Septuagésime

La création de la nature, de l’homme, de la femme, et la chute, par Mariotto Albertinelli, 1553.

Le temps de la Septuagésime puis du Carême retrace symboliquement toute l’histoire du monde, de la création et de la chute à la recréation par la Passion et la Résurrection. C’est pourquoi les premières leçons des matines sont le début de la Genèse. Avant 1960 dans le bréviaire romain et toujours dans le bréviaire monastique, le deuxième nocturne évoque la chute, qui n’arrivera que mercredi dans la lecture de la Genèse, par ces extraits de l’Enchiridion de saint Augustin :

Dieu avait menacé l’homme de le punir de mort s’il venait à pécher ; il lui avait fait don du libre arbitre, mais tout en le gouvernant par son commandement et en lui faisant craindre sa ruine. Il le plaça dans un jardin de délices, qui n’était que l’ombre de la vie et d’où il serait monté à un monde meilleur, s’il avait conservé la justice. Exilé de là, après sa faute, le premier homme entraîna dans la mort et la réprobation tous ses descendants, corrompus en sa personne comme dans leur source, de telle sorte que toute la race qui devait naître de lui et de son épouse, condamnée comme lui après l’avoir porté au péché, naissant par la concupiscence charnelle, désobéissante, à l’imitation et en punition de la première désobéissance, contracterait la faute originelle et serait par elle entraînée à travers diverses erreurs et douleurs, jusqu’au supplice sans fin, avec les anges infidèles, ses corrupteurs, ses maîtres et les compagnons de son malheureux sort.

C’est ainsi que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et, avec le péché, la mort, qui a passé à tous les hommes, de par celui en qui tous ont péché. Ce que l’Apôtre appelle ici le monde, c’est l’humanité entière. Tel était donc l’état des choses. Toute la masse du genre humain gisait condamnée dans le mal et même roulait et était précipitée de maux en maux. Associé aux Anges coupables, l’homme subissait les peines très méritées de son impie prévarication.

Car il faut considérer comme une conséquence de la juste colère de Dieu, les désordres auxquels les méchants sont portés par une concupiscence aveugle et sans frein, ainsi que les maux visibles ou invisibles qu’ils souffrent malgré eux. Cependant la bonté du Créateur n’a pas cessé de se manifester envers les mauvais anges, en leur conservant la vie et la puissance toujours active sans laquelle ils cesseraient d’être ; comme envers les hommes, en en propageant la race, bien qu’issue d’une souche viciée et condamnée. Il forme leur corps qu’il anime du souffle de la vie ; il dispose leurs membres qu’il met en harmonie avec les différents âges ; il entretient la vicacité de leurs sens, suivant la disposition des organes ; il leur fournit des aliments. Dans sa sagesse, il a mieux aimé tirer le bien du mal, que de ne permettre aucun mal.

(Mélius enim judicáre de malis bene fácere, quam mala nulla esse permittere.  Littéralement : Il a jugé qu’il valait mieux faire du bien à partir du mal que permettre qu’il n’y ait aucun mal.)

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Vue d’ensemble de la messe.

L’introit.

Le graduel.

Le trait.

L’offertoire.

La communion.

La symbolique de la Septuagésime.

Le premier sermon de saint Bernard.


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3 réflexions sur “Septuagésime

  1. *concupiscence chaRNelle

    Heureusement que notre cerveau fait la correction automatiquement sinon j’aurais été plongé dans des abîmes de perplexité.

    Merci pour ce magnifique texte.

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