L’Eglise Titanic

Mgr Dominique Rey est virĂ© du diocĂšse de FrĂ©jus-Toulon, comme on pouvait s’y attendre aprĂšs sa mise sous tutelle il y a un an. Mgr Rey Ă©tait coupable d’avoir accueilli des prĂȘtres et des sĂ©minaristes fidĂšles Ă  la tradition catholique.

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Le cardinal McElroy va ĂȘtre nommĂ© archevĂȘque de Washington. C’est un grand ami de toujours de l’ignoble ex-cardinal McCarrick. On peut se demander pourquoi le pape promeut encore ainsi un homme aussi compromis et qui aura 71 ans le mois prochain. La nomination d’un fanatique LGBT et immigrationniste Ă  Washington est manifestement un doigt d’honneur Ă  Donald Trump qui va retrouver la Maison Blanche. – McElroy n’aura pas Ă  s’attaquer aux dĂ©fenseurs de la tradition catholique : son prĂ©dĂ©cesseur a interdit toutes les messes traditionnelles dans la capitale des Etats-Unis.

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L’abbaye cistercienne de Port-du-Salut, dans la Mayenne, va fermer faute de vocations. Il n’y a plus que six moines dans les grands bĂątiments naguĂšre cĂ©lĂšbres par le fromage Port-Salut.

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Le pape a nommĂ© une femme, sƓur Simona Brambilla, prĂ©fĂšte du dicastĂšre pour les Instituts de vie consacrĂ©e et les sociĂ©tĂ©s de vie apostolique.

C’est une premiĂšre. Mais si j’étais fĂ©ministe je m’offusquerais que soit nommĂ© aussi un « pro-prĂ©fet Â», comme pour la marquer Ă  la culotte. Lequel « pro-prĂ©fet Â» est Ángel FernĂĄndez Artime, un vieil ami du pape du temps qu’il Ă©tait provincial des salĂ©siens Ă  Buenos-Aires, fait cardinal en 2023. Sans doute est-ce pour tenter de rassurer les religieux machistes. Car si rien n’interdit a priori qu’un dicastĂšre soit dirigĂ© par une femme, le problĂšme est quand mĂȘme ici que sƓur Simone va avoir autoritĂ© sur des milliers de prĂȘtres, et mĂȘme des Ă©vĂȘques


Le NoĂ«l de Poutine

Vladimir Poutine a cĂ©lĂ©brĂ© la nuit de NoĂ«l cette annĂ©e Ă  l’église Saint-Georges du mont PoklonnaĂŻa, la premiĂšre Ă©glise construite Ă  Moscou aprĂšs la chute du communisme, en compagnie de familles nombreuses, Ă  l’issue de l’annĂ©e de la famille.

Et il a publiĂ© ce communiquĂ© (Ă  comparer avec d’autres communiquĂ©s de chefs d’Etat, si l’on en trouve) :

« Je vous adresse tous mes vƓux Ă  l’occasion de la NativitĂ© du Christ. Cette fĂȘte lumineuse et si attendue est chĂšre Ă  des millions de personnes dans le monde entier. Elle donne aux croyants de la joie et de l’espoir, inspire de bonnes pensĂ©es, de bons comportements et de bonnes actions. Pendant la pĂ©riode de NoĂ«l, nous ressentons clairement, de tout notre cƓur, l’importance que revĂȘtent pour nous les traditions paternelles et familiales, transmises de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration. Je tiens Ă  souligner que l’Église orthodoxe russe et les autres confessions chrĂ©tiennes de Russie jouent un rĂŽle crĂ©atif considĂ©rable dans l’unification du peuple, la prĂ©servation de notre mĂ©moire historique et de notre patrimoine culturel et spirituel unique. La contribution des organisations religieuses au renforcement de l’institution familiale, Ă  l’Ă©ducation des jeunes, Ă  l’affirmation dans la sociĂ©tĂ© d’idĂ©aux et de valeurs morales durables telles que l’attention portĂ©e Ă  son prochain, la misĂ©ricorde et la compassion, et au soutien de ceux qui ont besoin d’aide et d’attention, est significative. Ce travail multiforme et trĂšs demandĂ© mĂ©rite la plus grande reconnaissance. Je souhaite aux chrĂ©tiens orthodoxes et Ă  tous les citoyens de Russie qui cĂ©lĂšbrent la NativitĂ© du Christ, santĂ© et prospĂ©ritĂ©. »

