Saint Daniel de Moscou

Pour ceux qui ne cessent de dire que les églises sont vides en Russie. Voici la divine liturgie des dons présanctifiés, ce matin, un mardi matin, au monastère Saint-Daniel de Moscou. Certes, c’est la fête de saint Daniel fondateur du monastère. Mais l’affluence est remarquable. (Sans compter les 3.600 vues de la vidéo – qui est aussi sur quatre plateformes russes – depuis ce matin.)

A 1h04’40, le chant de la grande entrée « Maintenant les puissances célestes », qui est l’entrée du Christ dans le sanctuaire, puisque les « dons » qui entrent sont le Corps et le Sang du Christ consacrés dimanche.

Ны́не Си́лы Небе́сныя с на́ми неви́димо слу́жат, / се́ бо вхо́дит Ца́рь Сла́вы, се́ же́ртва та́йная соверше́на дорино́сится.
Ве́рою и любо́вию присту́пим, / да прича́стницы жи́зни ве́чныя бу́дем. / Аллилу́иа, аллилу́иа, аллилу́иа.

Maintenant les puissances célestes célèbrent invisiblement avec nous. Car voici que s’avance le Roi de gloire. Voici avec son escorte, le Sacrifice mystique déjà accompli.
Approchons-nous avec foi et amour, afin de devenir participants de la vie éternelle. Alléluia, alléluia, alléluia.

Les reliques de saint Daniel de Moscou :

(Ce Daniel était un fils de saint Alexandre Nevski. Il devint le premier prince de Moscou en 1273. Humble et pacifique, il régna 30 ans, fonda le monastère de l’Epiphanie près du Kremlin, puis le monastère Saint-Daniel – du nom de saint Daniel le Stylite son saint patron. A la fin de sa vie il se fit moine.)

Le « troisième Temple »

Il y a des mouvements en Israël qui veulent construire le « troisième Temple ». Et il y a aux Etats-Unis de nombreux « chrétiens sionistes » qui partagent cette grotesque utopie, comme l’actuel ministre de la Guerre Pete Hegseth. Lorsque j’ai évoqué cette folie j’ai signalé que c’était incompatible avec le christianisme. Ce matin je lisais la 10e homélie d’Origène sur le Lévitique. Elle commence par une explication parfaite (comme si souvent chez Origène) de cette incompatibilité. (Traduction Marcel Borret, Sources chrétiennes.)

Ceux dont l’art est de couler des effigies de bronze et de fondre des statues, avant d’exécuter l’œuvre véritable en bronze, en argent ou en or, modèlent d’abord une maquette d’argile à la ressemblance de la future statue. La maquette est bien nécessaire, mais jusqu’à l’achèvement du chef-d’œuvre. Une fois terminée |’œuvre pour laquelle avait été modelée la maquette d’argile, on ne cherche plus à s’en servir. Comprends qu’il en va de même pour ce qui a été écrit ou accompli dans la Loi et les prophètes « en type » et en figure des choses à venir. Car est venu en personne l’artiste et l’auteur de toutes choses ; et « la Loi qui possédait l’ombre des biens à venir », il l’a transformée en « l’image même des réalités ». Mais de peur que nos affirmations ne te semblent difficiles à prouver, examine-les une à une.

Il y avait jadis Jérusalem, cette grande ville royale où l’on avait élevé à Dieu un temple très célèbre. Mais après que fut venu celui qui était le véritable temple de Dieu et disait du temple de son corps : « Détruisez ce temple », et qui entreprit de dévoiler les mystères de « la Jérusalem céleste », cette ville terrestre fut détruite dès qu’apparut la céleste, et dans ce temple il n’est pas resté pierre sur pierre, depuis que la chair du Christ est devenue le véritable temple de Dieu. Il y avait jadis un pontife purifiant le peuple « avec le sang des taureaux et des boucs » ; mais depuis qu’est venu le véritable pontife qui a sanctifié les croyants par son sang, nulle part n’existe plus ce premier pontife, et aucune place ne lui fut laissée. Il y eut jadis un autel et on célébrait des sacrifices ; mais dès que vint l’Agneau véritable « qui s’est offert & Dieu en victime », tous ces sacrifices, comme institutions provisoires, ont pris fin.

Alors, ne te semble-t-il pas que, selon la figure établie plus haut, il y eut comme des maquettes façonnées d’argile qui représentaient les images de la vérité ? Bref, c’est pour cette raison que l’économie divine a pourvu à ce que la ville même et le temple et tout le reste fussent pareillement détruits : de peur que celui qui serait encore « petit enfant et nourri au lait dans la foi », à les voir subsister, alors que le rite des sacrifices, alors que l’ordonnance des cérémonies l’étonnent et l’émerveillent, ne fût séduit par la seule vue des diverses figures. Mais Dieu, veillant sur notre faiblesse, et voulant que son Eglise se multiplie, a fait que toutes ces choses soient détruites de fond en comble, pour que nous n’ayons aucune hésitation, elles disparues, à croire véritables celles dont elles contenaient d’avance le type.

« Tout simplement » !!!

