6e jour dans l’octave de Noël

Mes bien-aimés, la divine naissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, fruit d’une Vierge Mère, doit être tous les jours et en tout temps, l’objet de la méditation des fidèles, afin que leur âme, élevée à reconnaître leur Auteur, s’occupe de ce mystère, soit avec le gémissement de la supplication, soit avec l’exultation de la louange, soit durant l’oblation du sacrifice, et que son regard spirituel ne considère rien avec une foi-plus vive que ce fait d’un Dieu, Fils de Dieu, engendré d’un Père auquel il est coéternel, et néanmoins enfanté en une nature humaine. Mais cette nativité, digne des adorations du ciel et de la terre, aucun jour ne nous la rappelle plus que celui-ci, et cette nouvelle lumière, qui brille même dans les éléments et se manifeste à nos sens, fait pénétrer en nous le rayonnement de ce mystère admirable. Car ce n’est pas seulement en notre mémoire, c’est en quelque sorte devant nous que se passe encore l’étonnant entretien de l’Ange Gabriel avec Marie, et cette conception où tout est également admirable, la promesse qui l’annonce et la foi qui répond à la promesse.

C’est aujourd’hui que le Créateur du monde naît d’une Vierge ; le Créateur de l’Univers est devenu le fils de celle à qui il a donné l’être. C’est aujourd’hui que le Verbe de Dieu a paru sur la terre, revêtu de la chair humaine ; ce que les yeux n’avaient jamais vu est devenu visible et même palpable. Aujourd’hui les pasteurs ont appris de la voix des Anges, que le Sauveur est né, ayant une chair et une âme semblables aux nôtres ; aujourd’hui est proposée aux prélats qui ont la conduite des troupeaux du Seigneur, une manière d’annoncer la bonne nouvelle : c’est que nous disions, nous aussi, avec l’armée de la milice céleste : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.

La grandeur et l’éclat du bienfait accordé exige de nous de dignes hommages. Ainsi que nous l’enseigne l’Apôtre, nous n’avons point reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit de Dieu, afin que nous connaissions les dons que Dieu nous a faits. Nous ne pouvons l’honorer mieux qu’en lui offrant ce que lui-même a eu la bonté de nous donner. Que pouvons-nous puiser dans les trésors de la libéralité de Dieu, qui convienne mieux à honorer la solennité présente, que la paix annoncée d’abord en la Nativité du Seigneur par un concert angélique ? C’est elle qui fait les enfants de Dieu, qui nourrit la charité, qui conserve l’unité ; elle est le repos des bienheureux et le séjour de l’éternité : son effet propre et spécial est d’unir à Dieu ceux qu’elle a séparés du monde.

Saint Léon le Grand, 6e sermon sur la Nativité, leçons des matines avant 1960 dans le bréviaire romain.


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