✝ Jean-Marie Le Pen âœïžŽ

Je lisais hier, avec quelques jours de retard, un article oĂč il y avait ceci :

« Jean-Marie Le Pen Ă©tait un rĂ©actif, plus intuitif que thĂ©oricien, et certains lui ont reprochĂ© un manque de stratĂ©gie dĂ©finie Ă  l’avance. Mais du moins Ă©tait-il d’une doctrine trĂšs sĂ»re. La plus fragile de ses improvisations s’appuyait sur un socle de convictions et de rĂ©flexes hĂ©ritĂ©s d’une tradition grĂ©co-romaine et catholique. Cela lui donnait une boussole sans erreur sur toutes les questions dites de sociĂ©tĂ© ainsi qu’un jugement sĂ»r et vrai sur les grandes affaires politiques. Â»

Ce n’est pas tout-Ă -fait vrai, mais l’essentiel est dit. Je prĂ©ciserai qu’il Ă©tait Ă  la fois l’hĂ©ritier de la tradition catholique et de la « tradition Â» rĂ©publicaine des « hussards noirs Â». Ce qui faisait de lui un personnage unique, capable d’unir dans un mĂȘme « front Â» des catholiques traditionalistes et des athĂ©es, des monarchistes et des rĂ©publicains, etc. Et avec un sens aussi aigu que le plus souvent inconscient (mais nourri par son immense culture) de la rĂ©action la plus française Ă  tel ou tel Ă©vĂ©nement, il emportait l’adhĂ©sion de tout son mouvement et d’innombrables sympathisants.

On l’avait appelĂ© Le Menhir, et j’étais admiratif de voir comment il supportait les attaques les plus ignobles, la diabolisation la plus infĂąme, les calomnies les plus abjectes. Sa force de caractĂšre Ă©tait Ă©tayĂ©e par sa conviction d’ĂȘtre dans le vrai, et qu’il avait une mission.

J’ai travaillĂ© avec lui pendant dix ans, et cela reste un grand moment de ma vie. Ceux qui ne l’ont pas connu ne savent pas que dans les rapports avec ses collaborateurs il pouvait ĂȘtre d’une flagrante injustice (dont il jouait, en fait, le plus souvent), et dans une colĂšre noire qui devenait subitement une humeur guillerette et chantonnante
 Il Ă©tait tellement imprĂ©visible qu’il Ă©tait en fait prĂ©visible, car c’était une mise en scĂšne
. qui le rendait encore plus attachant.

Outre mon activitĂ© de journaliste et chroniqueur Ă  National Hebdo, je lui proposais presque quotidiennement un projet de « communiquĂ© de presse de Jean-Marie Le Pen Â». Comme je l’écrivais en me « mettant Ă  sa place Â», il me rĂ©pondait presque toujours : « Envoie ! Â». Un soir, aprĂšs une grande Ă©mission tĂ©lĂ©visĂ©e de Chirac, un dimanche soir, je l’appelle avant d’écrire quoi que ce soit, pour lui demander sa rĂ©action. Je note au vol ce qu’il me dit, puis je le rappelle aprĂšs avoir synthĂ©tisĂ© ses propos. ImprĂ©visible il l’était pourtant, car je ne m’attendais pas du tout Ă  sa rĂ©action : « Mais ça, c’est ce que je viens de te dire ! Trouve-moi quelque chose d’autre et rappelle-moi ! Â» Je sens la sueur perler sur mon front
 J’agite les derniers neurones qui me restent, je rĂ©dige quelque chose, je le rappelle. « Eh bien voilĂ , c’est ça que je voulais ! Â»â€Š

Je l’ai toujours appelĂ© « PrĂ©sident », parce que, mĂȘme si je suis allĂ© assez souvent chez lui Ă  Rueil-Malmaison, et mĂȘme une fois, par privilĂšge spĂ©cial, dans son petit bureau « comme une cabine de bateau », je n’étais pas de ses intimes. Mais aujourd’hui je peux dire Adieu Jean-Marie. Que le Seigneur t’accueille dans son Royaume, pour lequel tu as travaillĂ© plus que tu ne le pensais. Et il me faut dire encore (pardonne-moi) que lorsque notre fille Marie est morte dans un accident de moto, c’est toi qui nous Ă©crivis la plus belle lettre, la plus profonde lettre, la plus chrĂ©tienne.

