Le Bon Pasteur

Des archéologues turcs ont découvert dans la nécropole Hisardere à Iznik (Nicée) un tombeau paléochrétien du IIIe siècle couvert de fresques remarquablement conservées. Celle du mur nord, au-dessus de la pierre où l’on déposait le corps, est une effigie du Bon Pasteur, le premier trouvé en Anatolie.

Un beau cadeau d’anniversaire du concile…

Sainte Lucie

L’un des apolytikia possibles de sainte Lucie, par Grigorios Karalis, curé de l’église de Notre-Dame des myrtes, au Pirée, et professeur de musique byzantine.

Σικελίας τὸ κλέος, ᾽Εκκλησίας ἀγλάϊσμα, καὶ τῆς οἰκουμένης ἁπάσης τὸ στερρότατον ἔρεισμα, Λουκίαν ὑμνήσωμεν πιστοί, ὡς Μάρτυρα Χριστοῦ τὴν θαυμαστήν, παρθενίᾳ κοσμουμένην καὶ ἀρετῶν χαρίσμασι διαλάμπουσαν. Δόξα τῷ ἐνισχύσαντι αὐτήν, Δόξα Χριστῷ τῷ στερρώσαντι. Δόξα τῷ δωρουμένῳ τοῖς πιστοῖς στέφος τὸ ἄφθαρτον.

Gloire de la Sicile, éclat de l’Église et pilier solide soutenant le monde entier, louons Lucie, ô fidèles, l’admirable martyre du Christ, parée de virginité et brillant des dons de la vertu. Gloire à Celui qui lui a donné la force, gloire au Christ qui l’a affermie, gloire à Celui qui fait présent aux fidèles d’une couronne impérissable.

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ERRATUM. Comme me le fait remarquer un lecteur, la fête de sainte Lucie est le 13 décembre dans le calendrier romain. C’est aussi le cas dans le calendrier byzantin. Je pense que la raison de mon erreur est qu’avant-hier à prime j’ai tourné deux pages du martyrologe au lieu d’une…

Ubukraine

Une audience dans le procès visant à mettre fin aux activités de la métropole orthodoxe de Kiev devait avoir lieu aujourd’hui à la sixième cour d’appel de la capitale. Mais elle a été reportée sine die. Les pièces ont été transmises à la Cour de cassation et on ne sait pas quand elles seront retournées à la cour d’appel. (Parmi ces pièces plus de 7.000 demandes de fidèles estimant que l’interdiction de la métropole de Kiev violerait leurs droits de citoyens et de croyants.)

Rappelons que la 30 septembre l’audience n’avait pu avoir lieu parce que le juge était malade, et que le 30 octobre des questions de procédure avaient seulement été examinées.

Il est très fréquent que les audiences soient ainsi repoussées sans cesse dans les procès intentés aux évêques orthodoxes. Il semble que la justice ukrainienne renâcle à interdire l’Eglise.

Pourtant, la loi qui interdit l’Eglise orthodoxe ukrainienne et oblige ses entités à « couper leurs liens avec l’Eglise orthodoxe russe » dans les neuf mois a été votée le 17 août 2024 et promulguée par Zelensky le 24.

Lequel Zelensky avait promis que l’Eglise orthodoxe ukrainienne n’existerait plus à la fin de 2023…

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Ces atermoiements ne sont pas sans graves conséquences pour les évêques en « détention provisoire ». Celle du métropolite Arsène, abbé de Sviatogorsk, a été prolongée de trois mois supplémentaires, alors qu’il est gravement malade. Il est en prison depuis le 24 avril 2024. Depuis bientôt 20 mois. De façon évidemment illégale.

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Carte postale de 1916.

Le chef de l’Eglise du pouvoir ukrainien Serge Doumenko, dit « métropolite Epiphane », a présidé un office en la cathédrale de la Résurrection de Rivne pour célébrer son 130e anniversaire. Dans son sermon il n’a pas fait la moindre allusion au fait que c’est une cathédrale… russe.

