Trump et Poutine : verbatim

Donald Trump et Vladimir Poutine se sont téléphoné hier pendant près de trois heures. Voici les communiqués de la Maison Blanche et du Kremlin.

La Maison Blanche :

Aujourd’hui, le président Trump et le président Poutine ont évoqué la nécessité de la paix et d’un cessez-le-feu dans la guerre en Ukraine. Les deux dirigeants ont convenu que ce conflit devait se terminer par une paix durable. Ils ont également souligné la nécessité d’améliorer les relations bilatérales entre les États-Unis et la Russie. Le sang et les ressources que l’Ukraine et la Russie ont dépensés dans cette guerre seraient mieux utilisés pour répondre aux besoins de leurs populations.

Ce conflit n’aurait jamais dû éclater et aurait dû être réglé depuis longtemps grâce à des efforts de paix sincères et de bonne foi. Les dirigeants ont convenu que le mouvement vers la paix commencera par un cessez-le-feu sur les infrastructures énergétiques, ainsi que par des négociations techniques sur la mise en œuvre d’un cessez-le-feu maritime en mer Noire, d’un cessez-le-feu total et d’une paix permanente. Ces négociations commenceront immédiatement au Proche-Orient.

Les dirigeants ont largement évoqué le Proche-Orient en tant que région de coopération potentielle pour prévenir de futurs conflits. Ils ont en outre discuté de la nécessité de mettre fin à la prolifération des armes stratégiques et s’engageront avec d’autres pour en assurer l’application la plus large possible. Les deux dirigeants ont partagé l’opinion selon laquelle l’Iran ne devrait jamais être en mesure de détruire Israël.

Les deux dirigeants ont convenu qu’un avenir marqué par une amélioration des relations bilatérales entre les États-Unis et la Russie présente d’énormes avantages. Cela inclut d’immenses accords économiques et une stabilité géopolitique lorsque la paix aura été rétablie.

Le Kremlin :

Les deux dirigeants ont poursuivi un échange de vues détaillé et sincère sur la situation en Ukraine. Vladimir Poutine a exprimé sa gratitude à Donald Trump pour sa volonté de contribuer à l’objectif noble de mettre fin aux hostilités et aux pertes humaines.

Réaffirmant son attachement de principe à une résolution pacifique du conflit, le Président russe a déclaré sa disponibilité à travailler en étroite collaboration avec les partenaires américains sur des solutions de règlement globales, durables et à long terme. Il a souligné la nécessité impérative d’éliminer les causes profondes de la crise et de garantir les intérêts légitimes de la Russie en matière de sécurité.

Concernant l’initiative du Président américain sur un cessez-le-feu de 30 jours, la partie russe a mis en avant plusieurs aspects essentiels, notamment la nécessité d’un contrôle effectif du respect du cessez-le-feu sur l’ensemble de la ligne de contact, l’arrêt de la mobilisation forcée en Ukraine et la cessation du réarmement des forces armées ukrainiennes.

Les discussions ont également mis en lumière les risques sérieux liés au manque de fiabilité du régime de Kiev, qui a déjà, à plusieurs reprises, saboté et violé les accords conclus. L’accent a été mis sur les crimes terroristes perpétrés par des combattants ukrainiens contre la population civile de la région de Koursk.

Il a été souligné qu’une condition clé pour éviter l’escalade du conflit et avancer vers une résolution politique et diplomatique est la cessation complète de l’aide militaire étrangère et du partage de renseignements avec Kiev.

En réponse à la récente demande de Donald Trump de préserver la vie des soldats ukrainiens encerclés dans la région de Koursk, Vladimir Poutine a réaffirmé que la Russie est prête à agir sur la base de considérations humanitaires et garantit, en cas de reddition, la vie et un traitement digne aux soldats ukrainiens, conformément aux lois russes et au droit international.

Au cours de la conversation, Donald Trump a présenté une proposition de refus mutuel des parties au conflit de mener des frappes sur les infrastructures énergétiques pendant 30 jours. Vladimir Poutine a réagi positivement à cette initiative et a immédiatement donné aux militaires russes un ordre correspondant.

Le président russe a également réagi de manière constructive à l’idée de Donald Trump de mettre en œuvre une initiative bien connue concernant la sécurité de la navigation dans la mer Noire. Il a été convenu d’entamer des négociations en vue de l’élaboration des détails spécifiques d’un tel accord.

Vladimir Poutine a informé que le 19 mars, un échange de prisonniers entre la Russie et l’Ukraine aurait lieu sur la base d’un ratio de 175 pour 175. De plus, dans un geste de bonne volonté, 23 soldats ukrainiens gravement blessés, soignés dans des établissements médicaux russes, seront remis à la partie ukrainienne.

Les deux dirigeants ont confirmé leur intention de poursuivre les efforts bilatéraux pour parvenir à un règlement du conflit ukrainien, en tenant compte des propositions mentionnées par le Président américain. À cette fin, des groupes d’experts russes et américains seront mis en place.

Vladimir Poutine et Donald Trump ont également abordé d’autres questions internationales, notamment la situation au Moyen-Orient et dans la région de la mer Rouge. Des efforts conjoints seront déployés pour stabiliser les zones de crise, renforcer la coopération en matière de non-prolifération nucléaire et de sécurité globale. Cela contribuera à améliorer le climat général des relations russo-américaines. Un exemple positif de cette coopération est le vote conjoint à l’ONU sur une résolution relative au conflit ukrainien.