De la férie

Le martyrologe romain de ce jour commence par une phrase lapidaire :

RelĂĄtio pĂșeri Jesu de ÆgĂœpto.

Le retour de l’enfant JĂ©sus d’Egypte.

Aucune prĂ©cision n’est donnĂ©e, aucune explication de la date non plus, alors que rien dans la liturgie (du moins dans les livres actuels) ne permet de fixer cet Ă©vĂ©nement au 7 janvier. Sans doute est-ce simplement parce que c’est le lendemain de l’Epiphanie et que la fuite en Egypte est directement liĂ©e Ă  la visite des mages.

Nulle part d’ailleurs dans le dĂ©roulement du temps de NoĂ«l il n’est question du retour d’Egypte, sauf de façon incidente lors de la fĂȘte des Saints Innocents, oĂč c’est le dĂ©but de l’évangile :

Voici qu’un ange du Seigneur apparut en songe Ă  Joseph et lui dit : « LĂšve toi, prends l’enfant et sa mĂšre, fuis en Egypte et restes-y jusqu’à ce que je t’avertisse ; car HĂ©rode va rechercher l’enfant pour le faire pĂ©rir. Â» Et lui se leva, prit l’enfant et sa mĂšre de nuit et se retira en Egypte. Et il y resta jusqu’à la mort d’HĂ©rode, afin que s’accomplĂźt ce qu’avait dit le Seigneur par le prophĂšte : J’ai appelĂ© mon fils d’Egypte.

Le retour d’Egypte est narrĂ© aprĂšs le massacre des enfants de BethlĂ©em :

Mais HĂ©rode Ă©tant mort, voici qu’un ange du Seigneur apparut en songe Ă  Joseph, en Egypte, et dit : « LĂšve-toi, prends l’enfant et sa mĂšre, et va dans le pays d’IsraĂ«l ; car ceux qui en voulaient Ă  la vie de l’enfant sont morts. » Joseph, s’étant levĂ©, prit l’enfant et sa mĂšre, et vint dans le pays d’IsraĂ«l. Mais ayant appris qu’ArchĂ©laĂŒs rĂ©gnait en JudĂ©e, Ă  la place d’HĂ©rode son pĂšre, il craignit d’y aller ; et, averti en songe, il se retira dans la province de GalilĂ©e. Et il vint habiter dans une ville appelĂ©e Nazareth, afin que s’accomplĂźt ce qui avait Ă©tĂ© dit par les prophĂštes : Il sera appelĂ© NazarĂ©en.

« J’ai appelĂ© mon fils d’Egypte. » La prophĂ©tie est d’OsĂ©e (11,1). Au sens littĂ©ral il s’agit du peuple hĂ©breu que Dieu fait sortir d’Egypte. Mais le peuple Ă©lu est une figure du Christ, d’autant plus du Christ enfant que le texte d’OsĂ©e dit juste avant : « IsraĂ«l est un enfant et je l’aime. »

Cette prophĂ©tie est devenue l’antienne de Magnificat du vendredi de la premiĂšre semaine de l’Avent, avec l’ajout qui prĂ©cise sa portĂ©e christique :

Ex ÆgĂœpto vocĂĄvi FĂ­lium meum : vĂ©niet, ut salvet pĂłpulum suum.

De l’Égypte j’ai appelĂ© mon Fils ; il viendra pour sauver son peuple.

Vitrail de Chartres.

Constat géorgien

Du prĂ©sident du Parlement de GĂ©orgie :

Quelle ironie de voir les autoritĂ©s allemandes et françaises se plaindre de l’ingĂ©rence Ă©trangĂšre dans les Ă©lections. Quelle parodie de voir les gouvernements de Michael Roth et de Nathalie Loiseau oser se plaindre, hypocritement, de l’ingĂ©rence dans les Ă©lections d’un autre pays. EspĂ©rons qu’ils se rendront bientĂŽt compte qu’en s’ingĂ©rant de maniĂšre honteuse, grossiĂšre et illĂ©gale dans les Ă©lections gĂ©orgiennes, ils coupent les branches de la dĂ©mocratie et de la souverainetĂ© sur lesquelles ils sont si fiers de se percher.