Saint Vincent

Retable de saint Vincent, par Bernat Martorell, XVe siècle, Barcelone.

A quoi aboutissaient tant de tortures, sinon à nous rendre ce martyr plus illustre? En effet, malgré le nombre et la profondeur de ses horribles blessures, loin d’abandonner le combat, il y redoublait d’ardeur. On aurait dit que la flamme le durcissait au lieu de le brûler, semblable au vase d’argile qui perd toute sa mollesse dans la fournaise du potier, et qui y prend une ferme consistance. Généreux martyr, il pouvait dire à Dacien : Si ton feu ne consume pas mon corps, c’est que « ma force s’est durcie comme l’argile » ; c’est qu’il est dit avec vérité dans l’Ecriture : « La fournaise éprouve les vases du potier, et la tribulation éprouve les hommes justes. » Mais le feu qui épura et qui durcit Vincent, brûla et fit éclater Dacien. S’il ne brûlait pas, pourquoi tous ses cris?  Ses paroles de colère n’étaient-elles pas comme la fumée de ce tison enflammé ? Sans doute, il environnait de flammes le corps de ce martyr, dont le cœur était arrosé d’une onde rafraîchissante ; mais, comme si les torches de la fureur l’eussent mis en feu lui-même, il brûlait comme un four ardent et embrasait en même temps le diable qui habitait en lui. N’était-ce pas en effet cet hôte cruel qui se montrait dans les cris furibonds de Dacien, dans son regard terrible, dans son air menaçant, dans les mouvements de tout son corps ? Ces signes extérieurs n’étaient-ils pas comme les ouvertures que faisait en éclatant le vase rempli par le démon et à travers lesquelles on le voyait distinctement ? Ah ! le martyr souffrait moins sous le poids des tourments, que le bourreau sous le fouet de sa propre rage.

Cependant, mes frères, tout cela est passé, la fureur de Dacien comme les souffrances de Vincent ; avec cette différence, toutefois, que pour toujours Dacien est dans les supplices, tandis que Vincent est couronné pour toujours. De plus, indépendamment de cette différence dans le sort éternel qu’ils ont mérité l’un et l’autre, considérons combien est brillante, dans cette vie même, la gloire des martyrs. Partout où s’étend l’empire romain, partout où est connu le nom chrétien, quel est le pays, quelle est la province qui ne célèbre avec joie la naissance au ciel de Vincent ? Et s’il n’avait lu le martyre de Vincent, qui connaîtrait au contraire le nom même de Dacien ?

Si le Seigneur a pris tant de soin du corps même de son martyr, n’était-ce pas pour montrer que lui-même avait dirigé pendant sa vie cet homme qu’il n’abandonna point après sa mort ? Vincent donc a vaincu Dacien et avant et après son trépas. Avant son trépas il a foulé aux pieds les tortures, après sa mort il a traversé les mers ; mais il a eu pour diriger au milieu des flots ses membres inanimés la main qui l’a rendu invincible sous les ongles de fer. Le bourreau avec ses feux n’avait pu amollir son courage ; la mer ne put avec ses eaux submerger son corps. Que voir ici et dans les autres événements de même nature, sinon que « la mort de ses élus est précieuse devant le Seigneur ».

Saint Augustin, sermon 276, 3-4.

Indigne CEDH

Le candidat à la présidence roumaine Calin Georgescu, arrivé en tête du premier tour, avait saisi la Cour européenne des droits de l’homme le 2 janvier pour que la Cour oblige le gouvernement roumain à organiser le second tour, annulé deux jours avant le scrutin.

La CEDH répond qu’elle « ne prononce des mesures provisoires qu’en présence d’un risque imminent d’atteinte irréparable à l’un des droits protégés par la Convention », et que « de telles mesures ne peuvent d’ailleurs être adoptées que dans des circonstances exceptionnelles ».

Car pour la CEDH, le fait qu’un gouvernement annule des élections parce que ce n’est pas le « bon » candidat qui est arrivé en tête, ce n’est pas une atteinte irréparable aux droits des électeurs, et ce n’est pas une circonstance exceptionnelle… C’est donc que cela va pouvoir se reproduire partout… Sauf si on interdit au préalable le parti du mauvais candidat, comme cela risque de se produire en Allemagne…

Tout le monde avait hurlé à l’ingérence russe. Il est aujourd’hui démontré qu’il n’y avait rien de tel, mais certains médias continuent de répéter la fable russophobe…

Il y a encore eu de grandes manifestations samedi et dimanche à Bucarest pour demander le second tour.

Le gouvernement a décidé d’organiser de nouvelles élections en mai, le temps de trouver le moyen d’éliminer « légalement » Calin Georgescu…

En Pologne !

