L’hymne des laudes au temps du carême, par deux dominicains alors étudiants à Fribourg. Traduction Pierre Corneille.
Jam Christe, sol justitiæ,
Mentis diescant tenebræ,
Virtutum ut lux redeat,
Terris diem cum reparas.
Jésus, vrai soleil de justice,
De l’âme ténébreuse éclaire enfin les yeux,
Et fais que des vertus la lumière propice
Y rentre en même temps que le jour en ces lieux.
Dans tempus acceptabile,
Et pœnitens cor tribue,
Convertat ut benignitas
Quos longa suffert pietas.
Nous donnant ces jours favorables,
Imprime au fond des cœurs un sacré repentir :
Ta pitié trop longtemps les a soufferts coupables ;
Par ta bénignité daigne les convertir.
Quiddamque pænitentiæ
Da ferre, quamvis gravium,
Majore tuo munere,
Quo demptio fit criminum.
Fais-nous par quelque pénitence
Obtenir le pardon des plus affreux péchés :
Plus elle sera rude, et plus de ta clémence
Nous bénirons la force et les trésors cachés.
Dies venit, dies tua,
In qua reflorent omnia :
Lætemur in hac ut tuam
Per hanc reducti gratiam.
Ce jour vient, ce jour salutaire
Où par tout l’univers tu fais tout refleurir :
Ramène en ce grand jour au chemin de te plaire
Ceux qu’à toi ce grand jour oblige à recourir.
Te rerum universitas,
Clemens adoret Trinitas ;
Et nos novi per veniam
Novum canamus canticum. Amen.
Qu’en tous lieux t’adore un vrai zèle,
Grand Dieu, dont la bonté nous tire du tombeau ;
Tandis que renaissants par ta grâce nouvelle,
Nous chantons à ta gloire un cantique nouveau.
*
Pour une vue d’ensemble de la messe de ce jour, voir ma note de l’an dernier.
Pour moi et les bénédictins c’est la fête de saint Grégoire le Grand.
C’est aussi le jour de la mi-carême. Pour les optimistes le verre de la potion amère du carême est déjà à moitié vide, pour les pessimistes il est encore à moitié plein. Voici ce qu’en dit la liturgie mozarabe.
Exspectantes beatam illam spem passionis ac resurrectionis Filii Dei, fratres charissimi : et manifestationem gloriæ beati et Salvatoris nostri Jesu Christi, resumite virium fortitudinem : et non quasi futuro terreamini de labore : qui ad Paschalis Dominicæ cupitis anhelando pervenire celebritatem. Sacratæ etenim Quadragesimæ tempore mediante arripite de futuro labore fiduciam : qui præteriti jejunii jam transegistis ærumnas. Dabit Jesus lassis fortitudinem : qui pro nobis dignatus est infirmari. Tribuet perfectionem futuri : qui initia donavit præteriti. Aderit in auxilio, filii : qui suæ nos cupit præstolari gloriam Passionis. Amen.
Dans l’attente de l’heureux espoir que nous avons, Frères très chers, de célébrer la Passion et la Résurrection du Fils de Dieu, et de voir la manifestation de la gloire de notre bienheureux Sauveur Jésus-Christ, ranimez vos forces et votre courage. Ne vous effrayez pas des fatigues qui restent encore à subir, vous qui désirez avec tant d’ardeur arriver à la solennité de la Pâque du Seigneur. En ce milieu de la sainte Quarantaine, vous qui déjà avez traversé une partie des labeurs du jeûne, prenez confiance pour ceux qui restent à accomplir. Jésus, qui a daigné se faire infirme pour nous, donnera le courage à ceux qui sont fatigués ; il nous a donné de fournir le commencement de la carrière, il en accordera la continuation. Il vous viendra en aide, très chers fils, lui qui veut que nous vivions dans l’attente de sa glorieuse Passion. Amen.
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