Kirill Dmitriev, PDG du Fonds d’investissement russe, et devenu l’un des principaux négociateurs de Poutine dans le conflit ukrainien (il était à Anchorage où il a rencontré un ours : bon présage, avait-il dit en publiant la vidéo), a publié sur Instagram la fameuse photo en noir et blanc de Trump et Zelensky devant la carte de l’Ukraine qui trônait hier dans le bureau ovale pour bien montrer ce que les Russes contrôlent, et la même photo façon Simpson… « Quelle photo est la meilleure ? »
Sur cette vidéo on voit Zelensky en 2014. A cette époque il ne parle que russe et il a joué dans six films en russe dont deux produits en Russie. Le dernier peu avant ce discours. « Nous lisons les mêmes livres », disait-il. En 2023 il s’est vanté d’avoir détruit 11 millions de livres pour la seule raison qu’ils étaient écrits en russe. A l’époque il voulait que tout le monde parle russe, aujourd’hui la langue russe est interdite dans l’espace public…
« Je ne vais pas être populiste, donc je veux vous dire que je ne suis pas un de ces camarades qui disent : bon, si vous le demandez, je vais faire de la politique. Je ne crois pas être digne de cet honneur, je ne crois pas que je sois assez sage pour avoir cette position. Je pense que ce pays mérite un candidat sérieux.
« Un point très important : je veux que nous parlions tous exactement la même langue, celle que nous parlons maintenant. Exactement la même langue, pour nous comprendre les uns les autres.
« Vous comprenez que nous ne pouvons pas être contre le peuple russe : par principe, parce que nous sommes un seul et même peuple. Je me suis consacré depuis longtemps à cela. C’est important. Notre position est que nous sommes ukrainiens, nous vivons ici. Comprenez-vous ? Ceci est notre pays. Nous aimons le peuple russe. La nation russe, plus précisément, sa multinationalité. Comprenez-vous ? Nous les respectons beaucoup. Nous avons des milliers de collègues que nous respectons, il y a de grands acteurs en Russie, dont nous ne sommes pas dignes aujourd’hui. Je crois que nous n’avons pas encore atteint ce niveau. Comment pourrions-nous ne pas les aimer ? Nous ne sommes pas idiots, nous sommes des gens convenables, nous lisons les mêmes livres, comment aurions-nous cette stupidité ? »
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Le 17 août, lors d’un match de ligue 1 de football féminin dans la région de Kiev, l’arbitre Anastasia Romanyouk a délivré un carton jaune à une joueuse d’Odessa, Irina Maiborodina, pour la seule raison qu’elle avait parlé russe (la langue qu’on parle à Odessa).
« Nous ne parlons pas la langue de la Russie ici. C’est le championnat d’Ukraine », a-t-elle crié de façon à être entendue par tout le stade, et elle a été applaudie.
Au fond c’est un bon résumé de la discussion hier soir entre Donald Trump et les minables dirigeants européens venus se faire prendre une claque dans le bureau ovale. Echange surréaliste entre la présidente de la Commission européenne qui reprend le mythe des enfants ukrainiens kidnappés par Poutine, et le président des Etats-Unis qui lui ferme le clapet parce qu’on n’est pas là pour ça, et en profite pour lui rappeler avec une ironie cinglante que dans les rapports avec l’Europe c’est lui qui fixe les conditions…
Ursule à Trump :
— Chaque enfant doit retourner dans sa famille. Cela doit être l’une de nos principales priorités dans ces négociations.
Trump à Ursule :
— J’étais en train de penser que nous étions ici pour une autre raison, mais il y a quelques semaines, nous avons conclu le plus grand accord commercial de l’histoire. Félicitations.