De la férie

La première notice du martyrologe concerne saint Zénon et ses… 10.203 compagnons martyrs. Je les avais évoqués l’an dernier.

La deuxième notice est sur un saint qui est également commémoré ce jour dans le calendrier byzantin :

Gortynæ, in Creta, sancti Cyrílli Epíscopi, qui, in persecutióne Décii, sub Lúcio Præside, flammis est injéctus, et, cum ab igne, incénsis vínculis, illæsus evasísset, ac stupóre tanti miráculi a Júdice dimíssus esset, rursus ab eódem, pro instánti et álacri fídei prædicatióne facta de Christo, comprehénsus et cápite plexus est.

A Gortyne, en Crète, saint Cyrille évêque. Durant la persécution de Dèce, sous le préfet Lucius, il fut jeté dans les flammes, mais ses liens étant brûlés, il en sortit sain et sauf : stupéfait de ce miracle le juge le laissa aller ; mais voyant qu’il prêchait le Christ avec une nouvelle ardeur, il le fit saisir de nouveau et décapiter.

Selon les actes de son martyre, il fut condamné au bûcher parce qu’il refusait de sacrifier aux idoles., mais les flammes ne me touchèrent pas. Le miracle convertit de nombreux païens et le préfet Lucius lui-même loua le Dieu des chrétiens. Mais comme Cyrille continuait de prêcher avec d’autant plus d’ardeur qu’il regrettait de n’avoir pas été martyr, il finit par être arrêté de nouveau et fut décapité. Il avait 84 ans.

Saint Cyrille de Gortyne, avec, à droite, saint Tite premier évêque de Crète, fresque de Ioannis Pagomenos (1327-1328), en l’église Saint-Michel de Pleminiana, en Crète.

L’icône de la Mère de Dieu « Réjouissance et consolation »

La divine liturgie retransmise par TV-Soyouz ce matin l’était de l’église de l’icône de la Mère de Dieu « Réjouissance et consolation » du quartier Ziouzino de Moscou. C’est une des « 200 nouvelles églises » édifiées dans la capitale. Elle a été terminée en 2022. Les peintures murales ont trouvé une sorte d’équilibre entre l’influence occidentale des derniers siècles et la tradition iconographique, sans la décadence du XIXe siècle et avec des couleurs fraîches.

Le nom de l’église est celui d’une icône miraculeuse du monastère de Vatopedi au mont Athos. Et elle raconte une bien belle histoire.

La tradition raconte que le 21 janvier 807, l’abbé de Vatopedi, resté dans l’église après l’office du matin pour prier, entendit une voix féminine avertissant d’un danger. L’higoumène tourne son regard vers l’icône et voit qu’elle est devenue vivante, et que la Mère de Dieu s’écrie : « N’ouvrez pas les portes du monastère aujourd’hui, mais grimpez sur les murs et chassez les pirates. » Alors, l’Enfant Jésus, dans les bras de la Mère de Dieu, tente de barrer la bouche de sa Mère avec sa main, en lui disant : « Non, ma Mère, ne leur dis rien. Qu’ils reçoivent ce qu’ils méritent, car ils négligent leurs devoirs monastiques. »

Mais la Mère de Dieu, avec une grande audace maternelle envers son Fils et Dieu, prit la main de Jésus et l’éloigna de sa bouche, puis, tournant la tête vers la droite, elle s’écria en s’adressant une seconde fois à l’higoumène : « N’ouvrez pas aujourd’hui les portes du monastère, mais grimpez sur les murs et chassez les pirates. Et repentez-vous, car mon Fils est en colère contre vous. ». Et elle répéta pour la troisième fois : « Aujourd’hui, n’ouvrez pas les portes du monastère… ». Puis les deux personnages de l’icône s’immobilisèrent, mais dans l’attitude qu’ils avaient prise : la Mère de Dieu, détournant son visage de la main tendue de son Fils, essayant d’éloigner cette main de ses lèvres afin de pouvoir avertir les moines du danger imminent.

L’higoumène rassembla aussitôt les frères et leur raconta ce qui s’était passé. Tous remarquèrent avec un étonnement extrême que l’image de cette icône avait changé. Alors ils glorifièrent Dieu pour Sa providence à leur égard, qui s’était manifestée par l’intercession de la Très Sainte Mère de Dieu, et, se précipitant vers les murs du monastère, ils repoussèrent l’attaque des brigands.

