

Sur BFMTV, la « journaliste » Amélie Rosique explique que ce qui la terrorise c’est la montée de l’intégrisme catholique dans les prisons…

Regardez son expression, non pas de terreur (évidemment), mais de haine.

Face aux réactions, BFM a présenté ses « excuses ». Mais en fait pour minimiser l’ignoble calomnie et surtout accuser ceux qui ont osé réagir de « dénigrement et de cyberharcèlement ».

Les excuses de la nouvelle oie caquetante de BFM sont moins hypocrites. Mais dans les deux cas, le responsable est un « raccourci hâtif » qu’on cherche en vain dans le propos. Car le rapport de Nicolas Lebourg ne dit pas un mot d’un mirobolant radicalisme catholique dans les prisons…

Ce pape

Léon XIV s’est rendu jeudi matin 20 novembre à Assise, où étaient réunis les évêques italiens pour leur 81e Assemblée générale. Après avoir souligné qu’« une Eglise synodale (…) doit se renouveler sans cesse » et que par conséquent les évêques de 75 ans doivent « apprendre à dire au revoir », il a dit qu’il voulait une Eglise « qui intervient prophétiquement dans le débat public pour diffuser une culture de la légalité et de la solidarité » : una cultura della legalità e della solidarietà.

Si les mots ont un sens (ou quand les mots avaient un sens), cela veut dire que c’est une attitude « prophétique » de respecter les lois et de contribuer à les faire respecter.

Jusqu’ici on croyait que c’était simplement vivre en bon citoyen…

Mais surtout, c’est tirer un trait sur les martyrs, abolir le martyrologe. Ce qui était « prophétique », chez les martyrs, est que précisément ils rejetaient la loi, et y laissaient la vie. Il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et ils n’obéissaient pas aux lois obligeant sous peine de mort à sacrifier aux idoles.

Et aujourd’hui, la « culture de la légalité », c’est respecter les lois de la culture de mort, le droit à l’avortement, le droit à l’euthanasie, le droit au « mariage » entre personnes de même sexe ?

Une attitude prophétique, pour le pape, c’est cultiver le droit maçonnique ?

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« Mgr Michael Martin, qui a cruellement relégué la communauté de Charlotte pratiquant la messe en latin dans une église délibérément trop petite, a rencontré hier le pape Léon XIV et l’a remercié pour son “message clair” en faveur des migrants en détresse. Il se moque éperdument de l’expulsion massive des fidèles traditionnels ! »

(Plus précisément, Mgr Martin a supprimé les quatre messes traditionnelles de son diocèse et n’a autorisé qu’une messe dans une petite chapelle au milieu de nulle part, demandant aux fidèles de ne pas y aller tous les dimanches…)

La présentation de la bienheureuse Vierge Marie

Michel Damaskinos (école crétoise, XVIe siècle).

L’intitulé grec de cette fête, l’une des 12 grandes fêtes de l’année byzantine, est « Entrée au Temple de Notre Dame la Très sainte Mère de Dieu ». Elle a été introduite dans l’Eglise latine via Chypre et Avignon, avant d’être supprimée par saint Pie V puis rétablie par Sixte Quint qui ne garda quasiment rien de l’office et de la messe promulgués par Grégoire XI.

Voici le premier stichère des vêpres, par Thrasyvoulos Stanitsas, « archonte protopsalte de la Grande Eglise du Christ » de 1960 à 1964.

Σήμερον πιστοὶ χορεύσωμεν, ἐν ψαλμοῖς καὶ ὕμνοις, τῷ Κυρίῳ ᾄδοντες, τιμῶντες καὶ τὴν αὐτοῦ, ἡγιασμένην σκηνήν, τὴν ἔμψυχον κιβωτόν, τὴν τὸν ἀχώρητον Λόγον χωρήσασαν· προσφέρεται γὰρ Θεῷ, ὑπερφυῶς τῇ σαρκὶ νηπιάζουσα, καὶ Ἀρχιερεὺς ὁ μέγας, Ζαχαρίας δέχεται, εὐφραινόμενος ταύτην, ὡς Θεοῦ κατοικητήριον.

Fidèles, en ce jour chantons en chœur des psaumes et des hymnes au Seigneur, vénérant son tabernacle sanctifié, l’arche spirituelle renfermant le Verbe que nul espace ne contient ; car elle est présentée à Dieu merveilleusement sous la forme d’une enfant, et le grand prêtre Zacharie la reçoit dans l’allégresse comme l’habitacle de Dieu.

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Les deux autres stichères de ton 1 :

Σήμερον ναὸς ὁ ἔμψυχος, τῆς ἁγίας δόξης, Χριστοῦ τοῦ Θεοῦ ἡμῶν, ἡ μόνη ἐν γυναιξίν, εὐλογημένη Ἁγνή, προσφέρεται τῷ Ναῷ, τῷ νομικῷ κατοικεῖν εἰς τὰ Ἅγια, καὶ χαίρουσι σὺν αὐτῇ, Ἰωακεὶμ καὶ ἡ Ἄννα τῷ πνεύματι, καὶ παρθενικαὶ χορεῖαι, τῷ Κυρίω ᾄδουσι ψαλμικῶς μελῳδοῦσαι, καὶ τιμῶσαι τὴν Μητέρα αὐτοῦ.

En ce jour le temple spirituel de la sainte gloire du Christ notre Dieu, la seule vierge bénie entre toutes les femmes, est présentée au Temple de la Loi pour habiter le Saint des saints ; avec elle Joachim et Anne se réjouissent en esprit, et les vierges en chœur aux accents des psaumes chantent au Seigneur en l’honneur de la Mère de Dieu.

