Le rire de Zelensky en son palais

Zelensky a mis en scène deux coupures d’électricité pendant une interview d’un journaliste du Guardian au palais Mariinsky. Et quand la lumière est pleinement revenue il a dit en riant qu’il y avait trop de lumière dans le palais et qu’il fallait économiser l’électricité…. Ce rire a dû beaucoup amuser les Ukrainiens qui n’ont plus de courant…

Le palais Mariinsky étant la résidence d’apparat du président ukrainien, il est plus que vraisemblable qu’il dispose de générateurs : du reste l’image et le son continuaient de fonctionner normalement… Et le rire de Zelensky est celui d’un clown qui a fait une bonne farce.

Mais, à propos, il y a ici une énorme faille dans la « dérussification ». Le nom de Mariinsky a été donné au palais par le tsar Alexandre II, en hommage à sa femme Marie (exactement comme le théâtre du même nom à Saint-Pétersbourg). Alexandre II avait reconstruit le palais détruit par des incendies. Mais l’édifice avait d’abord été construit par l’impératrice Elisabeth qui voulait en faire sa résidence. Elle mourut avant, et c’est Catherine II qui fut la première à y résider. Ce n’est pas très « ukrainien » tout ça…

Quand les pacifistes changent leur fusil d’épaule

Le « Conseil de l’Église évangélique en Allemagne » publie un nouveau mémorandum sur la paix intitulé : « Un monde en désordre – Une paix juste en perspective ». Sous-titre : « L’éthique protestante de la paix face à de nouveaux défis ».

Le dernier mémorandum sur le sujet était celui de 2007. Il reprenait le dogme pacifiste du protestantisme allemand selon lequel si l’action militaire peut être justifiée dans certaines circonstances extrêmes elle demeure toujours immorale.

Mais la guerre en Ukraine et le fantasme de la menace de Poutine ont eu raison du moralisme « évangélique » : « En tant qu’éthique politique universelle, le pacifisme fondé sur le renoncement catégorique à la violence ne peut être légitimé sur le plan éthique. »

De ce fait, « la violence pour préserver le droit » est autorisée en dernier recours, et le synode protestant de 2019 a eu tort d’occulter « la nécessité d’une éthique de la force préservant le droit ».

Le mémorandum associe désormais la « primauté de la capacité à maintenir la paix » à la « nécessité de la capacité de défense » et considère la « capacité à faire la guerre » comme une disposition explicative de la « capacité de défense ».

En clair, on peut donner des armes à l’Ukraine et il faut s’armer contre Poutine. Parce que ça craint, ils l’ont dit à la télé.

Leur désinformation

Au moment où l’on cherche à museler les sources d’information alternatives, où l’on interdit les sources d’information de « l’ennemi », où l’on nous martèle qu’il faut faire confiance aux informations officielles, la mésaventure de la BBC fait désordre…

Le directeur général de la BBC, Tim Davie, et la directrice de l’information, Deborah Turness, démissionnent, parce que leurs équipes ont été prises en flagrant délit de bidouillage. Les fake news, c’est habituel à la BBC comme dans les autres officines de propagande officielle. Mais là, comme c’était aux dépens de Donald Trump, ça ne passe pas.

Dans un magazine diffusé une semaine avant l’élection présidentielle américaine, la BBC avait fait dire à Trump, dans une vidéo, qu’il va marcher vers le Capitole avec ses partisans pour se « battre comme des diables ». Mais il s’agit d’un montage de deux vidéos distinctes.

Le président de la BBC, Samir Shah (né en Inde) a dû aller s’expliquer devant la commission ad hoc du Parlement. D’autre part le ministre de la Culture a reconnu : « Il ne s’agit pas seulement de l’émission Panorama, même si c’est extrêmement grave, mais d’une série d’allégations très graves, dont la plus grave est qu’il existe un parti pris systémique dans la manière dont des sujets difficiles sont traités par la BBC. »

C’est la même chose pour France Télévision. Mais cela n’aura aucune conséquence pour la suite de la désinformation des deux côtés de la Manche…

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La propagande ukrainienne a répandu dans le monde entier une vidéo où l’on voit un sapeur-minier russe, Evgueny Telepnev, confier que ses hommes posent des mines partout, même dans des livres ou des jouets d’enfants.

Horreur.

Sauf que dans la vidéo complète on voit que c’est exactement le contraire :

— Bien sûr ils mettent des mines dans tout et n’importe quoi. Nous n’avons jamais posé de mines dans des livres ou des jouets.

— Et eux ils l’ont fait ?

