Dimanche dans l’octave de Noël

La grandeur des œuvres divines est, mes très chers frères, bien au-dessus des ressources de l’éloquence humaine, et la difficulté de s’exprimer vient ici de la raison même qui nous défend de garder le silence ; car ces paroles du Prophète : « Qui racontera sa génération ? » se doivent entendre non seulement de la divine essence de Jésus-Christ, mais aussi de la nature humaine qui est en lui. Si la foi ne croit que ces deux natures sont unies dans une seule personne, la parole ne peut l’expliquer. Aussi ce sujet de louanges est-il intarissable, parce que le talent de celui qui loue reste toujours insuffisant.

Réjouissons-nous de l’impuissance où nous sommes de parler dignement de ce grand mystère de miséricorde ; et, si nous ne pouvons bien pénétrer la profondeur des mystères de notre rédemption, estimons-nous heureux d’être vaincus par l’immensité d’un tel bienfait. Personne, en effet, n’approche plus de la connaissance de la vérité que celui qui comprend que, dans les choses divines, lors même qu’on avance beaucoup, il reste toujours beaucoup à chercher. Car celui qui a la présomption de croire être parvenu où il tendait, n’a pas trouvé ce qu’il cherchait : il n’a fait que s’arrêter dans ses recherches.

Cependant, ne nous laissons pas troubler à la pensée des limites étroites dans lesquelles nous resserre notre faiblesse. Les paroles de l’Évangile et des Prophètes viennent à notre secours : éclairés par leur lumière, nous apprenons à considérer la Nativité du Seigneur, ce mystère du Verbe fait chair, moins comme le souvenir d’un événement passé, que comme un fait qui se passe sous nos yeux. En effet, ce que l’Ange vint annoncer aux pasteurs qui veillaient à la garde de leurs troupeaux, nous l’avons entendu nous-mêmes. Nous sommes en ce moment à la tête des ouailles du Seigneur, parce que nous conservons au fond de notre cœur les paroles qui ont été dites de la part de Dieu ; c’est comme si l’on nous disait encore, en la solennité d’aujourd’hui : « Je vous apporte la bonne nouvelle d’une grande joie pour tout le peuple : c’est qu’il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ et le Seigneur. »

Saint Léon le Grand, 9e sermon sur la Nativité, leçons des matines (avant 1906 et entre 1955 et 1960, et dans le bréviaire monastique).


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4 réflexions sur “Dimanche dans l’octave de Noël

  1. Je ne comprends pas bien votre mention « avant 1906 et entre 1955 et 1960 ». D’où vient-elle ? Je me sers souvent d’un bréviaire romain de 1938 et ces leçons du 2e nocturne y figurent bien. Et je risquerais peu à affirmer avant vérification que ces leçons n’ont pas disparu entre 1906 et 1955…

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      • Je pensais que vous vouliez dire que les textes du dimanche dans l’Octave de la Nativité avaient changé… En fait, vous parlez des variations de la préséance entre ledit dimanche et la fête de saint Thomas de Cantorbéry. Or, la consultation, en particulier, de bréviaires romains et monastiques des 19° et 20° siècles ainsi que d’Ordos diocésains des années 1957, 1958 et 1959 montrent que votre site se trompe :

        De 1568 à 1886 : préséance du dimanche sur saint Thomas (qui est reporté au lundi 30), mais pas sur saint Sylvestre.

        De 1887 à 1912 : préséance de saint Thomas, avec simple mémoire du dimanche.

        De 1913 à 1959 : préséance du dimanche sur s. Thomas et s. Sylvestre (mais pas sur les fêtes des 26, 27 et 28 ; en ce cas, la messe et l’office du dimanche sont reportés au 30, qui tombe donc en semaine).

        A partir de 1960 : préséance du dimanche sur les fêtes des 26, 27 et 28 décembre. Saint Thomas (29 déc.) et saint Sylvestre (31 déc.) ne sont plus fêtés que sous le degré de la commémoration.

        Au Bréviaire monastique de 1884, préséance du dimanche sur saint Thomas (mais pas sur les fêtes des 26, 27 et 28, ni sur saint Sylvestre). Suite à la promulgation du Code des Rubriques de 1960, le Bréviaire monastique édité en 1963 conserve ses 12 leçons là où le romain (1961) ne garde que les 3 premières et la septième…

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