Σὺ τῶν Προφητῶν τὸ κήρυγμα, Ἀποστόλων δόξα, καὶ Μαρτύρων καύχημα, καὶ πάντων τῶν γηγενῶν ἡ ἀνακαίνισις, Παρθένε Μήτηρ Θεοῦ· διὰ γὰρ σοῦ τῷ Θεῷ κατηλλάγημεν. Διὸ τιμῶμεν τὴν σήν, ἐν τῷ ναῷ τοῦ Κυρίου προέλευσιν, καὶ σὺν τῷ Ἀγγέλῳ πάντες, ψαλμικῶς τὸ Χαῖρέ σοι, τῇ πανσέμνῳ βοῶμεν, τῇ πρεσβείᾳ σου σῳζόμενοι.

L’oracle des Prophètes, c’est toi, la gloire des Apôtres, la fierté des Martyrs, le renouveau de tout mortel, ô Vierge Mère de Dieu ; par toi nous sommes réconciliés avec Dieu ; aussi nous vénérons ton Entrée au temple du Seigneur, et dans nos hymnes nous tous qui sommes sauvés par ton intercession, nous t’adressons, Vierge sainte, l’angélique salutation.

Le gauleiter reçoit son casque

Staša Košarac, ministre bosnien du Commerce extérieur, a envoyé à Christian Schmidt, le « Haut représentant international » doté de pouvoirs dictatoriaux en Bosnie-Herzégovine, un casque nazi, avec une lettre explicative, et surtout une demande expresse de quitter le pays.

L’ambassade d’Allemagne en Bosnie se dit « profondément choquée ». « Les comparaisons, les formulations et les démarches contenues dans cette lettre sont inacceptables et contraires à la dignité du dialogue politique ». Réaffirmant son soutien à Schmidt et à « son travail au service d’une Bosnie-Herzégovine pacifique, stable et démocratique », l’ambassade ajoute que l’envoi d’un casque nazi est « une manifestation d’irrespect et de provocation, dépourvue de toute éthique diplomatique, et indigne d’un titulaire d’une fonction publique dans un pays européen censé se trouver sur la voie de l’adhésion à l’Union européenne ». Hum…

L’ambassade britannique a cru bon d’y aller aussi de son couplet, dénonçant des « insultes et une haine terrible et infondée ».

Réaction de Košarac : « Sans vouloir polémiquer, je dirai simplement une chose : il est honteux et scandaleux que vous souteniez un administrateur colonial qui usurpe de manière anticonstitutionnelle et illégale les institutions nationales et sape l’État de droit. »

Schmidt, qui a tous les pouvoirs en Bosnie-Herzégonvine, s’est donné le ridicule de limoger le président élu de la République serbe de Bosnie, Mirolad Dodik. Sans pouvoir mettre son diktat à exécution, puisqu’il ne peut pas trouver de forces de police susceptibles d’arrêter Dodik. Mais l’AFP, docilement, parle de « l’ancien président de Republika Srpska », ce qu’elle ne dirait évidemment pas de Zelensky…

Sur l’affaire Dodik, voir ici.

La lettre intégrale de Staša Košarac, savoureuse :

Lettre à l’occupant

À vous, incarnation du mal politique et de la malveillance envers ma patrie, la Republika Srpska, et mon fier peuple serbe,

Vous quitterez bientôt ce pays où vous êtes arrivé comme immigré illégal, sans permis de travail, avec l’intention d’occuper, d’asservir et de subjuguer.

Par vos manipulations anticonstitutionnelles et contraires aux accords de Dayton, vous avez usurpé les institutions nationales, anéanti la démocratie et orchestré la persécution judiciaire et politique du président légalement et légitimement élu de la Republika Srpska, Milorad Dodik, dans le but d’affaiblir la Republika Srpska et de nier la liberté de choix du peuple serbe de Bosnie-Herzégovine.

Il est inutile de s’étendre sur le mal que vous causez à ce pays et à tous ses habitants. Inutile de s’encombrer de mots.

Vous direz sans doute, comme vos semblables lors des procès de Nuremberg, que vous « faisiez simplement votre devoir ». Je dirais : « Puisse cela faire honneur à votre réputation », mais vous ne comprendriez pas, car vous en êtes privé. En partant, prenez ce casque que je vous remets.

Ne vous y trompez pas, ce n’est pas un cadeau de ma part. Nous offrons des cadeaux à nos hôtes de marque. Vous n’en êtes pas un.

Ce casque est l’héritage de vos ancêtres nazis, qui ont massacré mon peuple durant la période la plus sombre de l’histoire de l’humanité.

Peut-être compléterez-vous la collection de votre famille, voire votre collection personnelle, avec ce casque, puisque vous êtes connu pour votre respect des traditions de l’armée nazie et des pilotes d’Hitler.

Si, en Bavière, en Westphalie, en Rhénanie ou dans toute autre province allemande, vous trouvez le moindre morceau d’uniforme de soldat serbe – et vous n’en trouverez pas, puisqu’il n’y en a pas, n’hésitez pas à nous le rapporter.

Il est temps de quitter ce pays où vous n’auriez jamais dû mettre les pieds.

Sans vous, ce pays a une chance. Sans vous, le peuple de ce pays devrait décider de son propre destin. Vous et tout ce que vous représentez peut se résumer en un mot : échec.

Avec mon profond mépris,

Staša Košarac.