— Oui, ils ont posé des mines dans des livres, ils ont posé des mines dans des jouets. Les gars disent qu’ils en ont trouvé dans la région de Kherson, quand ils se sont retirés de l’autre côté du fleuve. C’était juste quand je suis arrivé.

Saint André Avellin

André Avellin, auparavant nommé Lancelot, naquit dans un bourg de Lucanie appelé Castronuovo, et donna dès son enfance des marques non équivoques de sa future sainteté. Arrivé à l’adolescence, il-dut s’éloigner de la maison paternelle pour étudier les lettres ; mais il traversa cette phase dangereuse de la vie en s’appliquant, au milieu de ses études, à ne perdre jamais de vue « la crainte de Dieu qui est le commencement de la sagesse. » Joignant à une rare beauté un amour de la chasteté qui lui fit éviter les embûches de femmes impudiques, il les repoussa même quelquefois par la force ouverte. Enrôlé dans la milice cléricale, il se rendit à Naples pour étudier le droit, et y obtint le titre de docteur ; mais ayant été élevé à la dignité sacerdotale, il plaida seulement au for ecclésiastique et pour quelques particuliers, suivant les règles des saints canons. Mais un léger mensonge lui ayant un jour échappé dans sa plaidoirie, ouvrant ensuite comme par hasard la sainte Écriture, il y tomba sur ce passage : « La bouche menteuse tue l’âme », et fut saisi d’une telle douleur de sa faute, d’un tel repentir, qu’il résolut aussitôt de quitter son genre de vie. Abandonnant donc le barreau, il se consacra entièrement au culte divin et au saint ministère. Ses éminents exemples de toutes les vertus ecclésiastiques portèrent l’Archevêque de Naples à lui confier la direction d’une maison de religieuses. Ayant éprouvé dans cet emploi la haine d’hommes pervers, il put échapper à un premier attentat contre sa vie ; mais, peu après, un assassin lui fit trois blessures au visage, sans que cette cruelle injure troublât son égalité d’âme. Le vif désir de mener une vie plus parfaite lui fit solliciter avec instance d’être admis parmi les Clercs réguliers, et, son vœu ayant été exaucé, il obtint, à cause du grand amour de la croix qui l’embrasait, qu’on lui imposât le nom d’André.

Entré avec une joyeuse ardeur dans la carrière d’une vie plus austère, il s’appliqua surtout à des exercices de vertu, auxquels il s’astreignit même par des vœux très difficiles à garder, à savoir : l’un, de combattre constamment sa propre volonté, l’autre, d’avancer toujours plus avant dans le chemin de la perfection chrétienne. Fidèle observateur de la discipline religieuse, André eut très grand soin de la faire observer par les autres, quand il fut à leur tête. Tout le temps que lui laissaient la charge de son institut et l’accomplissement de sa règle, il le donnait à l’oraison et au salut des âmes. Dans l’audition des confessions, son admirable piété et sa prudence parurent avec éclat. Il parcourait fréquemment les villes et les villages des environs de Naples en ministre de l’Évangile, au grand profit des âmes. Le Seigneur se plut à illustrer, même par des prodiges, cette ardente charité du saint homme envers le prochain. Comme il revenait chez lui pendant une nuit d’orage, après avoir entendu la confession d’un malade, la pluie et la violence du vent éteignirent le flambeau qui éclairait sa marche ; or, non seulement ses compagnons et lui ne furent aucunement mouillés, malgré cette pluie torrentielle, mais son corps projeta miraculeusement une clarté extraordinaire, qui servit à guider ses compagnons au milieu des ténèbres les plus épaisses. André pratiqua l’abstinence, la patience, le mépris et la haine de soi avec le plus grand soin et excella dans l’exercice de ces vertus. Il supporta, sans qu’aucun trouble agitât son âme, le meurtre dont le fils de son frère fut victime, réprimant chez les siens tout désir de vengeance, allant même jusqu’à implorer pour les meurtriers la clémence et l’assistance des juges.

Il propagea dans beaucoup d’endroits l’Ordre des Clercs réguliers et leur fonda des maisons à Plaisance et à Milan. Deux Cardinaux, saint Charles Borromée et Paul d’Arezzo, Clerc régulier, qui l’avaient en très grande affection, recoururent à ses services dans les soins de la charge pastorale. André aimait et honorait singulièrement la Vierge, Mère de Dieu ; il mérita de jouir de la conversation des Anges, et attesta les avoir entendus chanter au ciel, pendant que lui-même célébrait les louanges divines. Enfin, après avoir donné d’héroïques exemples de vertus ; après s’être rendu célèbre par le don de prophétie, qui lui faisait voir clairement des faits éloignés ou futurs, comme par celui de pénétration des cœurs, déjà chargé d’années et épuisé par les fatigues, il fut frappé d’apoplexie, au moment où, après avoir répété pour la troisième fois le verset : « Je m’approcherai de l’autel de Dieu », il allait monter à l’autel pour célébrer. Ayant été aussitôt muni des sacrements, André expira de la manière la plus douce, au milieu des siens. Son corps est vénéré jusqu’en ces temps-ci, dans l’église de Saint-Paul, à Naples, par un aussi grand concours de peuple qu’au moment où on l’inhuma. En raison des miracles éclatants opérés par lui durant sa vie et après sa mort, le souverain Pontife Clément XI l’inscrivit au catalogue des Saints avec les solennités accoutumées.

