Persécutions baltes

Vingt moniales âgées du monastère de la Trinité-Saint-Serge de Riga doivent passer un test de langue lettone en juillet prochain, faute de quoi elles seront expulsées. Ces religieuses de nationalité russe ont plus de 70 ans et elles ont toujours vécu dans ce monastère (de 140 moniales)…

L’ancienne présidente de Lettonie Vaira Vike-Freiberga a pris leur défense, soulignant qu’elles n’ont pratiquement aucun contact avec le monde extérieur, qu’elles prient en slavon et qu’elles s’occupent d’œuvres de charité, cuisinant et distribuant quotidiennement de la nourriture aux nécessiteux.

Mais l’administration russophobe est intraitable. La loi est la loi. Les fonctionnaires ont répondu qu’ils ne disposent d’aucune information sur l’appartenance confessionnelle des détenteurs de permis de séjour et qu’ils ne sont pas habilités à exempter une catégorie de personnes du test linguistique…

On applaudit ?

Zelensky : « Poutine a peur de négociations directes avec nous. »

En effet. C’est même pourquoi Zelensky avait pris un décret pour interdire des négociations avec Poutine. C’était quand même gentil de sa part.

Maria Zakharova quant à elle a commenté la chose de façon poétique :

Cela me rappelle une anecdote sur l’histoire d’un petit papillon de nuit : « J’ai volé à travers la pièce pour la première fois hier, les gens n’ont pas arrêté de m’applaudir. »

De la férie

Dans le calendrier latin le 3 février est un jour de férie, avec mémoire de saint Blaise. Dans le calendrier byzantin, où après chaque fête on célèbre les protagonistes de la fête, c’est la célébration du « saint et juste Siméon le Théodoque [celui qui reçut Dieu] et de la sainte prophétesse Anne ».

Tympan de l’église clunisienne de La Charité-sur-Loire, XIIe siècle.

Voici les tropaires du lucernaire :

Le Créateur de l’univers et notre Rédempteur fut présenté par la Vierge Mère dans le temple ; et le Vieillard, le recevant avec joie, s’écria : Maintenant laisse aller en paix ton serviteur selon ton bon plaisir, Dieu de bonté.

Siméon, recevant de la Vierge en ses bras celui qui est engendré avant tous les siècles, le Sauveur, s’écria : Les confins de la terre en ce jour ont vu ta gloire les illuminer ; laisse donc aller en paix ton serviteur, car je t’ai vu, Dieu de bonté.

Siméon, dans ses bras portant le Sauveur enfanté en ces temps ultimes pour le salut des mortels, s’écria joyeusement : J’ai vu la lumière des nations et la gloire d’Israël ; laisse-moi donc aller de ce monde vers toi, selon ta parole, Seigneur.

Etant juste et parfait, digne de louange, divinement inspiré, en tes mains tu as reçu, incarné, le Dieu parfait, le Verbe venu en ce monde pour le justifier et tu pris congé de la chair en lui déclarant : En paix laisse aller maintenant, Ami des hommes, ton serviteur, car je t’ai vu en ce jour.

Etant jeune par l’esprit, avancé en âge par le corps, Siméon, tu avais su par divine révélation que tu ne mourrais pas avant d’avoir vu le Créateur de l’univers, le Dieu d’avant les siècles, s’appauvrir en la chair comme nouveau-né ; et, le voyant, tu exultas et demandas d’être libéré de la chair pour gagner avec allégresse les tabernacles divins.

Rayonnants de prophétique inspiration, sainte Anne et le bienheureux Siméon qui, tous deux, s’étaient montrés parfaits selon la loi, ont vu le Législateur apparu pour nous comme un enfant et l’ont adoré ; en ce jour célébrons avec joie leur sainte mémoire comme il se doit en glorifiant l’Ami des hommes, Jésus.

Purification de la Sainte Vierge

« Purificátio beátæ Maríæ Vírginis, quæ a Græcis Hypapánte Dómini appellátur. » La Purification de la Bienheureuse Vierge Marie, fête appelée par les Grecs Hypapante du Seigneur, dit le Martyrologe. Hypapante, c’est-à-dire la Rencontre. L’antienne de la procession, Adorna thalamum tuum, est d’origine grecque : c’est le premier apostiche de la fin des vêpres byzantines. L’antiphonaire du Mont-Blandin (vers 800) en donne d’ailleurs le texte à la fois en grec (translittéré) et en latin :

Chathacosmyso thon niphona su Sion Adorna thalamum tuum, Sion coe ipodexe ton basileon Christon et suscipe Regem Christum aspase thyn Mariam amplectere Mariam thyn epuranion phylyn quae est caelestis porta authy bastazi thon Basileon thys doxis ipsa enim portat regem gloria nephyli photos yparchy parthenos novo lumine subsistit Virgo ferusa en chersin Yon proeosforu adducens in manibus filium ante luciferum on labon Symeon en anchales autu quem accipiens Simeon in ulnis suis ekyrixen lais praedicavit populis despotyn authon ene Dominum eum esse Zois ce thanatu vitae et mortis ce Sothyra tu chosmu et salvatorem mundi

Voici cette antienne en latin par le chœur du grand scolasticat des Pères du Saint-Esprit de Chevilly sous la direction de Lucien Deiss (1958) ; en grec par Thanasis Daskalothanasis (suivi des autres apostiches) ; en slavon par les moniales du monastère de Pühtitsa (Estonie), le plus grand monastère orthodoxe des pays baltes, aujourd’hui menacé d’expulsion parce qu’il dépend directement du patriarche de Moscou.

Adórna thálamum tuum, Sion, et súscipe Regem Christum : ampléctere Maríam, quæ est cæléstis porta : ipsa enim portat Regem glóriæ novi lúminis : subsístit Virgo, addúcens mánibus Fílium ante lucíferum génitum : quem accípiens Símeon in ulnas suas, prædicávit pópulis, Dóminum eum esse vitæ et mortis, et Salvatórem mundi.

Orne ta chambre nuptiale, Sion, accueille le Christ notre Roi ; embrasse Marie, la porte du Ciel : c’est elle, le nouveau trône des Chérubins ; elle porte le Roi de gloire, nuée lumineuse portant en la chair le Fils avant l’aurore engendré ; Siméon, le recevant dans ses bras, révèle à tous les peuples qu’il est le Maître de la vie et de la mort, le Rédempteur de nos âmes.

Κατακόσμησον τὸν νυμφῶνά σου Σιών, καὶ ὑπόδεξαι τὸν Βασιλέα Χριστόν, ἄσπασαι τὴν Μαριάμ, τὴν ἐπουράνιον πύλην· αὕτη γὰρ θρόνος Χερουβικὸς ἀνεδείχθη, αὕτη βαστάζει τὸν Βασιλέα τῆς δόξης, νεφέλη φωτὸς ὑπάρχει ἡ Παρθένος, φέρουσα ἐν σαρκὶ Υἱὸν πρὸ Ἑωσφόρου, ὃν λαβὼν Συμεὼν ἐν ἀγκάλαις αὐτοῦ ἐκήρυξε λαοῖς, Δεσπότην αὐτὸν εἶναι, ζωῆς καὶ τοῦ θανάτου, καὶ Σωτῆρα τοῦ κόσμου.