Le père abbé de Solesmes, le TRP Geoffroy Kemlin, a écrit au pape pour lui faire une proposition de paix liturgique. Elle est très simple :

« Ce serait tout simplement d’insérer dans le Missale Romanum l’ancien Ordo Missae (…) tout en y laissant le nouvel Ordo Missae inchangé. »

Les fidèles de la messe traditionnelle auraient donc un monstre liturgique : l’ordo missae traditionnel, et pour tout le reste ce qui est issu de la révolution liturgique : le nouveau calendrier, le nouveau sanctoral, le nouveau lectionnaire, les nouvelles oraisons. Tout ce qui est pour eux proprement irrecevable.

« Cela permettrait de rétablir l’unité liturgique », insiste benoitement le P. Kemlin, « puisque toute l’Eglise latine utiliserait l’unique Missale Romanum, avec un unique calendrier. » Celui qui notamment a supprimé la Septuagésime et l’octave de la Pentecôte, et a inventé des « dimanches ordinaires » au lieu de ceux des temps de l’année liturgique.

Et il a « la conviction que les fidèles attachés au Vetus Ordo seraient satisfaits d’une telle solution et profiteraient de tous les apports incontestés de la réforme liturgique (nouvelles préfaces et prières eucharistiques, oraisons révisées, sanctoral, cycle des lectures, etc.). »

Les apports « incontestés » ? Ou bien le P. Kemlin vit sur une autre planète, ou bien il ment. Car les « apports » dont il parle ont été et sont contestés de multiple façon et de façon détaillée et argumentée depuis plus de 50 ans maintenant, y compris par des personnalités qui ont participé à la « réforme liturgique ».

Le P. Kemlin ose se référer à dom Guéranger, qui « a d’une certaine manière donné naissance au mouvement liturgique, qui a conduit à la constitution Sacrosanctum Concilium du concile Vatican II, et à la réforme liturgique qui a suivi », laquelle a été « accueillie avec gratitude à Solesmes ».

Etablir une telle continuité est un très gros mensonge. Quiconque a lu les Institutions liturgiques de dom Guéranger sait que le fondateur de Solesmes a condamné d’avance, de façon vigoureuse, la révolution liturgique d’après Vatican II, en condamnant les diverses tentatives qui allaient dans le même sens au cours de l’histoire.

La proposition du père abbé de Solesmes est une mauvaise action. Si elle devait être mise en œuvre par le pape elle ne mettrait pas fin à la « querelle liturgique », elle l’exacerberait.

Ci-après la lettre en question.

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Mardi de la quatrième semaine de carême

La prose de carême (voir son histoire ici) par la Capella gregoriana Easo, émanation en 1995 du Coro Easo, importante institution musicale de Donostia (Saint-Sébastien, « la bella Easo »).

Refrain : Attende, Domine, et miserere, quia peccavimus tibi.

Écoute-nous, Seigneur, et prends pitié de nous, car nous avons péché contre toi.

Ad te Rex summe, omnium Redemptor, oculos nostros sublevamus flentes ; exaudi, Christe, supplicantum preces.

Vers toi, souverain Roi, Rédempteur de tous les hommes, nous élevons nos yeux pleins de larmes. Écoute, o Christ, nos prières suppliantes !

Dextera Patris, lapis angularis, via salutis, janua caelestis, ablue nostri maculas delicti.

Droite du Père, pierre angulaire, voie du salut, porte du ciel, Lave les souillures de notre péché.

Rogamus, Deus, tuam majestatem ; auribus sacris gemitus exaudi ; crimina nostra placidus indulge.

Nous prions, ô Dieu, ta Majesté ; que tes oreilles saintes entendent nos gémissements ; Dans ta bonté, pardonne-nous de nos crimes.

Tibi fatemur crimina admissa ; contrito corde pandimus occulta ; tua Redemptor pietas ignoscat.

Nous t’avouons les fautes commises ; d’un cœur contrit nous te dévoilons nos péchés ; Ô Rédempteur, que te clémence pardonne.

Innocens captus, nec repugnans ductus, testibus falsis pro impiis damnatus ; quos redemisti, tu conserva, Christe.

Arrêté innocent et emmené sans résistance, Tu as été condamné pour les pécheurs par de faux témoins ; Ô Christ, conserve ceux que tu as rachetés.

Netanyahu

Pour la deuxième fois consécutive, ce lundi, Netanyahu n’était pas présent au conseil de guerre qu’il dirige habituellement. Pour mettre un terme aux rumeurs, il a publié successivement trois petites vidéos, qui apparaissent comme d’anciennes vidéos modifiées par l’IA, avec les inévitables défauts. Par exemple, dans la première, il a par moments six doigts. Dans la deuxième, quand il met sa main dans sa poche, c’est la poche qui vient lui couvrir la main, et le gobelet plein à ras bord de café ne laisse rien couler alors qu’il l’agite, uniquement avec la main droite alors qu’il est gaucher. Dans la troisième, son alliance bien visible à l’annulaire disparaît subrepticement…

Mais nous avons maintenant la preuve irréfutable que les rumeurs étaient infondées :


(Parmi les autres personnalités israéliennes qui ont disparu depuis plusieurs jours il y a particulièrement l’immonde Ben Gvir, le ministre de la Sécurité nationale, et de facto porte-parole du gouvernement dans ce qu’il a de plus ultra-sioniste.)