(Bréviaire.)

Dédicace de la basilique du Latran

Le vrai nom de la fête est « Dédicace de l’archibasilique du Très Saint Sauveur ». Elle prime le dimanche.

Bienheureux cardinal Schuster :

Cette fête, devenue si importante, apparaît dans l’usage liturgique du Latran vers le XIIe siècle, époque où les divers Ordines Romani notent qu’en cette circonstance l’église était ornée de guirlandes, et qu’en ce jour, si le Pontife était à Rome, il célébrait lui-même la messe et les vêpres de la solennité.

Quand et comment apparut cet anniversaire de la dédicace du Latran, ignorée d’abord de la tradition liturgique classique de Rome, nous l’ignorons encore. Si toutefois nous remarquons qu’elle se présente dix jours avant celle des basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul, nous serons tentés d’admettre qu’elle a été instituée en corrélation avec la solennité inaugurale des deux principaux sanctuaires apostoliques, afin de célébrer à quelques jours d’intervalle la dédicace des trois plus grandes basiliques constantiniennes de Rome.

Le martyrologe hiéronymien mentionne la dédicace des basiliques romaines restaurées ou construites par Sixte III comme Sainte-Marie-Majeure (5 août), Saint-Pierre ad vincula (1er août), les saints Sixte, Hippolyte et Laurent (2 novembre) tandis qu’il omet toute mention des dédicaces accomplies par le pape saint Sylvestre sur la voie Cornelia, sur la voie d’Ostie et in Lateranis.

Comment arriva-t-on, à Rome, à fixer au 9 novembre l’anniversaire de la dédicace de la basilique du Sauveur ? Les documents nous manquent, et nous ne pouvons faire que des hypothèses.

Il fut un temps où la tradition liturgique à Rome voulait qu’on célébrât aujourd’hui simultanément la dédicace des diverses églises dédiées au Sauveur. Peut-être, au début, le 9 novembre était-il simplement l’anniversaire de la dédicace de Saint-Sauveur in Thermis, dont Constantin aurait été également le premier fondateur ? Avec le temps, la dedicatio Sancti Salvatoris aurait été étendue à toutes les églises dédiées au Sauveur à Rome, à commencer par la basilique du Latran.

Il y a plus ; en ce même jour, les Orientaux fêtent la commémoration d’une image miraculeuse du Sauveur, profanée par les Juifs à Beyrouth, et de laquelle aurait jailli du sang. Il est possible que cette fête orientale du Sauveur, devenue populaire même chez les Latins et inscrite dès lors dans les martyrologes, ait été le point de départ de la solennité romaine de la basilique du Sauveur au Latran.

Mais même sans avoir la prétention de faire remonter la dédicace que nous célébrons aujourd’hui jusqu’au temps du pape Silvestre, pourquoi ne pas la mettre plutôt en relation avec celle qu’accomplit certainement au Latran Serge III (904-911) alors que, la vénérable basilique constantinienne s’étant écroulée en 897, il la releva entièrement ?

Comme on le voit, il faut actuellement laisser tous ces problèmes encore sans solution, et nous devons nous contenter, pour le moment, de savoir que la dedicatio Sancti Salvatoris a à son actif une antiquité d’au moins huit siècles, antiquité suffisamment vénérable par conséquent.

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Il est possible en effet, voire même probable, que le 9 novembre ait été choisi à cause de la commémoration en ce jour de « l’image du Sauveur laquelle ayant été crucifiée par les Juifs, répandit du sang en telle abondance que les églises d’Orient et d’Occident purent en recevoir à leur gré », comme dit le martyrologe. Mais je n’ai trouvé aucune mention de cette fête en ce jour ni en aucun autre dans les calendriers byzantins généraux. Il semble qu’elle existe dans le calendrier maronite au 10 avril. La fête de « l’image du Sauveur » était devenue en de nombreux pays latins la « fête du Sauveur », il était facile de lui substituer une fête de la « dédicace du Saint Sauveur ».