La loi canadienne anti-Bible

Les députés canadiens ayant adopté l’amendement voté par le Sénat faisant du nœud coulant un « symbole de haine », la loi de « combat de la haine » est définitivement adoptée.

Cette loi permettra notamment de condamner ceux qui citent la Bible sur certains sujets, à commencer par les déviances sexuelles.

De même elle permettra de condamner ceux qui citent le Catéchisme de l’Eglise catholique, ou tout autre texte religieux ou non qui affirme la morale naturelle.

Les évêques ont protesté tellement mollement qu’ils étaient inaudibles. Certains font remarquer qu’ils ne sont plus guère enclins à défendre la liberté religieuse après avoir accepté et promu la dictature covidienne.

Sainte Julienne Falconieri

Nièce de saint Alexis Falconieri, un des sept fondateurs des Servites, née en 1270, morte le 19 juin 1341, Julienne Falconieri fonda la branche féminine des Servites, les Mantellates.

Elle fut canonisée en 1737 par Clément XII. Son office et sa messe sont du commun des vierges, sauf la collecte, et l’hymne des vêpres et des matines, qui est de Francesco Lorenzini. Célèbre poète de l’époque, dès ses 20 ans il se fit connaître comme librettiste pour des mélodrames tirés de la Bible pour l’Oratoire du Très Saint Crucifix. Ce qui lui valut de devenir membre de l’Académie de l’Arcadie à 25 ans, puis d’en être le « custode général » de 1728 à sa mort en 1743. (Les membres de l’Académie – ils furent jusqu’à 3.900 – devaient prendre un pseudonyme « pastoral » et mener une vie digne de l’Arcadie…) En 1735 il installa un théâtre dans sa demeure, l’Academia latina, où il faisait jouer Plaute, Térence, Cicéron… avec le soutien de Clément XII. A la fin de sa vie il composa des « paraphrases » en vers de textes bibliques et liturgiques.

C’est donc Clément XII qui lui demanda l’hymne pour Julienne Falconieri. Il se trouve que Francesco Lorenzini connaissait cette famille, parce que dans les années 1720 il avait été dénoncé pour malversations financières auprès du gouverneur de Rome, Alessandro Falconieri (qui allait être fait cardinal). Le gouverneur (qui était aussi vice-camerlingue) établit l’innocence du poète et lui offrit sa protection. Alors il écrivit une « Brève notice sur la vie du bienheureux Alexis Falconieri », puis une « Brève notice de la vie de la bienheureuse Julienne Falconieri », dédicacées au pape d’alors, Clément XI.

Ce qui étonne dans cette hymne du XVIIIe siècle est la simplicité du style. A une époque où les hymnographes multipliaient les allusions à l’antiquité et se piquaient d’imiter les poésies latines les plus compliquées, Francesco Lorenzini se coule dans la plus pure tradition ambrosienne des poèmes en octosyllabes dépourvus de toute recherche alambiquée. Cela doit être dû au fait que précisément il n’était pas hymnographe, et que malgré le patronage revendiqué de « l’Arcadie », ses poèmes étaient écrits dans une langue simple, comme il l’avait sans doute appris à l’Oratoire.

Cæléstis Agni núptias,
O Juliána, dum petis,
Domum patérnam déseris,
Chorúmque ducis Vírginum.

Sponsúmque suffíxum cruci
Noctes diésque dum gemis,
Dolóris icta cúspide
Sponsi refers imáginem.

Quin septifórmi vúlnere
Fles ad genu Deíparæ :
Sed crescit infúsa fletu,
Flammásque tollit cáritas.

Hinc morte fessam próxima
Non usitáto te modo
Solátur et nutrit Deus,
Dapem supérnam pórrigens.

Ætérne rerum Cónditor,
Ætérne Fili par Patri,
Et par utríque Spíritus,
Soli tibi sit glória. Amen.

O Julienne, puisque tu désires
les noces de l’Agneau céleste,
tu laisses la maison paternelle,
et tu conduis un chœur de Vierges.

Tandis que tu gémis jour et nuit
sur ton Époux attaché à la Croix,
un glaive de douleur te blesse :
tu reproduis l’image de l’Époux.

Aux genoux de la Mère de Dieu,
tu pleures ses sept blessures :
mais arrosée de larmes,
ton amour croît et s’enflamme.

Quand la mort prochaine t’épuise,
d’une manière extraordinaire,
Dieu te console et nourrit
te donnant le pain d’en-haut.

Éternel Créateur des choses,
Fils éternel égal au Père,
Esprit égal à tous deux,
Gloire à vous seul. Ainsi-soit-il.

Je ne trouve pas cette hymne chantée sur internet. La partition est ici.

Poutine à Kazan

Où il préside le sommet du 35e anniversaire de la coopération entre la Russie et les dix pays de l’ASEAN.

