Pauvres « Dialogue des carmélites »

La seule critique de spectacle dans le numéro de Diapason de ce mois est un éloge dithyrambique d’une nouvelle mise en scène des « Dialogues des carmélites », de Poulenc. Et c’est une nouvelle profanation, immonde, de ce chef-d’œuvre. Les metteurs en scène s’acharnent sur cet opéra, parce qu’il est doublement insupportable aux cultureux de notre temps : il est intégralement et profondément chrétien, et il dénonce les persécutions antichrétiennes de la Révolution.

Sans surprise, Tiphaine Raffier situe l’action à notre époque, et montre le contraire de ce que dit le livret (et la musique), ce qui est habituel depuis des décennies sur les scènes d’opéra. Mais elle va plus loin :

« Puis nous voici enfin au couvent, plus précisément dans sa section la plus glauque, les sanitaires, avec côté jardin un alignement de cuvettes de WC où se précipite Constance (« Encore ces maudites fèves ! »), côté cour une douche pour personne handicapée où l’on traîne une vieille prieure grabataire, vêtue d’une légère chemise de nuit qui ne cache rien de l’avilissement des chairs. »

« Encore ces maudites fèves ! » sont les premiers mots de la novice Constance. L’exclamation vient de ce qu’on lui donne encore des fèves à éplucher parce qu’il n’y a plus de farine. Rien à voir avec ses intestins. Mais Tiphaine Raffier en est encore au stade pipi-caca, surtout quand il faut démolir la religion.

« La scénographie d’Hélène Jourdan, d’un réalisme saisissant, nous mène ensuite à la chapelle, dont le bas plafond accentue le sentiment d’enfermement au carmel. »

Car chacun sait que (contrairement à ce que chante tout l’opéra) les religieuses cloitrées sont des prisonnières que la Révolution a enfin libérées…

Et puisqu’elle les a libérées ce n’est évidemment pas pour les tuer, donc à la fin de l’œuvre, au lieu de monter une à une à l’échafaud, elles s’effondrent une à une sous la pluie, sans raison…

On regrette que ni Bernanos ni le P. Bruckberger ne soient encore parmi nous, pour pousser la gueulante qui s’imposerait. (C’était fin janvier et début février à Rouen, et personne semble-t-il n’a bronché.)

Dodik

Le parquet fédéral de Bosnie-Herzégovine, qui est encore plus indépendant que la Cour constitutionnelle roumaine puisqu’il est sous les ordres du « Haut représentant international » (qui est très officiellement le sommet du pouvoir), a lancé un mandat d’arrêt contre Mirolad Dodik, le président de la Republica srpska, son Premier ministre Radovan Viskovic, et le président de son parlement, Nenad Stavandic.

Ils sont accusés d’« ingérence dans l’ordre constitutionnel », exactement comme Georgescu en Roumanie, comme c’est bizarre.

« Je recommande à la police fédérale de ne pas agir et je crois qu’ils ne le feront pas », a commenté Dodik.

(Mirolad Dodik a été condamné à un an de prison et six ans de bannissement politique le 26 février pour avoir empêché la reconnaissance sur le territoire de l’entité serbe du délit de non-respect des décisions du Haut Représentant, que le dit Haut-Représentant a introduit de son propre chef dans le code pénal.)

SVR-CIA

Sergueï Narychkine, directeur des renseignements extérieurs de la Russie (SVR), et le nouveau chef de la CIA, John Ratcliffe, ont eu un entretien téléphonique hier soir. Selon la partie russe, ils ont « discuté des questions d’interaction entre les agences de renseignement dans des domaines d’intérêt commun et de résolution des situations de crise ».

« Un accord a été conclu pour maintenir des contacts réguliers dans le but d’améliorer la stabilité et la sécurité internationales, ainsi que de réduire la confrontation dans les relations entre Moscou et Washington. »

Il n’y avait pas eu de contact à ce niveau depuis novembre 2022.

Georgescu

Extraits de la déclaration de Calin Georgescu hier soir :

La véritable raison pour laquelle j’ai mis l’UE en colère, c’est parce que j’ai dit que les Roumains devaient rentrer chez eux. L’UE a besoin de notre main-d’œuvre et ne veut pas que les gens rentrent dans notre pays.

Je tiens à remercier tout le monde pour son soutien, mais nous devons être honnêtes et admettre une partie de notre culpabilité, la culpabilité d’être restés les bras croisés, à regarder depuis la touche et à attendre que quelqu’un d’autre nous sauve pendant les 35 dernières années. Il y a six mois, j’ai appelé le peuple roumain à commencer à se défendre. Nous ne pouvons pas réparer les dégâts des 35 dernières années en quelques mois, mais nous avons réussi à réveiller les esprits, donc je pense que ma mission a été accomplie. J’ai démasqué le démon, maintenant tout le monde est obligé de choisir : soit faire un pacte avec le diable, soit rester fidèle à Dieu.

J’espère qu’au cours des derniers mois, j’ai pu ouvrir l’esprit et le cœur de chacun à la vérité. J’ai prouvé que nous ne sommes pas libres en Roumanie et en Europe. Ils essaient de nous réprimer. Ils ont commencé par la pandémie, quand ils nous ont enfermés chez nous, ont appelé l’armée dans les rues et ont fermé nos églises. Peu ont résisté ou protesté. Le système nous a testés et a conclu que nous étions soumis.

Je promets de rester ferme dans la lutte pour la liberté, la démocratie et la paix. Ce fut un honneur pour moi de faire partie de ce mouvement historique.

Lavrov

Sergueï Lavrov a conversé avec trois blogueurs américains. Extrait :

Je pense que ce qui se passe aux États-Unis est un retour à la normale. Il est un fait qu’une administration normale est arrivée au pouvoir, une administration qui ne souscrit pas aux idées anti-chrétiennes. Cependant, cela a déclenché une véritable explosion dans les médias et sur la scène politique mondiale, ce qui en dit long. Donc, c’est le retour à la normalité telle que nous la comprenons. Nous sommes des chrétiens orthodoxes. Les valeurs sont fondamentalement les mêmes, bien que le catholicisme s’écarte maintenant de plus en plus vers les nouvelles tendances que nous ne pouvons pas comprendre et que nous n’acceptons pas.

Parmi les autres propos de Lavrov on peut retenir aussi celui-ci :

Lorsque nous avons rencontré MM. Rubio, Waltz et Witkoff à Riyad, ils ont dit vouloir des relations normales, dans le sens où le fondement de la politique étrangère américaine sous l’administration Trump est la protection des intérêts nationaux américains. Dans le même temps, les Américains comprennent que les autres pays ont également leurs propres intérêts nationaux. Il est évident que les États-Unis et la Russie sont des États dont les intérêts nationaux ne seront jamais identiques. Ils ne peuvent pas s’aligner complètement, même pas à 50 %. Mais lorsqu’ils s’alignent, nous devons faire tout notre possible pour développer ces points communs. Lorsque les intérêts ne s’alignent pas ou se contredisent même, les pays responsables doivent faire tout leur possible pour empêcher que ces contradictions ne dégénèrent en confrontation, sans parler d’un conflit militaire, qui aurait des conséquences catastrophiques pour les autres nations.