Lundi de la quatrième semaine de carême

L’évangile de la messe de ce jour est l’épisode où Jésus chasse les marchands du temple selon saint Jean, qui commence par l’indication : « La Pâque des Juifs était proche » et se poursuit par l’annonce de sa mort et de sa résurrection.

L’épître est le passage du livre des Rois qu’on appelait naguère, avant la destruction de la liturgie latine, « le jugement de Salomon ». Une expression qui n’est plus dans le langage courant, lis-je sur internet. En effet, puisque cette péricope a disparu du lectionnaire, les générations futures ne sauront plus ce qu’elle veut dire, comme plusieurs autres (par exemple les ouvriers de la 11e heure).

Ce texte « n’est pas pertinent pour la catéchèse du carême », décrétait un « schéma » de la révolution conciliaire dès 1966. On confondait liturgie et catéchèse, et cette erreur était posée comme un principe évident. Mais finalement ce texte ne sera pertinent pour aucune autre saison liturgique…

La raison n’en a pas été donnée. Sans doute est-ce l’exquise délicatesse de « l’homme d’aujourd’hui »™ : la sensiblerie moderne, qui se repaît d’horreurs par ailleurs, serait trop choquée par cet effroyable roi qui demande de couper un bébé en deux…

Or c’est évidemment absurde. Si Salomon donne cet ordre, c’est parce qu’il sait que la vraie mère fera tout pour que son fils reste en vie et donc acceptera qu’il soit donné à l’usurpatrice. Et il sait que c’est ainsi que la vérité éclatera.

Alors tout Israël vit que « la sagesse de Dieu était en lui pour rendre la justice ».

Israël, aujourd’hui c’est l’Eglise. C’était l’Eglise avant 1970, puisque désormais elle ne connaît plus ce texte qui n’est « pas pertinent ». Elle a changé de « sagesse »…

Atelier de Germain Hoyau, 1560.

Dieu a doué de haute Sapience
Salomon Roy : puis vn loz éternel
Il en acquiert, jugeans par grand’prudence
Tous cas douteux, civil & criminel.


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