(Kazan est majoritairement musulmane et la ville de la Fédération de Russie où il y a le plus de musulmans autochtones. D’autre part, ce n’est sans doute pas un hasard si les premières personnes qu’il salue sont de Narva : en Estonie…)

Le grain de sable bulgare

Velislava Petrova-Chamova, ministre bulgare des Affaires étrangères, a déclaré hier que son gouvernement est opposé à certaines sanctions du 21e paquet contre la Russie :

« Notre objectif principal est d’atteindre une situation où des négociations efficaces puissent être menées… Il existe un certain nombre d’éléments que nous ne soutenons pas, d’une part dans le secteur de l’énergie, et d’autre part les sanctions liées au patriarche russe Cyrille, qui relèvent de la catégorie des mesures symboliques qui ont le potentiel d’être contre-productives. »

Ce matin, le Premier ministre bulgare Roumen Radev a confirmé ces propos. Il a souligné que les 20 paquets précédents n’ont pas eu d’impact sur le cours de la guerre, et qu’il doute que le 21e en ait un.

« Nous ne permettrons pas des sanctions qui affectent négativement l’économie bulgare », a-t-il dit.

Quant au patriarche Cyrille, il a souligné qu’il est le chef de l’Eglise orthodoxe russe, qui a des liens étroits avec l’Eglise orthodoxe bulgare et d’autres Eglises orthodoxes : « Il ne s’agit pas du patriarche Cyrille, il s’agit de millions de fidèles. »

Jusqu’ici c’est Viktor Orban qui s’était opposé à des sanctions contre le patriarche.

Le nouveau sommet européen s’ouvre ce jeudi à Bruxelles.

Saint Ephrem

Illustration d’un manuscrit russe du début du XVIe siècle, traduction d’homélies de saint Jean Climaque et de saint Ephrem.

Extrait de l’homélie de saint Ephrem sur l’évangile des docteurs de l’Eglise (« Vous êtes le sel de la terre »), leçons des matines.

C’est une grande chose que d’entreprendre une bonne œuvre et de lui donner son achèvement, d’être agréable à Dieu et utile au prochain, de plaire enfin à notre souverain et très doux Maître le Christ Jésus qui a dit : Vous êtes le sel de la terre et les colonnes des cieux. Le labeur que tu poursuis dans l’affliction, très cher [frère, passe] comme un songe, mais le repos qui suivra ton labeur est indescriptible et inestimable. Veille donc attentivement sur toi-même, afin de ne point repousser l’un et perdre l’autre, en ne recherchant ni l’un ni l’autre, à savoir le contentement présent et la joie éternelle. Efforce-toi plutôt d’acquérir la vertu parfaite, ornée et caractérisée par toutes les dispositions que Dieu aime. Si tu y parviens, jamais tu ne provoqueras la colère de Dieu, ni ne feras tort à ton prochain.

Cette vertu [de charité] est appelée la seule vertu ; elle est dite d’une beauté unique car elle possède en soi la splendeur des diverses vertus. Le diadème des rois ne peut être achevé sans que des pierres précieuses et des perles brillantes y soient enchâssées et entrelacées, ainsi cette vertu unique ne peut-elle subsister sans l’éclat de vertus variées. Elle est assurément comparable à un diadème royal. Car de même que celui-ci ne peut scintiller entièrement sur la tête royale si une pierre ou une perle y fait défaut, de même cette unique vertu ne peut être appelée vertu parfaite, si elle n’a la gloire de réunir les autres vertus. Et semblablement dans un somptueux festin où les condiments les plus exquis ont été préparés mais où le sel fait défaut, comme ces mets précieux ne sauraient être mangés sans sel, ainsi, une vertu qui paraîtrait complète et posséder l’honneur et la gloire d’autres vertus variées, resterait assurément vile et méprisable, si l’amour de Dieu et du prochain en était absent.

Quelques-uns sont parvenus à cette vertu et cherchant à l’orner comme on orne tout alentour un diadème royal, ils ont possédé en grande partie la parure qui lui convient. Mais, dans la suite, à l’occasion d’un objet quelconque, sûrement très méprisable, ils ont laissé décliner entièrement une vertu si précieuse. Leur âme s’est trouvée attachée aux sollicitudes terrestres et leur vertu arrêtée par des liens si vils, n’a pu entrer au ciel.

Sois donc plein d’attention et de vigilance, mon très cher [frère], de peur qu’en t’embarrassant dans des entraves analogues, tu n’ouvres à l’ennemi en quête d’une proie et que tu ne perdes cette vertu admirable et illustre recherchée par toi au prix de tant de labeurs ; de peur encore que tu ne la rendes incapable, ta vertu, de pénétrer dans les parvis célestes et que tu ne la places plutôt avec le rouge de la confusion devant le trône de l’époux divin, ou enfin que tu la laisses fixée à la terre par un cheveu. Donne-lui au contraire l’essor d’une confiance que rien n’empêche, ainsi qu’une voix élevée, afin qu’elle parvienne avec exultation au lieu du repos et puisse réclamer à haute voix sa récompense.