De la férie

La première notice du martyrologe évoque sainte Marie Salomé, la mère des apôtres saint Jean et saint Jacques, et l’une des myrophores. Je l’ai évoquée l’an dernier.

L’avant-dernière notice dit :

In Túscia sancti Donáti Scoti, Epíscopi Fæsuláni.

En Toscane, saint Donat, « Ecossais », évêque de Fiésole.

En réalité, à l’époque, Scot veut dire irlandais. Donat est un nom latin (donatus, donné), mais son vrai nom est Donagh. Jeune lettré élevé au monastère d’Inis Cealtra, ordonné prêtre, vers 816 il se rendit en pèlerinage à Rome. S’en retournant il passa par Fiesole, où le peuple voulut aussitôt qu’il devienne l’évêque de la ville. Il le fut pendant 47 ans et eut une grande influence en Toscane. Il répandit la dévotion à sainte Brigitte de Kildare en écrivant sa vie, en vers : Vita metrica sancta Brigida. Le texte est parsemé de petits poèmes dont le plus connu est celui où il décrit la beauté de l’Irlande et la piété des Irlandais. Plus tard on inventera une sainte Brigitte de Fiésole, venue avec Donat et un certain André, qui éclipsera dans la région sainte Brigitte de Kildare…

Les ruines d’Inis Cealtra et son église Sainte-Brigitte.

Poutine dans l’UE…

La rencontre annoncée de Poutine et Trump à Budapest fait hurler évidemment les eurocrates et tous les russophobes compulsifs européens. Parce que ce sera une nouvelle preuve que leurs sanctions ne fonctionnent pas, et parce que ce sera une énorme claque pour eux si Poutine et Trump se rencontrent dans une capitale de l’UE pour parler de l’Ukraine sans aucun représentant de l’UE…

On parle de cette rencontre tant à Washington qu’à Moscou sans même évoquer un seul instant le fait que théoriquement Poutine ne peut pas venir en avion dans un pays de l’UE : l’espace aérien de l’UE est fermé à tous les aéronefs russes depuis 2022.

Le ministre polonais Sikorski a déclaré que dans le cas où Poutine survolerait la Pologne, si un tribunal le demandait, les autorités polonaises devraient obliger l’avion à atterrir pour arrêter Poutine et le transférer à La Haye.

« Je ne peux même pas imaginer qu’il traverse notre espace aérien, dit le ministre lituanien. Il n’y a pas de place en Europe pour les criminels de guerre. Le seul endroit où Poutine a sa place en Europe, c’est à La Haye, devant le Tribunal. »

Mais on sait désormais par où va passer Poutine. En marge d’une réunion des ministres des Affaires étrangères à Luxembourg, hier, le ministre bulgare Georg Georgiev a déclaré que son pays laisserait passer l’avion russe : « Lorsque des efforts sont faits pour parvenir à la paix, si la condition pour y parvenir est d’organiser une telle rencontre, il est tout à fait logique que cette rencontre fasse l’objet d’une médiation par tous les moyens possibles. »

De fait entre la mer Noire et Budapest il y a que la Bulgarie et la Serbie, et les liaisons aériennes de Belgrade avec la Russie continuent comme avant (et plus qu’avant puisque l’aéroport de Belgrade est le seul en Europe occidentale à assurer la liaison).

« Ta mère ! » (suite)

C’est un journaleux du HuffPost qui avait demandé à Caroline Leavitt qui avait choisi Budapest comme prochain lieu de rencontre entre Poutine et Trump, auquel elle avait répondu : « Ta mère ! »

Le même HuffPost a demandé ce matin au Pentagone pourquoi Pete Hegseth portait une cravate aux couleurs du drapeau russe lors de la rencontre entre Zelensky et Trump à la Maison Blanche l’autre jour.

Réponse du porte-parole du Pentagone Sean Parnell :

« C’est ta mère qui la lui a achetée ! C’est une cravate patriotique américaine, imbécile ! »

(Cette cravate a fait couler beaucoup d’encre et de salive. La première réaction, un peu partout, est qu’elle était clairement aux couleurs du drapeau russe. Mais de nombreux observateurs ont fait remarquer que ce sont aussi les couleurs du drapeau américain, et qu’il existe de fait de telles « cravates patriotiques » américaines. D’autre part Hegseth est connu pour avoir affirmé qu’il portait toujours trois choses aux couleurs patriotiques. Il reste cependant que l’alternance des couleurs est bien celle du drapeau russe, et qu’on la trouve aussi aux Etats-Unis comme « cravate au drapeau russe ».)

« Imprégné de la tradition catholique »

L’université de Georgetown à Washington se vante d’être « la plus ancienne institution catholique et jésuite d’enseignement supérieur aux Etats-Unis ».

Elle vient de nommer président Eduardo Peñalver, actuellement président de l’université de Seattle, également jésuite :

« Le président Peñalver est un leader exceptionnel imprégné de la tradition catholique et jésuite qui apporte une riche expérience dans l’enseignement supérieur, une vision mondiale, un engagement en faveur de la justice sociale et de l’excellence académique, ainsi qu’une vision audacieuse pour l’avenir de Georgetown. Nous sommes impatients de l’accueillir au sein de la communauté de Georgetown. »

Imprégné de la tradition catholique ?

« Je rejette l’enseignement de l’Église sur l’homosexualité », dit-il ouvertement. « Je préférerais une solution plus simple consistant à considérer les relations homosexuelles sérieuses comme moralement valables. »

Et il a critiqué l’annulation de l’arrêt Roe contre Wade par la Cour suprême (la fin du droit fédéral à l’avortement) en ces termes : « Il est clair que cette décision et son raisonnement auront des conséquences considérables pour beaucoup, en particulier les femmes à faibles revenus et les femmes de couleur, les personnes LGBTQ et la société dans son ensemble. »

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D’autre part, le pape a nommé Josef Grünwidl archevêque de Vienne. Ce n’est pas une surprise, puisqu’il était administrateur apostolique de l’archidiocèse depuis le début de l’année. C’est un bergoglien typique, partisan du diaconat féminin, du cardinalat féminin, il a déjà nommé trois femmes à des postes de direction du diocèse, il enseigne que « le comportement envers les autres » est plus important que la prière, et il était membre en 2014 de l’« Initiative Prêtre », donc signataire de son « appel à la désobéissance » dont une revendication aujourd’hui satisfaite était l’accès à la communion pour les « divorcés remariés ». Ces prêtres s’engageaient aussi notamment à permettre aux laïcs de prêcher, et à « faire en sorte que chaque paroisse ait son propre prêtre, homme ou femme, marié ou célibataire, à temps plein ou à temps partiel ». Ce qui supposait évidemment « l’admission des femmes et des personnes mariées au sacerdoce ».