Nous voici au temps où va s’accomplir l’Epiphanie, la pleine manifestation du Dieu fait homme. Les mages avaient apporté en cadeau à l’Enfant de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Les voici en acte.
Celui qui va au Sacrifice est le Roi à qui revient l’or : dès les premières vêpres de ce temps l’hymne le chante : « Vexilla Regis prodeunt… » : les étendards du roi s’avancent. Ces étendards royaux, c’est la Croix. L’hymne fut composée en 569 par saint Venance Fortunat pour la procession de l’arrivée à Poitiers de la relique de la Sainte Croix donnée par l’empereur Justin II. Cet étendard est couvert du sang du Christ, il est « orné de la pourpre royale » (ornata regis purpura).
Le Christ est le grand prêtre qui n’entre pas dans le Saint des Saints une fois par an avec le sang des animaux offerts en sacrifice, mais une fois pour toutes avec son propre sang, car il s’offre lui-même en sacrifice, et c’est le seul sacrifice efficace : celui d’un homme qui est Dieu. A lui l’encens.
Ce Dieu qui se sacrifie pour les hommes qu’il aime est réellement et vraiment homme, il va réellement et vraiment mourir : à lui la myrrhe.
C’est une marche à la mort qui commence en ce jour. A la mort la plus cruelle et la plus infâme de l’homme le plus pur et le plus saint qu’ait jamais porté la terre. Pourtant c’est une fête que la liturgie nous annonce, discrètement, au début des matines, mais clairement, en reprenant librement le début du chapitre 23 du Lévitique, quand Dieu édicte à Moïse les fêtes qu’il faut célébrer :
℟. Isti sunt dies, quos observáre debétis tempóribus suis : * Quartadécima die ad vésperum Pascha Dómini est : et in quintadécima solemnitátem celebrábitis altíssimo Dómino.
℣. Locútus est Dóminus ad Móysen, dicens: Lóquere fíliis Israël, et dices ad eos.
℟. Quartadécima die ad vésperum Pascha Dómini est : et in quintadécima solemnitátem celebrábitis altíssimo Dómino.Voici les jours de fête que vous observerez en leurs temps : au quatorzième jour du premier mois, vers le soir, est la Pâque du Seigneur, et au quinzième jour vous célébrerez une solennité en l’honneur du Dieu très-haut.
La fête de la Pâque, c’est l’immolation de l’Agneau et la libération de l’esclavage de l’Egypte – du péché ; c’est le passage de la mer Rouge – le baptême dans le sang du Christ en Croix. Il faut que ce sang coule pour que la libération ait lieu. Et au quinzième jour le grand prêtre et grand roi crucifié ressuscitera pour libérer les captifs et les introduire dans son royaume.
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