Ursule enfin contestée ?

Ce n’est qu’un article de journal, mais de l’ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire politique de Zurich Die Weltwoche, Philip Gut. Il s’appuie sur des témoignages, évidemment anonymes, de hauts fonctionnaires de l’UE, et cela paraît plutôt crédible. D’autant que la description de la situation est pertinente.

Une féminité toxique à la tête de l’UE : Ursula von der Leyen
devient un boulet. Des diplomates réclament son départ

La politique de l’UE est manifestement en crise. À l’ouest, le conflit commercial avec les États-Unis, à l’est, le conflit ukrainien et une confrontation exacerbée avec la Russie – les sanctions elles aussi sont une forme de guerre commerciale –, sans oublier une lutte d’influence persistante et peu réjouissante pour le continent avec l’Empire du Milieu.

À l’intérieur : désaccords, divisions, harcèlement constant d’un État membre comme la Hongrie, qui insiste sur sa souveraineté et ses droits démocratiques de participation. Une Giorgia Meloni qui se détache du camp anti-Trump et flirte avec le président américain. Des tensions également avec la Suisse rebelle.

Le poisson pourrit par la tête, comme on dit sans ménagement. La tête de l’UE est incarnée par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

Un exemple actuel : quand Trump dit « deal », elle dit « no deal ». Dans le processus de paix pour l’Ukraine, l’UE se coupe elle-même l’herbe sous le pied.

Tout cela a bien sûr une histoire, qui ne plaide pas non plus en faveur des talents diplomatiques et du format de femme d’État de von der Leyen. Elle s’est immiscée dans la campagne électorale américaine et s’est résolument rangée du côté de Biden. Une erreur qui a des conséquences.

Sur le plan économique, la situation n’est pas non plus très rose, et la confrontation volontaire avec Trump n’aide certainement pas dans le conflit commercial. À cela s’ajoutent les tendances vers un État d’hypersurveillance et des difficultés persistantes avec la démocratie. Des diplomates de l’UE menacent ouvertement de retirer son droit de vote à la Hongrie.

On se souvient également de ses magouilles autour du coronavirus, de ses messages secrets, de son refus de faire preuve de transparence sur les accords conclus en coulisses.

En bref, l’UE est dans un état déplorable. Dans n’importe quel État normal, on se demanderait si les dirigeants sont encore à la hauteur.

Mais l’UE n’est pas un État, et encore moins un État normal. Néanmoins, dans les cercles diplomatiques, on dit que les hauts fonctionnaires de l’UE considèrent de plus en plus von der Leyen comme toxique. Une démission pourrait débloquer beaucoup de choses.

Un russophobe pathologique

Jean-François Colosimo est le directeur (orthodoxe) des éditions (dominicaines) du Cerf. Il sévit à l’occasion sur l’une de nos principales chaînes de désinformation : LCI. Quand c’est pour parler du pape, il est « théologien ». Quand c’est pour parler de la la Russie, il est « historien ». On connaît depuis longtemps sa russophobie aiguë, mais là il vient de se surpasser, en expliquant ce qu’il faudra faire quand on se sera enfin débarrassé de Poutine :

« Il faudra réparer les Russes, quasiment, je dirai, ouvrir la tête de chacun, de chacune d’entre eux, pour aller farfouiller dans ces cerveaux et les remettre en ordre. »

Voilà où en sont les donneurs de leçons de liberté et de démocratie.

Vatican mondain

Zelensky n’est plus président de l’Ukraine depuis un an, selon la Constitution du pays, mais il est toujours reçu comme un des maîtres du monde, voire comme le « leader du monde libre ». Il en est ainsi même au Vatican, au point de violer ce qui fut le vénérable protocole diplomatique du Saint-Siège.

