Les guerres d’Ubu

Dans une interview à Bild, le commandant en chef des forces de l’OTAN en Europe, Alexus Grinkevich, déclare que les Occidentaux n’ont que 18 mois pour se préparer à une double frappe simultanée : des frappes coordonnées de la Chine à Taïwan et de la Russie en Europe occidentale.

Bild ajoute que l’inquiétude grandit dans les cercles gouvernementaux allemands : « le scénario d’une attaque russe contre un petit État membre de l’OTAN n’est pas exclu ».

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Le général Chris Donahue, commandant en chef de l’Armée américaine Europe-Afrique, affirme que l’OTAN pourrait conquérir rapidement Kaliningrad.

On ne savait pas que l’OTAN était une force de conquête…

Après avoir fait le compte de ce que l’OTAN peut envoyer rapidement à Kaliningrad et de ce qui les attend sur place, un observateur conclut :

Ou bien Donahue bluffe ou bien il est idiot, et sons staff est incompétent : quelqu’un avec son niveau supposé d’expertise ne devrait même pas avoir besoin d’être briefé sur un dispositif militaire aussi élémentaire, et encore moins se tromper aussi lourdement sur les conclusions à en tirer. Quoi qu’il en soit, je suis sûr que le commandant russe à Kaliningrad a levé les yeux au ciel…

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La Revue nationale stratégique 2025 commence par un laïus de Macron affirmant que la « première constante » du « dérèglement du monde » est « la permanence d’une menace russe, aux frontières de l’Europe, une menace durable, qui s’organise, se prépare, et à laquelle nous devrons être capables de faire face à l’avenir. »

De ce fait, disent nos experts militaires, d’ici 2030, la France doit être « réarmée, matériellement et moralement, pour prévenir, faire face et gagner avec ses alliés une guerre majeure de haute intensité dans le voisinage de l’Europe».

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A jet continu il s’agit de propager la psychose de la guerre, sans aucune autre raison que de maintenir les peuples dans un état de peur constante et donc de soumission.

L’Eglise orthodoxe d’Estonie devant la CEDH

L’Église chrétienne orthodoxe estonienne (selon son nouveau nom) et le monastère de Pühtitsa ont saisi la Cour européenne des droits de l’homme contre la persécution dont ils sont victimes de la part des institutions du pays. Plus précisément contre la déclaration du Parlement estonien du 6 mai 2024, qui condamne le patriarcat de Moscou comme institution « soutenant l’agression de l’Ukraine par la Fédération de Russie », déclaration qui s’applique aussi, comme cela a été précisé ensuite, à l’Eglise orthodoxe estonienne.

Les avocats de l’Eglise orthodoxe sont heureux d’annoncer que la CEDH va se pencher sur la question :

« Après un examen préliminaire de l’affaire, la CEDH a non seulement déclaré les plaintes recevables, mais a également estimé qu’elles soulevaient des questions importantes relatives à l’interprétation et à l’application de la Convention, qui nécessitent un examen urgent. La Cour a classé ces plaintes dans la catégorie des affaires susceptibles d’avoir une importance publique importante (impact cases). La République d’Estonie a été invitée à présenter sa position sur l’affaire et à donner son avis sur la possibilité de conclure un accord à l’amiable. »

Mais en fait d’accord à l’amiable, la classe politique estonienne tente d’imposer l’interdiction pure et simple de l’Eglise orthodoxe. Une loi à laquelle le président a déjà mis deux fois son veto.

Au Pakistan, le chantage au blasphème

La Haute Cour d’Islamabad ordonne au gouvernement d’instituer une commission d’enquête spéciale sur le nombre croissant de chantage au « blasphème en ligne ».

Depuis des années, nombre de chrétiens, mais aussi de musulmans, se font piéger par des messages sur les réseaux sociaux sans voir qu’ils seront poursuivis par ceux qui les ont incités ou les ont récupérés : c’est la version moderne de l’accusation de blasphème (contre Mahomet, contre l’islam) portée par le voisin qui veut s’accaparer la boutique ou le terrain du chrétien. Mais cela donne lieu désormais à un « commerce du blasphème ». Un réseau criminel fait circuler des messages de blasphème sur les forums en ligne et réclame de l’argent pour ne pas porter plainte. Comme le blasphème contre Mahomet est puni de mort (il n’y a jamais eu d’exécution mais on peut passer jusqu’à dix ans en prison avant d’être blanchi… mais marqué à vie), les personnes visées paient.