Le tsar Alexandre III avait fait de Rivne (Rovno, en russe) sa résidence temporaire lors de grandes manœuvres dans la région. Le 30 août, jour de sa fête, il avait posé la première pierre de la cathédrale, qui fut consacrée en 1895. Une chapelle dédiée à saint Alexandre Nevski fut également consacrée, et une confrérie « Alexandre-Nicolas » fut créée en mémoire de la pose de la première pierre par le tsar Alexandre et le tsarévitch Nicolas. (L’église inférieure, dédiée à saint Michel, est toujours la cathédrale de l’Eglise orthodoxe ukrainienne.)

La dictature LGBT en France

Le gynécologue de Pau qui avait refusé d’examiner un jeune homme qui prétendait être une femme a été condamné pour outrage sexiste, mais relaxé pour discrimination.

Alors… le procureur a décidé de faire appel. Le gynécologue doit être condamné pour discrimination parce qu’il prétend ne soigner que les femmes.

Le procureur de Pau s’appelle Rodolphe Jarry. C’est sans doute pourquoi il tente d’écrire une suite à Ubu…

L’abeille et l’éléphant

Dans une longue interview où il répète « Nous sommes forts », le ministre estonien de la Défense, Hanno Pevkur, explique comment l’Estonie va gagner la guerre contre la Russie qui va bientôt l’attaquer. Et il a cette phrase plus ridicule que poétique :

« Face à la Russie de Poutine, l’Estonie sera une petite abeille capable de paralyser un éléphant. »

Ces Baltes délirent de plus en plus. Les éléphants craignent les abeilles parce que s’ils marchent sur un essaim ils peuvent être gravement attaqués aux yeux. Mais il est évident qu’une seule abeille ne peut pas faire peur à un éléphant, encore moins le paralyser.

Mais il y a pire dans cette interview :

« Les personnes issues de familles russophones voient clairement les avantages de vivre en Estonie, dans une société libre, avec la possibilité de voyager librement et de nombreuses autres libertés. Je n’ai jamais vu aucune d’entre elles retourner en Russie — elles veulent toujours vivre dans une Europe libre. »

Depuis le 25 mars dernier les Russes résidant dans le pays depuis toujours n’ont plus le droit de vote. Décision prise une semaine après l’élection présidentielle russe, quand le ministre de la Justice de Lettonie avait prévenu que les citoyens russes qui participeraient à la présidentielle russe seraient incriminés pour soutien à un « pays agresseur », ce qui pourrait leur valoir la révocation de leur permis de séjour, ainsi qu’une amende ou jusqu’à six ans de prison.

Le site internet du gouvernement a supprimé ses pages en russe (plus de 30% de la population est russophone).

Le Parlement estonien a voté l’interdiction de l’Eglise orthodoxe après l’avoir obligée à changer de nom…

Il est interdit aux jeunes Estoniens de participer à tout événement en Russie. Ce qui empêche les jeunes de Narva (ville à 90% russophone) de s’inscrire dans les universités de Saint-Pétersbourg, ville plus proche que la capitale estonienne.

Bien sûr il est faux qu’aucune famille russophone ait quitté le pays pour la Russie. Le ministère russe faisait état de 87 demandes en août dernier. S’il n’y en a pas davantage c’est parce qu’il n’est pas facile de prendre la décision de quitter son pays et d’aller vers l’inconnu.

Surtout, quelque 3.000 enseignants ont été chassés de leur poste parce qu’ils enseignaient en russe à des enfants russophones, plusieurs dizaines de policiers ont été révoqués parce qu’ils avaient échoué à l’examen de langue estonienne alors qu’ils travaillaient dans des endroits russophones, et parmi les personnes expulsées du pays pour avoir échoué à l’examen il y avait une vieille femme quasiment aveugle…

Telle est la « société libre » de Hanno Pevkur, éphémère larbin de sa dictature.