Saint Taraise

Dans le martyrologe romain, il y aujourd’hui en troisième position « saint Taraise, évêque de Constantinople ». Et dans le calendrier byzantin c’est aujourd’hui la fête de saint Taraise.

Saint Taraise était le grand-oncle de Photius (saint Photius pour les orthodoxes). Il était le chef de la chancellerie impériale quand il fut élu patriarche de Constantinople. Il était laïc et on lui conféra tous les ordres en quelques jours. Le pape Adrien Ier fit remarquer à l’empereur que cela n’était pas conforme au droit canonique, mais il accepta le fait accompli.

74 ans plus tard, Photius, chef de la chancellerie impériale, est élu archevêque de Constantinople, exactement dans les mêmes conditions que son grand-oncle. Le pape Nicolas Ier convoque un concile qui conclut à la validité de la nomination. Le pape désavoue ses légats et convoque un autre concile, au Latran, qui condamne Photius et excommunie les légats… Le pape suivant convoque encore un concile à Rome qui condamne Photius et fait brûler solennellement les actes du premier concile. Puis la même année 869 un concile œcuménique se tient à Constantinople, qui condamne une nouvelle fois Photius, condamné à la relégation dans un monastère.

En 877 Photius est de nouveau élu patriarche de Constantinople. Le pape Jean VIII l’accepte et un nouveau concile œcuménique est convoqué à Constantinople en 879. Il réunit 383 évêques, contre une petite centaine pour le précédent. Photius est blanchi.

Mais par la suite l’Eglise de Rome reniera le concile de 879-880 et n’admettra que celui de 869. Dans l’histoire officielle romaine celui de 879-880 n’existe pas, alors même que des canonistes citeront des canons du « concile des 383 pères » pendant le moyen âge… Et à la fin du XVIe siècle on inventera même à Rome une seconde condamnation de Photius après le « faux concile » de 879…

Enfin, on fait croire que la dissidence de Photius est liée essentiellement au Filioque. Il n’en est rien. Pour la bonne raison que le Filioque ne sera ajouté au Credo de Rome qu’au XIe siècle. La question était disputée entre les théologiens francs et l’Eglise de Constantinople. Elle fut examinée finalement au concile de 879-880, à la demande de Photius, et l’on conclut qu’il fallait s’en tenir au texte du Credo. Celui que Léon III avait fait graver en latin et en grec sur deux plaques d’argent apposées à Saint-Pierre, munies de l’inscription : « Moi Léon, j’ai posé ces plaques par amour et pour la sauvegarde de la foi orthodoxe. »

Mercredi des quatre temps de carême

« Les Ninivites s’élèveront au jour du jugement contre ce peuple, et le condamneront, parce qu’ils ont fait pénitence à la prédication de Jonas, et cependant celui qui est ici est plus grand que Jonas. » Jonas était le serviteur, et moi le Maître. Il est sorti d’une baleine, et je sortirai vivant du tombeau. Il a annoncé à un peuple la ruine de sa ville, et moi je vous annonce le royaume des cieux. Les Ninivites ont cru sans aucun miracle. Et moi j’en ai fait un très grand nombre. Ils n’avaient reçu aucune instruction avant la prédication de ce prophète, et moi je vous ai instruits de toutes choses, et je vous ai découvert les secrets de la plus haute sagesse. Jonas est venu aux Ninivites comme un serviteur qui leur parlait de la part de son maître, et moi je suis venu en Maître et en Dieu. Je n’ai point menacé comme lui, je ne suis point venu pour vous juger, mais pour vous offrir à tous le pardon de vos péchés.

De plus ces Ninivites étaient un peuple barbare, au lieu que les Juifs avaient toujours entendu les prédications des prophètes. Personne n’avait prédit aux Ninivites la naissance de Jonas, et les prophètes avaient prédit de Jésus-Christ une infinité de choses, et les événements répondaient ponctuellement aux prophéties. Jonas prit la fuite, et voulut se dispenser de sa prédication, de peur d’être raillé des Ninivites ; et moi qui savais devoir être attaché en croix et moqué, je suis néanmoins venu. Jonas ne put souffrir d’être méprisé de ceux qu’il devait convertir, et moi je souffre pour eux la mort, et une mort honteuse, et je leur envoie encore après moi mes apôtres pour achever mon ouvrage. Enfin Jonas était un étranger inconnu aux Ninivites ; et moi je suis de la même race que les Juifs, et j’ai selon la chair les mêmes aïeux qu’eux. On pourrait trouver ainsi d’autres avantages de la prédication de Jésus-Christ sur celle de Jonas, si on s’arrêtait à les bien, considérer. Mais Jésus-Christ ne se contente pas de cet exemple. Il en joint aussitôt un autre.

