De la férie

Martyrologe :

A Thynissa, en Afrique, l’anniversaire de saint Félix martyr. Après qu’il eut confessé sa Foi, on différa son supplice, mais le lendemain il fut trouvé mort dans la prison, comme nous l’apprend saint Augustin, dans le commentaire d’un psaume qu’il fit au peuple le jour de sa fête.

Il s’agit du sermon sur le psaume 127 :

Ne soyez point jaloux de tout homme qui, sans marcher dans les mêmes voies, jouit d’une félicité malheureuse. Car les hommes du monde sont heureux pour leur malheur ; tandis que les martyrs souffraient pour leur bonheur. Leur douleur n’était que pour un temps, leur bonheur pour l’éternité, et lors même qu’ils étaient malheureux pour un temps, on les croyait plus malheureux encore qu’ils ne l’étaient réellement. Que dit en effet l’Apôtre ? « Nous paraissons tristes, et nous sommes toujours dans la joie ». Pourquoi « toujours ? » En cette vie et en l’autre ; oui, en cette vie et en l’autre. D’où vient en effet notre joie ici-bas ? de l’espérance. D’où nous viendra-t-elle en l’autre vie ? de la réalité. C’est une grande joie que l’espérance d’un homme qui est dans la joie. Mais si « nous nous réjouissons dans la joie », voyez ce qui suit : « Patients dans la tribulation ». Les martyrs étaient donc dans la tribulation, parce qu’ils se réjouissaient dans l’espérance. Mais parce que la promesse n’était pas encore réalisée, que dit l’Apôtre ? « L’espérance que l’on voit, n’est pas une espérance : si donc nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons par la patience ». Voilà ce qui a aidé les martyrs à endurer tant de maux, c’est qu’ils attendaient par la patience ce qu’ils ne voyaient pas encore. Pour leurs bourreaux, ils aimaient ce qu’ils voyaient ; mais les victimes aspiraient à ce qu’elles ne voyaient point encore, elles se hâtaient d’atteindre les biens invisibles. Le retard de la mort était à leurs yeux un délai préjudiciable.

Il a donc méprisé le monde, ce Félix dont nous célébrons la fête aujourd’hui, qui a dans son nom et dans sa couronne la véritable félicité. Mais cette félicité lui vint-elle de sa crainte pour Dieu, et fut-il heureux, parce que son épouse fut ici-bas comme une vigne féconde, parce que ses enfants environnaient sa table ? [citation du psaume 127] Sans doute il a tous ces biens, mais dans le corps mystique de Celui qui est décrit en notre psaume. Et comme il l’a compris de la sorte, il méprise le présent, afin de posséder l’avenir. Mais vous devez savoir qu’il ne souffrit point la mort comme les autres martyrs. Car, après qu’il eut confessé Jésus-Christ, on différa son supplice, et le lendemain on le trouva mort. On avait fermé la porte sur lui, mais pour son corps seulement, non pour son âme. Quand ils se préparaient à le tourmenter, les bourreaux ne le trouvèrent plus, et perdirent toute occasion de sévir. Il était sans vie, privé de sentiment pour toute douleur, mais non point devant Dieu qui le couronnait.


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