Sans complexe

Oleksandr Alforov, major de la 3e brigade d’assaut Azov, historien « auteur, coauteur et compilateur de 15 livres et plus de 100 articles scientifiques », a été nommé par le conseil des ministres d’Ukraine, le 28 juin, à la tête de l’Institut ukrainien de la mémoire nationale. A la télévision, il fait tranquillement l’éloge d’Hitler, avec un grand sourire :

« Les gens comparent souvent Poutine à Hitler. Mais comment peut-on le comparer avec un homme qui avait reçu une éducation allemande, qui était un artiste, qui a été élevé dans la philosophie allemande et, en fait, dans sa culture — une éminente culture ? Comment peut-on comparer le peuple allemand, élevé dans le respect de la loi et de l’obéissance, façonné par une éthique protestante ou catholique, en tout cas fortement chrétienne, avec les gens qui vivent là-bas, à l’Est, avec des gobelins ? Ils ont même leur propre nom : « Russes », bien sûr. Vous savez, les gens ont commencé à dire « orcs, orcs »… Mais non, ce ne sont pas des orcs. Les orcs étaient autrefois des elfes. Ceux-là, ce sont juste les vrais Russes. »

(Sinon il n’y a pas de nazis en Ukraine.)

Pourriture espagnole

Les députés espagnols ont approuvé le 25 juin, à une très large majorité de 311 contre 33, une réforme du Code pénal qui pénalise quiconque s’opposerait à la « transition de genre » médico-chirurgicale d’un mineur qui en fait la demande.

A l’exception de Vox qui y était opposé, et de l’Union du peuple navarrais qui s’est abstenu, tous les groupes étaient favorables à cette mesure, proposée par les socialistes.

L’article 173 du Code pénal prévoit désormais des peines de prison à l’encontre de quiconque s’opposerait à la « transition de genre » médico-chirurgicale d’un mineur qui en fait la demande.

Les médecins, psychologues ou enseignants qui n’iraient pas dans le sens d’une « thérapie d’affirmation » peuvent en outre être condamnés à l’interdiction de travailler avec des mineurs.

Le commerce des hormones et la charcuterie sexuelle sont un secteur d’avenir.

(Depuis la Noël 2022, tout Espagnol peut « changer de genre » à sa guise à partir de 16 ans. Désormais c’est à partir de la maternelle. Et il est interdit de faire la moindre objection.)

Mesquinerie vaticane

Au Texas, dans le diocèse de San Angelo, le P. Ryan Rojo exprime publiquement toute sa gratitude au pape et au dicastère pour le culte divin de prolonger de deux ans la permission de célébrer la messe traditionnelle dans l’église de la paroisse Sainte-Marguerite de San Angelo, par dérogation exceptionnelle au motu proprio Traditionis custodes. C’est la seule messe traditionnelle du diocèse.

L’évêque le confirme, et précise :

« Comme auparavant, l’octroi de cette dispense repose sur un effort continu visant à promouvoir la pleine appréciation et l’acceptation des livres liturgiques renouvelés par le décret du Concile Vatican II et promulgués par les papes Saint Paul VI et Saint Jean-Paul II. »

En bref, vous continuez à pouvoir bénéficier de la messe traditionnelle (seulement d’une messe le dimanche et d’une messe le jeudi, à l’exclusion de toute autre célébration liturgique et tout autre sacrement) pendant deux ans, à condition de faire la promotion pleine et entière de la néo-liturgie dont vous ne voulez pas…

On peut supposer qu’à force d’en faire la promotion, les fidèles auront compris dans deux ans qu’ils veulent désormais cette messe-là.

La décision du dicastère laisse entendre que Traditionis custodes sera toujours en vigueur dans deux ans. Mais qu’il se passera peut-être quelque chose dans deux ans, parce qu’on ne voit pas pourquoi la prolongation arbitraire de deux ans ne serait pas d’un an ou de trois ans.

Alors la messe traditionnelle sera complètement interdite ? Ou bien Traditionis custodes sera abrogé ?

Wait and see, comme on dit chez le pape.

On aura une pensée pour les fidèles du diocèse de Detroit, ou la dérogation n’a pas été prolongée, et où la messe traditionnelle disparaît, à partir de ce 1er juillet, de la dizaine de paroisses où elle était célébrée.

Le précieux Sang

Introït

Redemísti nos,Dómine, in sánguine tuo, ex omni tribu et lingua et pópulo et natióne : et fecísti nos Deo nostro regnum.
Misericórdias Dómini in ætérnum cantábo : in generatiónem et generatiónem annuntiábo veritátem tuam in ore meo.

Vous nous avez rachetés, Seigneur, par votre Sang, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation : et vous nous avez fait royaume pour notre Dieu.
Les miséricordes du Seigneur éternellement je les chanterai : de génération en génération j’annoncerai votre vérité par ma bouche.

C’est, comme l’indique l’Apocalypse, le chant des saints au ciel, le chant qui continue de résonner pour toute l’éternité. Et seule l’éternité suffira pour rendre grâce pour notre rédemption par le sang du Christ, pour notre gracieuse vocation à être membres du royaume du Christ. Ce chant a célébré l’avènement de chaque âme humaine au milieu des saints, et a été repris par tous ceux qui, de toutes tribus, langues, peuples et nations, ont atteint la Jérusalem céleste. Aussi inefficaces et faibles que puissent être nos chants et notre gratitude sur terre, il est réconfortant de savoir que ce même chant est rendu avec la plus grande perfection par les saints dans le ciel. Notre but doit être de tendre vers l’idéal de ce chœur de chanteurs célestes, de devenir des sujets aussi fidèles et persévérants du roi céleste qu’ils le sont.

Dom Johner