Mercredi des Cendres

Commentaire de l’évangile par saint Augustin, leçons des matines (Du sermon du Seigneur sur la montagne, 12).

Il est manifeste que ces préceptes dirigent toute notre intention vers les joies intérieures ; de peur qu’en cherchant la récompense, nous nous conformions à ce siècle et perdions la promesse d’une béatitude d’autant plus solide et plus ferme qu’elle est plus intérieure, en laquelle Dieu nous a choisis pour devenir conformes à l’image de son Fils. Mais, en ce chapitre, il faut surtout remarquer que ce n’est pas seulement dans l’éclat de la pompe des choses corporelles, mais même aussi dans le négligé de la tenue de deuil, qu’il peut y avoir de la jactance, et cela avec d’autant plus de péril que l’on se couvre du prétexte du service de Dieu.

Celui-là donc qui se fait remarquer par un culte immodéré du corps et du vêtement ou par l’éclat d’autres choses est facilement convaincu d’être trop attaché aux pompes du siècle et ne trompe personne par un faux air de sainteté. Quant à celui qui, dans sa profession de vie chrétienne, attire l’attention des regards des hommes par le port inusité de vêtements grossiers et souillés, et fait cela volontairement, sans le subir par nécessité, il faut voir, d’après ses autres œuvres, s’il fait cela par mépris de soins superflus, ou par quelque motif d’ambition. Car le Seigneur nous a commandé de prendre garde aux loups, sous la peau de brebis : C’est à leurs fruits, dit-il que vous les reconnaîtrez.

Lorsqu’on aura commencé en effet, par quelques épreuves, de leur retirer, ou de leur refuser ce qu’ils ont obtenu ou ce qu’ils désirent obtenir par cette apparence, on verra nécessairement si l’on a affaire à un loup dans la peau d’une brebis, ou à une brebis dans sa propre peau. Cependant le chrétien ne doit point, par superflu dans sa toilette, caresser les regards des hommes, pour cette raison que des hypocrites usurpent l’usage d’un habit modeste, limité au nécessaire, pour tromper les naïfs ; car les brebis ne doivent pas se dépouiller de leurs peaux, pour ce motif que parfois les loups s’en couvrent.


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