C’était tout à l’heure, comme tous les vendredis soirs du carême. La troisième partie : les strophes 13 à 18 (à 40’24), chantées par Nicodème Kabarnos…
Strophe XIII
Par son apparition, le Créateur nous a montré, à nous ses créatures, une nouvelle création, et ce, en germant d’un sein non ensemencé qu’il conserva tel qu’il était, intact, afin que, voyant cette merveille, nous l’acclamions en disant :
Salut, fleur d’incorruptibilité. Salut, couronne de la chasteté.
Salut, vous qui avez fait resplendir l’image de la résurrection. Salut, vous qui avez visualisé la vie des anges.
Salut, arbre aux fruits délicieux dont se nourrissent les croyants. Salut, plant au feuillage touffu à l’ombre duquel beaucoup s’abritent.
Salut, vous qui avez porté dans votre sein un guide pour les égarés. Salut, vous qui avez mis au monde un rédempteur pour les captifs.
Salut, vous qui implorez la bonté du juste juge. Salut, pardon pour la multitude des pécheurs.
Salut, vêtement donnant bonne audience aux nus. Salut ô tendresse dépassant tout amour.
Salut, ô épouse sans époux !
Salut, ô épouse sans époux !
Strophe XIV
Puisque nous avons vu un enfantement étrange, éloignons-nous du monde, et transportons notre esprit au ciel, car Dieu, le Très-Haut, apparut à cet effet sur terre comme une humble créature, afin d’entraîner vers les hauteurs tous ceux qui lui crient : Alléluia !
Alléluia !
Strophe XV
Le Verbe incirconscrit fut présent tout entier ici-bas, sans guère s’éloigner du ciel, car ce fut une condescendance divine, et non un transfert de lieu. La naissance fut d’une Vierge envahie par l’Esprit de Dieu, ce qui lui valut d’entendre ces éloges :
Salut, demeure du Dieu qu’aucun lieu ne peut contenir. Salut, porte du vénérable mystère.
Salut, ô annonce obscure pour les incroyants. Salut, gloire incontestable pour les croyants.
Salut, char très-saint de Celui qui siège sur les Chérubins. Salut, demeure très luxueuse de Celui qui trône sur les Séraphins.
Salut, vous qui avez concilié en vous deux contraires. Salut, vous avez réuni la virginité et la maternité.
Salut, vous par qui la transgression fut résolue. Salut, vous par qui le paradis s’ouvrit.
Salut, clef du royaume du Christ. Salut, espérance des biens éternels.
Salut, ô épouse sans époux !
Salut, ô épouse sans époux !
Strophe XVI
Tous les anges furent frappés d’étonnement à la vue de ta sublime incarnation, car ils voyaient l’inaccessible comme Dieu, être un homme accessible à tous, allant et venant parmi nous, et s’entendant acclamer par tous : Alléluia !
Alléluia !
Strophe XVII
Nous voyons les rhéteurs éloquents devenir à votre sujet muets comme des poissons, ô Mère de Dieu, car ils sont à court pour expliquer comment vous avez pu enfanter, tout en restant vierge. Quant à nous, nous admirons le mystère, et nous nous écrions avec foi :
Salut, réceptacle de la sagesse divine. Salut, cellier de sa providence.
Salut, vous qui convainquez de sottise les sages. Salut, vous qui réduisez au silence les éloquents.
Salut, car vous avez convaincu les dialecticiens habiles de leur stupidité. Salut, car vous avez décrié les auteurs des mythes.
Salut, vous qui avez déjoué les pièges des Athéniens. Salut, vous qui remplissez les filets des pêcheurs.
Salut, vous qui retirez de l’abîme de l’ignorance. Salut, vous qui éclairez beaucoup par l’octroi de la connaissance.
Salut, navire pour ceux qui cherchent un salut. Salut, port de ceux qui naviguent dans la vie.
Salut, ô épouse sans époux !
Salut, ô épouse sans époux !
Strophe XVIII
Voulant sauver le monde, le Créateur de l’univers y vint de son plein gré. Et bien qu’il soit notre pasteur, en tant que Dieu, il apparut, pour nous, homme comme nous. Ayant fait l’homme à sa ressemblance, il entend, en tant que Dieu, l’acclamation : Alléluia.
Alléluia.
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