Saints Fabien et Sébastien

Ces deux saints n’ont rien en commun sinon d’avoir été martyrs à Rome. Fabien était pape, Sébastien centurion. Le premier a été victime de la persécution de Dèce en 250, le second de la persécution de Dioclétien en 288. Ils sont les deux premiers nommés du martyrologe, et dans les temps antiques le pape célébrait deux messes, aux lieux de leurs martyres. C’est la messe de saint Sébastien qui est restée. Voici l’hymne des vêpres du bréviaire ambrosien (car saint Sébastien était de Milan, comme l’a souligné saint Ambroise), avec la traduction de dom Guéranger. Il s’agit naturellement du bréviaire traditionnel, car dans le nouvel office ambrosien tout ce qui concerne les détails du martyre (strophes 4 à 7) a été supprimé puisque ce n’est pas confirmé par la « science historique »…

Sebastiani Martyris,
Concivis almi, supplices
Diem sacratam vocibus
Canamus omnes debitis.

En ce jour dédié à l’honneur de Sébastien Martyr, notre concitoyen illustre, rendons-lui gloire dans nos chants unanimes.

Athleta Christi nobilis,
Ardens amore prælii,
Linquit tepentem patriam,
Pugnamque Romae festinat.

Ce noble athlète du Christ, plein de l’ardeur du combat, abandonne sa patrie, qui pour lui a moins de dangers, et vient dans Rome affronter la lutte.

Hic cultor alti dogmatis,
Virtute plenus cœlica,
Idola damnans, inclyti
Trophæa sperat martyris.

C’est là que, sectateur d’une doctrine sublime, repoussant l’idolâtrie, il aspire aux trophées d’un glorieux martyre.

Loris revinctus plurimis ;
Qua stipes ingens tollitur,
Vibrata tela suscipit
Umbone nudo pectoris.

Des nœuds multipliés l’enchaînent au tronc d’un arbre ; c’est là que sa poitrine, comme un bouclier suspendu, sert de but aux traits des archers.

Fit silva corpus ferrea ;
Sed ære mens constantior
Ut molle ferrum despicit :
Ferrum precatur, sæviat.

Les flèches se réunissent sur son corps comme une forêt ; mais son âme, plus ferme que l’airain, insulte à la mollesse du fer, et demande à ce fer d’être plus meurtrier.

Manantis unda sanguinis
Exsangue corpus nunciat ;
Sed casta nocte Femina
Plagas tumentes recreat.

A voir le sang qui baigne le corps du Martyr, on croirait qu’il a expiré ; mais une chaste femme est venue panser ces plaies enflammées.

Cœleste robur militi
Adacta præbent vulnera ;
Rursum tyrannum provocans,
Exspirat inter vulnera.

Ces blessures profondes inspirent un courage céleste au soldat du Christ ; il va provoquer encore le tyran, et bientôt il expire sous les coups meurtriers.

Nunc cœli in arce considens,
Bellator o fortissime,
Luem fugando, civium
Tuere clemens corpora.

Maintenant, assis dans les hauteurs du ciel, vaillant guerrier ! éloignez la peste, et gardez même les corps de vos concitoyens.

Patri, simulque Filio,
Tibique, Sancte Spiritus,
Sicut fuit, sit jugiter
Sæclum per omne gloria. Amen.

Au Père, au Fils, et à vous, Esprit-Saint, comme toujours, soit à jamais gloire dans tous les siècles. Amen.

« Une chaste femme [Irène] est venue soigner ses plaies » : Georges de La Tour, entre 1634 et 1643.

La psychose norvégienne

Plusieurs milliers de Norvégiens propriétaires de bâtiments, de bateaux, d’immeubles et de machines recevront lundi une lettre de l’armée les informant que leurs biens pourraient être réquisitionnés en cas de guerre. Quelque 13.500 réquisitions « préparatoires » seront émises.

