Sur saint Lin on a le témoignage de saint Irénée, et pas grand-chose de plus.
On fait mémoire de sainte Thècle. Voir ici, et là.
Le martyrologe évoque aussi saint Constance, « mansionnaire » (sacristain) de l’église Saint-Etienne d’Ancône. Saint Grégoire le Grand en parle dans ses Dialogues (I, 5) :
Il y avait près de la ville d’Ancône une église du bienheureux martyr Etienne, à laquelle était attaché par office un homme vénérable nommé Constance ; le bruit de sa sainteté s’était répandu au loin. Plein de mépris pour les intérêts de la terre, il aspirait de tout son cœur aux seuls biens célestes. Un jour que l’huile manquait à l’église, et que le serviteur de Dieu n’avait absolument rien pour alimenter les lampes, il les remplit d’eau, y mit des mèches à l’ordinaire, puis il les alluma, et l’eau brûla dans les lampes absolument comme si c’eût été de l’huile. Considérez, mon cher Pierre, le mérite d’un homme qui, dans une nécessité extrême, a changé la nature d’un élément. (…)
Comme le bruit de sa sainteté avait retenti au loin, bien des personnes de diverses provinces désiraient ardemment de le voir. Un jour un paysan vint d’une contrée lointaine pour jouir de ce spectacle. A la même heure, le saint homme, monté sur un gradin de bois, s’occupait à raccommoder les lampes. Il avait une fort petite taille, un physique grêle et misérable. La personne qui était venue le voir cherchait à le reconnaître, et demandait instamment qu’on voulût bien le lui montrer. Ceux qui le connaissaient lui rendirent ce service. Mais comme les insensés jugent du mérite d’après les qualités extérieures, le villageois, à la vue d’un petit homme sans apparence, ne put se persuader que ce fût véritablement lui. La renommée et la vue d’un tel objet engageaient une sorte de lutte dans l’esprit du manant. Il ne pouvait s’imaginer que celui dont l’opinion lui avait tellement prôné la grandeur fût en réalité si petit à ses yeux. Sur de nombreuses assertions que c’était bien Constance lui-même, il le méprisa et le tourna en ridicule, en s’écriant : « J’ai cru, moi, que c’était un grand homme, et celui-là n’a rien de l’homme ! » A ces mots, le serviteur de Dieu quitte les lampes qu’il répare, descend avec un joyeux empressement, se jette, dans l’excès de sa charité, au cou du paysan, le serre étroitement dans ses bras, le couvre de baisers, et le remercie avec effusion de ce qu’il a si bien jugé de sa personne. « Vous êtes, lui dit-il, le seul qui ayez sur moi les yeux ouverts. » Jugez par là de l’humilité d’un homme qui paie par un surcroît de charité le mépris dont il est l’objet ! Les outrages que nous essuyons révèlent les sentiments de nos cœurs. Ordinairement l’orgueil se complaît dans les honneurs, et l’homme humble dans son propre mépris. Est-il méprisable aux yeux des autres, il se réjouit de voir leur jugement confirmer ses propres pensées.
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Il est remarquable que le miracle de la lampe s’est reproduit en 1875 au Liban. Le P. Charbel voulait prendre la suite de l’ermite qui venait de mourir. Le père abbé hésitait. Pour le mettre à l’épreuve il lui confie un travail « urgent ». Le P. Charbel s’y met aussitôt, mais voici la nuit qui arrive. Il demande aux serviteurs de mettre de l’huile dans sa lampe. Pour lui faire une farce et voir sa réaction, ils mettent de l’eau à la place de l’huile. Mais le P. Charbel allume sa lampe normalement, et elle continue de briller. Le serviteur qui avait mis l’eau court trouver le père abbé et confesse ce qu’il a fait. Le père abbé va inspecter la lampe, et il n’y a effectivement aucune trace d’huile. Alors il comprend qu’il doit laisser saint Charbel devenir ermite.
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D’où tirez-vous l’extrait sur le P. Charbel ? Parler de « faire une farce » paraît léger, même si la Providence est là claire.
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C’est dans toutes les biographies, même les plus brèves, de saint Charbel.
Objectivement il s’agit d’une farce. Quoi d’autre ?
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