L’icône vénérée dans l’église de Moscou a été peinte et consacrée au monastère de Vatopedi. Elle est arrivée en février 2016, alors que la construction de l’église n’allait commencer que deux ans plus tard. Mais comme à chaque fois une église provisoire en bois avait été installée sur le terrain.

Ubukraine

Illustration de ce que je disais hier sur la réaction des Ukrainiens au bombardement par les Russes des centres de recrutement militaires, cette déclaration du député Artem Dmitrouk, élu en 2019 avec l’étiquette du parti de Zelensky :

 « Le niveau de haine envers ce régime et, en particulier, envers ses structures répressives est si élevé que les gens se réjouissent de la destruction des TCC, dans l’espoir que cela réduira au moins légèrement la terreur. La chasse à l’homme a commencé, et tous les citoyens ukrainiens vous en remercient ! »

Il ajoute en parlant des agents de recrutement :

« Sur ordre direct de Zelensky, ils kidnappent des personnes de toutes catégories et dans toutes les situations, y compris des personnes handicapées, des prêtres, des pères de familles nombreuses, des tuteurs d’enfants, des personnes s’occupant de malades graves et simplement ceux qui n’ont pas eu le temps de se cacher. Le régime de Zelensky apporte chaque jour le chagrin dans chaque foyer, dans chaque famille. »

Comme on peut s’en douter, Artem Dmitrouk ne vit plus en Ukraine. Il s’est réfugié en Grande-Bretagne l’an dernier après avoir critiqué la loi interdisant l’Eglise orthodoxe ukrainienne dont il est sous-diacre. Le pouvoir ukrainien a demandé plusieurs fois au gouvernement britannique de l’extrader, sans résultat pour le moment.

Sur la bonne voie

Mais la priorité est toujours d’envoyer des milliards à l’Ukraine. Et de multiplier les sanctions boomerangs. Le stupide roquet Barrot a éructé hier cette grotesque insanité :

« En coordination avec les efforts menés par les sénateurs américains, l’Europe s’apprête à prendre, sur des propositions françaises, les sanctions les plus lourdes prises depuis trois ans, qui viennent directement assécher les ressources qui permettent à Vladimir Poutine de poursuivre sa guerre. »… « Nous entendons bien le faire plier. »

On apprend ce matin que le déficit commercial de la France s’est creusé en mai à 7,6 milliards d’euros. « La balance commerciale française s’est dégradée un peu plus chaque mois depuis le début de l’année. »

Et bien sûr l’immigration est toujours une chance pour la France.

Sainte Elisabeth de Portugal

En 1282 elle épouse Dinis Ier du Portugal, roi réformateur et poète, mais à la vie privée assez agitée. Elisabeth mena à la cour du Portugal la même vie de piété et de charité que dans son enfance. Elle pardonnait toujours à son mari, qui cependant l’aimait profondément, son inconduite.

Les conseillers du roi se plaignirent des dépenses que la reine faisait, dépensant sans compter pour les nécessiteux. Dinis Ier décida d’intervenir et, la rencontrant un jour, lui demanda ce qu’elle cachait dans son tablier. Elisabeth lui répondit qu’il s’agissait de roses pour la chapelle. Comme on était au mois de janvier, et que cette floraison paraissait improbable, il somma son épouse de lui montrer ce qu’elle transportait. Celle-ci ouvrit son tablier et ce furent des roses qui apparurent. Devant ce miracle le roi n’intervint plus dans les œuvres pieuses de son épouse.

Ce petit retable de 29cm/36cm, huile sur bois, peut être considéré comme le premier ex voto du Portugal. Il fut commandé dans la moitié du XVIème siècle à un peintre, resté inconnu, par un professeur de droit canon pour remercier la Sainte de la guérison de sa nièce.

La peinture représente Sainte Elisabeth, couronne sur la tête, défaisant les plis de sa robe pour laisser apparaître les roses. Elle-même ne semble pas étonnée de ce miracle. En arrière fond, devant des vues de la ville de Coimbra sainte Elisabeth est représentée accomplissant des œuvres de charité dont le lavement des pieds d’une femme atteinte d’ulcères et qu’elle embrasse malgré l’odeur atroce qui s’en dégage.

(Source)