Vendredi de la deuxième semaine de carême

Quatre semaines avant la Passion, voici la première messe de la Passion, en prophétie et en parabole.

La prophétie est celle de Joseph, le fils bien-aimé de Jacob. Dans deux songes imagés, il voit ses frères se prosterner devant lui. Envoyé par son père auprès de ses frères, ceux-ci décident de le tuer. Dans la suite de l’histoire, qui ne fait pas partie des textes de la messe, Joseph n’est finalement pas tué mais vendu pour vingt pièces d’argent. Et il finira par sauver ses frères menacés par la famine.

L’évangile est la parabole des vignerons homicides. Elle était d’autant plus transparente pour les juifs qu’elle reprenait un passage d’Isaïe :

« Mon bien-aimé avait une vigne sur une colline fertile. Il l’entoura d’une haie, il en ôta les pierres, et y mit un plant excellent; il bâtit une tour au milieu, et il y construisit un pressoir; et il attendit qu’elle produisît de bons raisins, et elle en a produit de sauvages. Maintenant donc, habitants de Jérusalem et hommes de Juda, soyez juges entre moi et ma vigne. Qu’ai-je dû faire de plus à ma vigne que je n’aie point fait? Ai-je eu tort d’attendre qu’elle portât de bons raisins, tandis qu’elle en a produit de sauvages? Et maintenant je vous montrerai ce que je vais faire à ma vigne. J’en arracherai la haie, et elle sera exposée au pillage; je détruirai son mur, et elle sera foulée aux pieds. Je la rendrai déserte; elle ne sera ni taillée ni labourée; les ronces et les épines y grandiront, et je commanderai aux nuées de ne plus pleuvoir sur elle. La vigne du Seigneur des armées c’est la maison d’Israël, et les hommes de Juda sont le plant auquel Il prenait Ses délices; et j’ai attendu qu’ils pratiquassent la droiture, et je ne vois qu’iniquité; et qu’ils portassent des fruits de justice, et je n’entends que des cris de détresse. »

La parabole reprend textuellement le début, mais modifie ensuite l’histoire. Dans le texte d’Isaïe, la vigne, c’est-à-dire Israël, produit de mauvais fruits, et Dieu punit Israël en livrant le pays à ses ennemis (comme dans le psaume 79). Dans la parabole, nous avons les vignerons : les chefs d’Israël, ses chefs religieux, à qui Jésus s’adresse. Ils ne veulent pas obéir à Dieu, ils maltraitent les envoyés de Dieu, et même ils tuent son Fils « en dehors de la vigne ». La parabole se transforme en prophétie. Une prophétie qui rejoint en partie celle d’Isaïe quant au sort de la « vigne », mais qui ajoute le fait que la vigne sera louée à d’autres vignerons. Et, en clair, au cas où ils n’auraient pas compris : « Le royaume de Dieu vous sera enlevé, et il sera donné à une nation qui en produira les fruits. »

Comme le remarque dom Pius Parsch : « Le Christ annonce, sans réticence, aux Juifs, sa mort, sa filiation divine, la réprobation du peuple élu, la vocation des païens. Dans cette parabole, se trouve contenue toute l’histoire du salut. »

Chez les bénédictins, c’est la fête de saint Benoît. Car saint Benoît est né au ciel le 21 mars (543), en plein milieu du carême, pour montrer que le chemin du salut passe toujours par la pénitence.

Encore raté

La furie Kallas avait annoncé que les 27 allaient encore allouer 40 milliards d’euros d’aide militaire à l’Ukraine. Mais plusieurs pays (dont la France du quoi qu’il en coûte, bizarrement) ne voulaient pas, et il semblait qu’on s’acheminât vers un paquet réduit à 5 milliards.

Mais le communiqué du Conseil européen tient en… cinq lignes et n’évoque strictement rien de concret.

Il renvoie au projet de communiqué diarrhéique qui a capoté à cause de son rejet par la Hongrie, mais lui-même ne comportait aucun chiffre…

La toujours perfide Albion

Le porte-parole du Premier ministre britannique déclare que Londres soutient Kiev « dans tous les scénarios » et ne suspendra pas les livraisons d’armes même si les parties s’entendent sur un cessez-le-feu.

Il ne pourra donc pas y avoir de cessez-le-feu, puisque pour Poutine (et Trump en est d’accord) l’arrêt des livraisons d’armes est une condition impérative du cessez-le-feu.

Mais le Royaume-Uni est d’un bellicisme acharné depuis le début de la guerre, comme on l’a vu avec Boris Johnson faisant capoter les négociations d’Istanbul et se rendant fréquemment à Kiev pour inciter les Ukrainiens à poursuivre à tout prix les combats contre la Russie jusqu’au dernier Ukrainien.

On apprend aussi que les forces spéciales britanniques ont été mises en alerte, y compris les réservistes, afin de s’assurer que l’équipement est opérationnel pour un déploiement en Ukraine dans le cadre d’une mission de « maintien de la paix » après le cessez-le-feu…

Ces « preuves » contre Poutine qui disparaissent

Parmi les financements américains à l’étranger auxquels Donald Trump a mis fin, il y a celui du Centre international pour la poursuite du crime d’agression contre l’Ukraine (ICPA), siégeant à La Haye, qui « réunissait des preuves pour poursuivre Poutine », comme dit sobrement l’agence Reuters. Et le « procureur spécial » américain est sur le départ.

Mais ce qui met la gauche américaine en fureur est que ce même arrêt de financement a conduit immédiatement à la fin du programme du laboratoire de recherche humanitaire de l’université Yale sur les soi-disant « déportations de masse d’enfants ukrainiens » (« plus de 30.000 »), qui sont le motif du mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale contre Vladimir Poutine et Maria Lvova-Belova, la commissaire russe aux droits de l’enfant.

Ce programme a coûté 26 millions de dollars. Sic. Un spécialiste dit à Reuters, mélangeant sciemment les gouvernements Biden et Trump : « Ils ont pris 26 millions de dollars de l’argent des contribuables américains utilisés pour des données sur les crimes de guerre et les ont jetés dans la déchiqueteuse, y compris les dossiers sur tous les enfants ». Ainsi, « 26 millions de dollars de preuves de crimes de guerre ont été effacés ».

On ne voit évidemment pas en quoi l’arrêt d’un financement se solderait immédiatement (a fortiori dans une université) par la suppression de tous les fichiers…

Sauf si tout était bidon et que la nouvelle politique américaine risquait de le dévoiler.

Indépendante et impartiale

Dans son nouveau rapport, la Commission d’établissement des faits des Nations unies sur l’Ukraine contient des accusations contre l’armée russe de torture de prisonniers de guerre ukrainiens et de disparitions forcées de civils. Mais elle est totalement muette sur les exactions de l’armée ukrainienne, alors même que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a déjà admis en décembre dernier que les Ukrainiens avaient torturé la quasi-totalité des prisonniers de guerre russes.

Interrogé sur cette étonnante partialité d’une commission « indépendante », un des responsables a répondu que c’était « à cause du manque de financement ». Et c’est aussi par faute de moyens que le rapport ne signale même pas les innombrables cas de mobilisation forcée en Ukraine.

La commission « doit choisir les sujets » car il est impossible d’enquêter « sur tous les sujets en même temps », mais elle « veille toujours scrupuleusement à maintenir son impartialité et son indépendance ». Et en toute impartialité elle choisit uniquement les accusations contre les Russes…