Selon les observateurs, l’organisation à l’origine de ce phénomène est vaste et complexe, et comprend même des associations d’avocats chargés de surveiller les plateformes en ligne à la recherche de contenus blasphématoires…

« La Haute Cour a ordonné la création d’une commission dans les 30 prochains jours afin d’enquêter sur cette question. La commission devra présenter ses conclusions dans un délai de quatre mois. Cette directive donne de l’espoir aux familles touchées par ces accusations », souligne dans un entretien avec l’agence Fides l’avocat catholique Khalil Tahir Sandhu, engagé dans la défense des victimes d’accusations de blasphème. « Je pense que cette fois-ci, le gouvernement réagira positivement, je suis convaincu que la commission sera mise en place et qu’elle ira au fond de cette affaire, qui a pris des proportions très graves. La loi sur le blasphème au Pakistan, telle qu’elle est actuellement configurée, se prête à être instrumentalisée et manipulée, y compris par des organisations criminelles qui spéculent et détruisent la vie d’innocents. »

Non à la violation du secret de la confession

Le juge fédéral du district ouest de Washington, David Estudillo, donne raison aux évêques américains, qui contestaient la loi de l’Etat de Washington supprimant le secret de confession pour certains abus, et prévoyant pour les prêtres qui s’y opposeraient des amendes et des peines de prison.

Le juge a rejeté les arguments de l’Etat de Washington, qui osait avancer que les évêques n’avaient pas encore qualité pour agir puisqu’aucun prêtre n’avait encore été inculpé…

« Il ne fait aucun doute que le projet de loi SB 5375 porte atteinte à la liberté de religion des plaignants », a conclu le juge, et la loi est donc bloquée alors qu’elle devait entrer en vigueur le 27 juillet.

Ce n’est que la première étape de la bataille juridique, mais elle est de bon augure. D’autant que le juge Estudillo n’a pas été nommé par Trump, comme on pouvait le penser, mais par Biden.

Pologne anti-chrétienne : le retour

Le gouvernement polonais de l’eurocrate Donald Tusk retrouve des accents antichrétiens des grandes années staliniennes. Une illustration de plus du rapport entre l’UE et l’URSS. Ubu en plus.

Il vient en effet de remettre au Saint-Siège une note diplomatique demandant que soient démis de leurs fonctions deux évêques polonais qui osent critiquer son action, et… qui ne sont plus en fonction.

Le document exprime « une profonde indignation » face aux propos de Mgr Antoni Długosz et Mgr Wiesław Mering lors d’un pèlerinage à Czestochowa, qui « sapent les bonnes relations entre la Pologne et l’Allemagne, calomnient le gouvernement et manifestent un soutien clair aux groupes nationalistes ».

Ces deux évêques à la retraite ont osé critiquer la politique d’immigration du gouvernement, qui ne réagit pas alors que « la police allemande jette les immigrants illégaux à travers la frontière comme des objets », et ont apporté leur soutien aux « patrouilles citoyennes » qui surveillent la frontière.

Mgr Długosz a dit notamment :

« Nous, les Polonais, savons ce qu’est la miséricorde, et cela ne signifie pas que nous devons ouvrir nos portes à tous les immigrants illégaux. Cela crée de graves problèmes dans les pays où ils arrivent. Depuis des décennies, l’islamisation de l’Europe progresse grâce à l’immigration massive. Ce dont nous sommes témoins aujourd’hui en Pologne n’est que le début. Cela a commencé de la même manière en Occident. »

Et d’ajouter : « La Pologne est désormais dirigée par des gangsters politiques », utilisant le mot même par lequel Tusk désignait les membres de l’ancien gouvernement.

Mgr Mering a tenu des propos semblables, et a dit aussi que « les écoles sont détruites par la barbarie » parce que le gouvernement « supprime les contenus patriotiques et nationaux ».

A la fin de sa longue lettre, l’ambassadeur exige des conséquences « appropriées » afin que « des déclarations similaires, malheureuses, fausses et injustifiées ne soient plus prononcées dans le discours public à l’avenir et ne ternissent pas la bonne réputation de l’Église catholique ». Et il rappelle que le concordat inclut l’obligation de supporter les conséquences des actions des évêques dénoncés par le gouvernement, « y compris leur révocation s’ils dépassent les limites des bonnes relations ou violent les principes décrits dans le concordat ».

Le moins qu’on puisse dire est que le gouvernement Tusk dépasse les bornes. On attend avec intérêt la réponse du Saint-Siège…