« La reine du midi s’élèvera au jour du jugement contre ce peuple, et le condamnera, parce qu’elle est venue des extrémités de la terre, pour entendre la sagesse de Salomon, et cependant celui qui est ici est plus grand que Salomon. » Cet exemple est encore plus puissant que le premier. Car Jonas au moins alla trouver les Ninivites, mais la reine du midi n’attendit pas que Salomon la vînt trouver. Elle le prévint et le visita dans son royaume. Elle ne considéra ni son sexe, ni sa qualité d’étrangère, ni l’éloignement des lieux. Elle se résolut à ce long voyage, non par la terreur des menaces, ni par la crainte de la mort, mais par le seul amour de la sagesse : « Et cependant celui qui est ici est plus grand que Salomon. »

Là c’est une femme qui va trouver un roi ; ici au contraire c’est un Dieu qui cherche des hommes. Elle vient trouver Salomon des extrémités de la terre ; et moi, descendu du haut du ciel, je viens vous chercher dans vos bourgs et dans vos villes. Salomon discourait sur les arbres et sur les plantes, ce qui ne pouvait pas être fort utile à celle qui le venait chercher ; et moi je vous annonce des choses également terribles et salutaires.

Saint Jean Chrysostome, 43e homélie sur l’évangile de saint Matthieu.

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Moïse et Elie.

40 jours et 40 nuits.

Le signe de Jonas dans la liturgie byzantine.

Merz n’aime pas Pinocchio

Un retraité allemand qui avait appelé le chancelier Friedrich Merz Pinocchio sur Facebook – « Pinocchio vient à HN » (Heilbronn) – oui, c’est tout – fait l’objet d’une enquête en vertu de l’article 188 du code pénal qui criminalise les insultes contre les politiciens si elles sont jugées « préjudiciables à leur travail public », passibles de peines allant jusqu’à cinq ans de prison (selon la nouvelle loi de 2021).

Beatrix von Storch, vice-présidente de l’AfD, a écrit :

Cher ministère public, je m’approprie expressément cette affirmation et qualifie le chancelier de Pinocchio. Et maintenant, je voudrais voir si le ministère public enquête uniquement contre les retraités qui font ce genre de choses. Ou aussi contre les députés du Bundestag qui peuvent se défendre.

Voilà en tout cas une belle illustration de ce que dit Jean-Noël Barrot. Ce retraité est manifestement sous l’influence de l’internationale réactionnaire : il est urgent de mettre au pas les réseaux sociaux.

Addendum. Le parquet a classé l’affaire sans suite.

Ubu Barrot

Le pitoyable roquet apprenti dictateur Jean-Noël Barrot ce matin sur France Unfaux :

— Est-ce que cette internationale réactionnaire, pour reprendre votre expression, veut peser, arrive à peser, sur la présidentielle française ?

— J’ai le sentiment qu’elle tente de le faire, et je crois que notre responsabilité et de l’en empêcher. Et pour cela de reprendre le contrôle de notre espace public. Et cela passe par une mise au pas des réseaux sociaux, qui servent en quelque sorte de plateforme à un certain nombre de ces mouvements, de ces mouvances de l’internationale réactionnaire pour venir perturber le débat public et venir fragiliser l’intégrité de notre processus démocratique. Il faut bien comprendre que la démocratie repose sur un débat public intègre, vibrant, à la lumière de l’information produite par une presse pluraliste, indépendante, et libre, et que tout ce modèle, qui fait notre fierté et qui est un trésor national, est aujourd’hui menacé. Et c’est pourquoi les règles que nous avons édictées au niveau européen doivent être appliquées avec beaucoup de rigueur et beaucoup de fermeté par la Commission européenne pour protéger nos élections.

Toujours Viktor Orban

Sur Facebook :

Les Ukrainiens savent exactement ce qu’ils font. Ils veulent une pénurie de carburant et un prix de l’essence de 1000 florins en Hongrie dans les semaines avant les élections. Ils le font pour renverser notre gouvernement et le remplacer par un député favorable à Kiev.

Ça ne va pas marcher. Nous avons reconstitué nos réserves, sauvé le pays de la pénurie de carburant. Nous avons arrêté le prêt militaire ukrainien de 90 milliards d’euros et nous ne voterons aucune décision soutenant l’Ukraine à Bruxelles jusqu’à ce que le président Zelensky revienne à la raison.

Nous ne ferons pas le jeu du blocus pétrolier ukrainien, nous le briserons. Bruxelles et Kiev peuvent en être certains.