On sait que jusqu’à François la langue diplomatique du Saint-Siège était le français. François a mis la langue française aussi à la poubelle. Toutefois il a oublié de changer le protocole. Ainsi, quand il y a une grande cérémonie avec des dirigeants du monde entier, ceux-ci sont placés dans l’ordre alphabétique des pays selon leurs noms français. Sur la photo on reconnaît immédiatement Donald Trump : Etats-Unis d’Amérique. A sa droite le président d’Estonie (qui cache le roi d’Espagne). Puis les représentants de la France, du Gabon, de la Géorgie, de la Hongrie, de l’Inde.

Mais Zelensky, Ukraine, se trouvait entre les représentants de l’Inde et de l’Irlande…

Interrogé sur cette anomalie, le porte-parole du Saint-Siège Matteo Bruni a répondu : « Je crois qu’ils ont attribué une place vacante. » Sic.

C’est que si l’Ukraine avait été à sa place Zelensky aurait été au deuxième, voire au troisième rang, ce qui ne sied pas au « leader du monde libre ».

La fausse humilité jusque dans la mort

Lu sur Rorate Caeli

Le prix de l’humilité : la destruction d’une porte importante
datant du début du XVIIe siècle à Sainte-Marie-Majeure

Il faut beaucoup de destruction pour cadrer avec l’humilité. L’humilité performative, bien sûr.

Alors qu’il y a tant de cryptes et d’endroits modestes où être enterré à Rome, le pape le plus humble qui ait jamais existé, peut-être l’un des hommes les plus humbles qui aient jamais foulé cette terre, a fait détruire une porte importante et magnifique, avec toutes les pierres précieuses incrustées, afin d’y installer son humble tombeau gigantesque.

Le magnifique passage en matériaux anciens, datant du pontificat de Paul V Borghese (1605-1621) – grand mécène de la beauté qui, entre autres œuvres, a apporté la touche finale à la basilique Saint-Pierre – a été remplacé par une boîte ayant tout le charme des toilettes d’un aéroport moderne.

Quoi qu’il en soit, la fausse humilité a un prix. Elle est très, très coûteuse et destructrice.

Saint Paul de la Croix

Cet apôtre des temps modernes, puissant en œuvres et en paroles, et qui renouvela dans ses prédications les prodiges des premières années de l’Église, passa au Seigneur le 18 octobre 1775, et fut enseveli dans le Titre de Pammachius où, aujourd’hui, l’on célèbre sa fête solennelle. Toutefois comme le 18 octobre est consacré à saint Luc, Pie IX décréta que la mémoire de saint Paul de la Croix serait célébrée dans toute l’Église à la date du 28 avril. C’était en 1869, époque où la tradition liturgique romaine était peu étudiée, et, dans la pratique, était négligée. Et c’est ainsi que la messe de saint Vital, que portent tous les anciens documents, et qui appartient vraiment au fond liturgique traditionnel de la Ville éternelle, disparut ; on ne conserva que sa commémoraison.

La messe de saint Paul, considérée sous le rapport de sa composition, a tous les mérites et tous les défauts des messes modernes. Son rédacteur n’a tenu aucun compte du caractère musical et psalmodique des antiennes et des répons de l’introït, de l’offertoire, etc., toutes choses qu’il ignorait probablement. Il a donc glané tout simplement, dans les épîtres de saint Paul et de saint Pierre, des textes relatifs à Jésus Crucifié, et il les a habilement disposés, à la manière d’une mosaïque, dans sa composition. C’est ainsi que dans le graduel on va de la lettre aux fidèles de Galatie à celle aux Corinthiens, de celle-ci à la secunda Petri ; dans le Trait, on va de Pierre aux Corinthiens, puis aux Hébreux, oubliant totalement qu’il s’agit de parties liturgiques rythmiques et musicales de leur nature. En compensation, la composition respire l’amour et excite à la dévotion envers la Passion du Sauveur.

Bienheureux cardinal Schuster

• Sur sa vocation et sa tunique (selon lui-même), voir ici.