Une pétition a été soumise au Parlement polonais, visant à interdire la confession sacramentelle aux mineurs, parce que c’est une violence psychologique. Le texte émanant d’un « artiste » provocateur en série, Rafał Betlejewski, n’a été signé que par 12.000 personnes, mais la commission parlementaire des pétitions est censée l’examiner. Naturellement elle sera rejetée, mais ce qui est étonnant est qu’elle existe, et qu’elle existe en Pologne. Car je n’avais jamais entendu parler d’une telle demande avant, notamment dans notre pays qui est normalement le plus laïcard…

Fin de la folie du genre aux Etats-Unis

Parmi les nombreux décrets signés par Donald Trump dès hier soir, il y a notamment le décret destiné à « protéger le peuple américain contre l’invasion », ce qui chez nous aurait suscité un énorme tollé, car il ne s’agit pas d’une guerre mais uniquement de l’immigration illégale (y compris l’expulsion de tous les clandestins), et celui qui vise à « défendre les femmes de l’extrémisme de l’idéologie du genre, et restaurer la vérité biologique au gouvernement fédéral ».

Quand on sait à quel point l’équipe de Biden promouvait l’idéologie du genre, et les trans y compris au Pentagone, et à quel point cette idéologie règne dans les campus universitaires et dans les médias et les réseaux sociaux (jusque sur les cartons des intervenants dans les conférences), c’est énorme.

Et le texte est dénué de toute ambiguïté.

Section 1. Objet. Dans tout le pays, les idéologues qui nient la réalité biologique du sexe ont de plus en plus recours à des moyens juridiques et autres moyens de coercition sociale pour permettre aux hommes de s’identifier comme des femmes et d’avoir accès à des espaces et activités intimes non mixtes conçus pour les femmes, qu’il s’agisse de refuges pour femmes victimes d’abus domestiques ou de douches pour femmes sur le lieu de travail. C’est une erreur. Les efforts visant à éradiquer la réalité biologique du sexe attaquent fondamentalement les femmes en les privant de leur dignité, de leur sécurité et de leur bien-être. L’effacement du sexe dans le langage et la politique a un impact corrosif non seulement sur les femmes, mais aussi sur la validité de l’ensemble du système américain. Fonder la politique fédérale sur la vérité est essentiel pour la recherche scientifique, la sécurité publique, le moral et la confiance dans le gouvernement lui-même.

Cette voie malsaine est caractérisée par une attaque permanente et délibérée contre l’utilisation et la compréhension ordinaires et de longue date des termes biologiques et scientifiques, remplaçant la réalité biologique immuable du sexe par un sentiment de soi interne, fluide et subjectif, sans lien avec les faits biologiques. L’invalidation de la catégorie réelle et biologique de « femme » transforme de manière inappropriée les lois et les politiques conçues pour protéger les opportunités fondées sur le sexe en des lois et des politiques qui les sapent, remplaçant des droits et des valeurs juridiques chères et de longue date par un concept social inchoatif fondé sur l’identité.

En conséquence, mon administration défendra les droits des femmes et protégera la liberté de conscience en utilisant un langage et des politiques clairs et précis qui reconnaissent que les femmes sont biologiquement des femmes et que les hommes sont biologiquement des hommes.

Sec. 2. Politique et définitions. La politique des États-Unis est de reconnaître deux sexes, l’homme et la femme. Ces sexes ne sont pas modifiables et sont ancrés dans une réalité fondamentale et incontestable. Sous ma direction, le pouvoir exécutif appliquera toutes les lois protégeant le sexe afin de promouvoir cette réalité, et les définitions suivantes régiront l’interprétation et l’application de la loi fédérale et de la politique de l’administration par le pouvoir exécutif :

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Sainte Agnès

Mosaïque de la basilique Saint-Apollinaire le Neuf, Ravenne, VIe siècle.

Les antiennes des matines :

Discéde a me, pábulum mortis, quia jam ab álio amatóre prævénta sum.

Éloignez-vous de moi, appât de mort, parce que déjà, j’ai été l’objet des prévenances d’un autre amant.

Déxteram meam et collum meum cinxit lapídibus pretiósis, trádidit áuribus meis inæstimábiles margarítas.

Il a entouré ma droite et mon cou de pierres précieuses ; il a fixé à mes oreilles des perles sans prix.

Pósuit signum in fáciem meam, ut nullum præter eum amatórem admíttam.

Il a mis un signe sur ma face, afin que je n’admette point d’autre amant que lui.

Induit me Dóminus, cýclade auro texta, et imménsis monílibus ornávit me.

Il m’a revêtue d’une robe tissée d’or, et m’a parée de bijoux magnifiques.

Mel et lac ex ejus ore suscépi, et sanguis ejus ornávit genas meas.

J’ai reçu de sa bouche le miel et le lait, et son sang a coloré mes joues.

Ipsi soli servo fidem, ipsi me tota devotióne commítto.

C’est à lui seul que je garde ma foi, à lui que je me livre en toute confiance.

Cujus pulchritúdinem sol et luna mirántur, ipsi soli servo fidem.

A celui dont le soleil et la lune admirent la beauté, à celui-là seul je garde ma foi.

Christus circúmdedit me vernántibus atque coruscántibus gemmis pretiósis.

Le Christ m’a entourée de pierres précieuses aux couleurs vives et brillantes.

Ipsi sum desponsáta, cui Angeli sérviunt, cujus pulchritúdinem sol et luna mirántur.

Je suis fiancée à celui-là même que servent les Anges et dont le soleil et la lune admirent la beauté.