2e dimanche après l’Epiphanie

Cathédrale de la Transfiguration, Tsalendjikha, Géorgie (XIVe siècle).

Aux laudes de l’Epiphanie, la liturgie chantait : « Aujourd’hui, l’Eglise s’est unie à l’Epoux céleste, qui l’a lavée de ses péchés dans le Jourdain, les Mages accourent avec leurs présents aux noces royales dont les convives se réjouissent de la transformation de l’eau en vin. Alléluia ! »

Hodie cælésti sponso juncta est Ecclésia, quóniam in Jordáne lavit Christus ejus crímina : currunt cum munéribus Magi ad regáles núptias, et ex aqua facto vino lætántur convívæ, allelúia !

Aux vêpres de l’Epiphanie, la liturgie chantait : « Nous honorons aujourd’hui un jour orné de trois miracles : aujourd’hui, l’étoile a conduit les Mages à la crèche ; aujourd’hui, l’eau est devenue du vin aux noces ; aujourd’hui, dans le Jourdain, le Christ a voulu être baptisé par Jean, pour nous sauver, alléluia. »

Tribus miráculis ornátum diem sanctum cólimus : hódie stella Magos duxit ad præsépium : hódie vinum ex aqua factum est ad núptias: hódie in Jordáne a Joánne Christus baptizári vóluit, ut salváret nos, allelúia.

Dom Guéranger a fait une belle paraphrase de ces textes :

« L’Etoile a conduit l’âme à la foi, l’Eau sanctifiée du Jourdain lui a conféré la pureté, le Festin Nuptial l’unit à son Dieu. Nous avons chanté l’Époux sortant radieux au-devant de l’Épouse ; nous l’avons entendu l’appeler des sommets du Liban ; maintenant qu’il l’a éclairée et purifiée, il veut l’enivrer du vin de son amour. »

L’évangile de ce dimanche est celui qui évoque le troisième des mystères de l’Epiphanie : les noces de Cana.

Il s’agit en effet d’une épiphanie, et l’évangéliste, saint Jean, l’a lui-même souligné, car il termine son récit en disant : « Tel fut, à Cana de Galilée, le premier des miracles que fit Jésus, et il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. »

Il manifesta sa gloire : c’est le sens même du mot épiphanie (le verbe grec est ἐφανέρωσεν, éphanérosen). La manifestation, ici, est celle de l’eau changée en vin. Elle se produit à l’intérieur de la matière. Cette manifestation est une transsubstantiation. Et ce premier miracle annonce directement le dernier miracle que fera Jésus avant sa mort et sa résurrection : quand il changera le vin en son sang.

C’est ce que souligne l’antienne de communion, car, tandis que les fidèles communient, la liturgie chante un texte composé de quatre extraits de l’évangile, mis bout à bout, qui sont un concentré du mystère.


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