« L’importance d’être préparés aux crises et à la guerre a fortement augmenté ces dernières années. La Norvège se trouve dans la situation sécuritaire la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale. Notre société doit être prête à faire face à des crises de sécurité et, dans le pire des cas, à la guerre. Nous avons entamé un renforcement massif de la préparation militaire et civile », a déclaré le chef de l’Organisation logistique des forces armées, le général Anders Jernberg.

Dès 2022 les autorités norvégiennes ont commencé à procéder à ce qu’elles appellent des « demandes d’achat anticipées ». Mais en 2022 et 2023 il ne s’agissait que de véhicules : on vous informait qu’en cas de guerre votre voiture serait prise par l’armée. Depuis 2024 le champ des « demandes d’achat anticipées » ne cesse de s’agrandir…

Extension du wokisme

La plupart des gens continuent de penser que l’antispécisme est une stupidité. Pourtant cette idéologie ne cesse de progresser, de façon insidieuse, notamment à la faveur des campagnes sur le « bien-être animal » qui profitent des plus abjectes conditions d’élevage comme des plus absurdes lubies (les orques d’Antibes).

Un exemple parmi tant d’autres, ce titre relevé dans un média local de Besançon a priori sans idéologie :

Le lynx est décédé. Comme si c’était une personne. Car les mots décès, décéder, ne s’appliquent qu’aux hommes. C’était dans la définition de la 4e édition du Dictionnaire de l’Académie française (1762) :

C’était mentionné dans la 8e édition (1935), avec cette précision que c’est surtout en style administratif :

Et ce l’est toujours dans la 9e édition :

De la férie

Le martyrologe commence ainsi :

A Rome, sur la voie Cornélienne, les saints martyrs Marius et Marthe, son épouse, et leurs enfants Audifax et Abachum, persans de noble origine. Au temps de l’empereur Claude, ils étaient venus à Rome pour y prier. Marthe, après avoir enduré la bastonnade, le chevalet, les flammes, les ongles de fer, l’amputation des mains, fut noyée au lieu-dit « La Nymphe » ; les autres furent décapités, et on brûla leurs corps.

Leurs reliques, transférées en 752 à l’abbaye de Prüm en Allemagne, y sont vénérées sous le nom des « trois saints docteurs », la tradition disant que Marius et ses deux fils étaient médecins. Les corps avaient été brûlés, mais une fidèle nommée Félicité recueillit les restes et les enterra à Tenuta di Boccea. C’était le 20 janvier 270. Leur fête (dont il reste la mémoire) fut avancée au 19 parce que le 20 c’était la fête de saint Sébastien.

Illustration des Vies des saints de Dimitri de Rostov (né près de Kiev en 1651, devenu métropolite de Rostov), édition populaire de 1904 (un gros volume par mois). C’est au 6 juillet, après saint Sisoès. Curieusement, alors que ces martyrs ne sont guère vénérés en Russie, ils ont le droit à une illustration pleine page, ce qui est très rare…

Musique française à Saint-Pétersbourg

Depuis que je m’intéresse à tout ce qui se passe en Russie, j’ai été surpris de voir à quel point la musique française est présente dans les programmes de concert. Celui de cet après-midi n’est en rien une exception. Ce qui est plus rare en revanche est que le chef lui aussi est français : Emmanuel Leducq-Barôme. Il dirige l’Orchestre de chambre de la Baltique, à Saint-Pétersbourg. Orchestre ici étoffé de musiciens de l’Orchestre philharmonique de la ville, sous le nom d’« Ensemble émérite de Russie ». Le soliste est le remarquable premier violon du Philharmonique, Lev Klitchkov (cofondateur de l’Orchestre de chambre de la Baltique avec Emmanuel Leducq-Barôme).

Le programme : « Six chefs-d’œuvre pour toute la famille » : Dukas : L’Apprenti sorcier. Massenet : Médiation de Thaïs. Saint-Saëns : Introduction et Rondo capriccioso. Ravel : Une barque sur l’océan, Alborada del gracioso, Pavane pour une infante défunte. Et le Boléro en prime.