La justice contre la Négresse

La cour administrative d’appel de Bordeaux a décidé hier que le quartier de Biarritz appelé La Négresse devait changer de nom.

Dans son communiqué, la cour « juge que, quelles que soient l’origine supposée de cette appellation et sa dimension historique revendiquée par la commune de Biarritz, le terme ‘La Négresse’ évoque aujourd’hui, de façon dévalorisante, l’origine raciale d’une femme dont l’identité n’a d’ailleurs pas été formellement identifiée ». Et c’est un mot « de nature à porter atteinte à la dignité de la personne humaine ».

L’affaire avait été lancée par des activistes noirs et leurs larbins woke. En décembre 2023 le tribunal administratif de Pau leur avait donné tort, soulignant que ce nom avait été donné en 1861 par la mairie de Biarritz « dans une perspective mémorielle, en hommage à la personne considérée et à l’histoire locale qui l’accompagne, et non dans le but de présenter de manière dégradante, humiliante ou avilissante une esclave ou descendante d’esclave à la peau noire ou de stigmatiser les membres d’une communauté pour un motif raciste ».

En 2015 Sud-Ouest avait demandé l’avis de ses lecteurs : 94,3% des participants s’étaient prononcés pour le maintien du nom.

Le maire de Biarritz annonce un recours devant le Conseil d’Etat. Mais l’arrêt est exécutoire.


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3 réflexions sur “La justice contre la Négresse

  1. Le grand écrivain sénégalais, Léopold Sédar Senghor n’a jamais rejeté le terme de ‘négritude’ ; terme qu’il reprit à l’autre grand écrivain martiniquais Aimé Césaire qui l’avait forgé bien avant lui.

    ‘La Négritude est l’ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu’elles s’expriment dans la vie et les œuvres des Noirs’ 1977, LS Senghor. Il défendait ‘l’idée, pas le mot, d’une civilisation noire différente mais égale’.

    La peur irraisonnée des mots a-t-elle saisi la cour administrative d’appel de Bordeaux ?

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    De mes anciens élèves, Voltaïques, qui faisaient leurs études « en métropole », s’amusaient fort à entrer dans les pâtisseries pour commander des têtes de nègre (gâteau qui a peut-être dû changer de nom depuis cette innocente et fraternelle époque ?). Occasion de sympathiser avec tous les clients, patrons et serveurs (souvent serveuses).
    Et les élèves d’aujourd’hui n’ont pas cessé d’être fiers d’être « nègres ».

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    • L’expression « tête de nègre » n’est pas formellement interdite pour désigner la pâtisserie, mais aucun pâtissier ne la désigne ainsi depuis des années, pour ne pas subir un procès pour racisme. L’étiquette dit : « tête au chocolat »…

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