L’Annonciation

Russie, seconde moitié du XVIe siècle, Musée des icônes de Recklinghausen, Allemagne.

Trois stichères des vêpres byzantines, par le Chœur de Lycourgos Angelopoulos. (L’illustration du disque montre l’archange saint Michel à Chonè et non Gabriel.)

Βουλὴν προαιώνιον, ἀποκαλύπτων σοι Κόρη, Γαβριὴλ ἐφέστηκε, σὲ κατασπαζόμενος, καὶ φθεγγόμενος· Χαῖρε γῆ ἄσπορε, χαῖρε βάτε ἄφλεκτε, χαῖρε βάθος δυσθεώρητον, χαῖρε ἡ γέφυρα, πρὸς τοὺς οὐρανοὺς ἡ μετάγουσα, καὶ κλῖμαξ ἡ μετάρσιος, ἣν ὁ Ἰακὼβ ἐθεάσατο· χαῖρε θεία στάμνε τοῦ Μάννα, χαῖρε λύσις τῆς ἀρᾶς, χαῖρε Ἀδάμ ἡ ἀνάκλησις, μετὰ σοῦ ὁ Κύριος.

Te découvrant l’éternel dessein, ô Vierge, Gabriel se tint devant toi et te salua en disant : Salut, terre sans semailles, salut, buisson qui brûles sans être consumé, salut, abîme insondable au regard, salut, viaduc menant de terre jusqu’au ciel et l’échelle dressée que Jacob a contemplée ; salut, vase divin contenant la manne des cieux, salut, toi qui nous libères de la malédiction, salut, espérance d’Adam et son relèvement, le Seigneur est avec toi.

Φαίνῃ μοι ὡς ἄνθρωπος, φησὶν ἡ ἄφθορος Κόρη, πρὸς τὸν Ἀρχιστράτηγον, καὶ πῶς φθέγγῃ ῥήματα ὑπὲρ ἄνθρωπον· μετ’ ἐμοῦ ἔφης γάρ, τὸν Θεὸν ἔσεσθαι, καὶ σκηνώσειν ἐν τῇ μήτρᾳ μου, καὶ πῶς γενήσομαι, λέγε μοι χωρίον εὐρύχωρον, καὶ τόπος ἁγιάσματος, τοῦ τοῖς Χερουβὶμ ἐπιβαίνοντος; Μὴ με δελεάσῃς ἀπάτῃ· οὐ γὰρ ἔγνων ἡδονήν, γάμου ὑπάρχω ἀμύητος, πῶς οὖν παῖδα τέξομαι!

Tu m’apparais sous les traits d’un mortel, dit la Vierge pure à l’archange, et tes paroles dépassent l’humaine raison ! Tu dis que le Seigneur est avec moi et qu’il habitera dans mon sein, mais comment deviendrai-je, dis-le-moi, le séjour de l’Infini, le temple saint du Seigneur qui siège sur le trône des Chérubins ? Comment cela se fera-t-il, puisque le mariage m’est inconnu, comment donc enfanterai-je un enfant ?

Θεὸς ὅπου βούλεται, νικᾶται φύσεως τάξις, φησὶν ὁ Ἀσώματος, καὶ τὰ ὑπὲρ ἄνθρωπον διαπράττεται. τοῖς ἐμοῖς πίστευε, ἀληθέσι ῥήμασι, Παναγία ὑπεράμωμε· Ἡ δὲ ἐβόησε· Γένοιτό μοι νῦν ὡς τὸ ῥῆμά σου, καὶ τέξομαι τὸν ἄσαρκον, σάρκα ἐξ ἐμοῦ δανεισάμενον, ὅπως ἀναγάγῃ τὸν ἄνθρωπον, ὡς μόνος δυνατός, εἰς τὸ ἀρχαῖον ἀξίωμα, διὰ τῆς συγκράσεως.

Lorsque Dieu le veut ainsi, les lois de la nature sont renversées, dit l’Archange : il opère des prodiges surhumains. Crois-moi, je dis la vérité, Vierge toute sainte et immaculée. Alors elle s’écria : Qu’il me soit fait selon ta parole à présent, j’enfanterai le Dieu transcendant, de ma chair s’incarnera le seul Tout-puissant pour ramener les hommes à leur ancienne dignité par la fusion de sa divinité et de notre humanité.


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