Les deux parties ont exprimé un intérêt mutuel pour la normalisation des relations bilatérales, reconnaissant la responsabilité particulière de la Russie et des États-Unis dans la préservation de la sécurité et de la stabilité mondiales.

Les Présidents ont convenu de rester en contact sur toutes les questions abordées.

Verbatim

Poutine

L’idée d’un cessez-le-feu est pertinente, mais il y a des questions qui doivent être discutées, y compris avec les États-Unis.

La Russie est d’accord avec les propositions visant à mettre fin aux hostilités, mais part du principe que cela doit conduire à une paix à long terme et à s’attaquer aux causes profondes de cette crise.

Nous sommes en faveur d’un cessez-le-feu, mais il y a des nuances.

Faut-il libérer les forces armées ukrainiennes de la région de Koursk après tant de crimes commis contre des civils ?

Ces 30 jours seront-ils utilisés pour assurer la poursuite de la mobilisation forcée en Ukraine ?

Comment les questions de contrôle et de vérification seront-elles résolues ? Qui donnera les ordres et quel sera le prix de ces ordres ? Qui déterminera qui a violé quoi sur une distance de 2.000 kilomètres ?

Les forces armées russes avancent presque partout ; on ne sait pas comment la situation sur la ligne de contact sera résolue en cas de cessez-le-feu.

Nous voulons également des garanties que pendant ce cessez-le-feu de 30 jours, l’Ukraine ne mobilisera pas, n’entraînera pas de soldats et ne recevra pas d’armes.

Trump

Nous voulons un cessez-le-feu de la part de la Russie, et, vous savez, nous ne travaillions pas dans le noir. Nous avons discuté avec l’Ukraine des terres, des territoires qui seront conservés et perdus, et de tous les autres éléments de l’accord final. Il y a aussi une centrale électrique en jeu, une très grande. Qui obtient la centrale électrique ? Qui obtient quoi ? C’est un processus compliqué. Mais la première étape est un cessez-le-feu. Néanmoins, de nombreuses questions particulières ont déjà été discutées.

Nous avons parlé de questions territoriales car il ne sert à rien de négocier un cessez-le-feu s’il ne signifie rien. C’est pourquoi nous disons : « Voici ce que vous pouvez obtenir, et voici ce que vous ne pouvez pas obtenir. »

La question de l’adhésion à l’OTAN a été discutée, et tout le monde connaît la réponse. Franchement, cette réponse est claire depuis 40 ans. Donc, en réalité, de nombreux détails de l’accord final ont déjà été discutés.

Maintenant, nous verrons si la Russie est prête. Et si elle ne l’est pas, ce sera une énorme déception pour le monde entier.

Trump, en réponse à une question sur de nouvelles sanctions contre la Russie :

Eh bien, j’ai un moyen de pression, mais je ne veux pas en parler, car nous sommes actuellement en pourparlers avec eux, et d’après les déclarations qu’ils ont faites aujourd’hui, ils étaient plutôt positifs. Donc je ne veux pas en parler.

Zelensky 

Nous avons tous entendu les propos très prévisibles et très manipulateurs de Poutine en réponse à l’idée d’un silence sur les lignes de front, il prépare en réalité une rebuffade. Poutine rejette en substance les propositions de cessez-le-feu, mais il a peur de le dire ouvertement à Trump, préférant poursuivre la guerre et tuer des Ukrainiens. L’Ukraine, pour sa part, a accepté les conditions proposées par les États-Unis et est prête à une coopération rapide et constructive. Il faut accroître la pression sur Poutine en introduisant de nouvelles sanctions et en forçant la Russie à mettre fin aux actions militaires.

Loukachenko

« Si la Russie et les États-Unis parviennent à un accord, l’UE et l’Ukraine seront dans le pétrin »

*

L’envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, s’est entretenu au Kremlin hier soir avec Vladimir Poutine, donc après toutes les déclarations publiques qui précèdent. On ne sait absolument rien de ce qu’ils se sont dit. Or c’est sans aucun doute le plus important.

Quand le « transphobe » a gain de cause

En 2023, le district scolaire d’Argyle dans le Wisconsin avait viré Jordan Cernek de l’école où il enseignait parce qu’il refusait, au nom de ses convictions religieuses, d’utiliser les « pronoms préférés » de deux élèves soi-disant « transgenres ». (Les « pronoms préférés » des soi-disant « transgenres » sont ceux qui ne correspondent pas à leur sexe biologique.)

Au bout d’un an, Jordan Cernek s’est décidé à porter plainte, avec le soutien de l’Institut pour la Loi et la Liberté. Il vient d’avoir gain de cause. Le tribunal a déclaré : « Le licenciement effectif par le district d’un enseignant apprécié et indispensable simplement parce que ses convictions diffèrent de celles des autres est inconstitutionnel et constitue une violation du titre VII de la loi sur les droits civils de 1964. » Le district scolaire doit lui verser 20.000 $.

Et comme on a changé de gouvernement, un avocat du ministère de la Justice a commenté dans un communiqué : « Les districts scolaires ont le devoir de tenir raisonnablement compte des convictions religieuses de leurs employés, et la volonté de M. Cernek de défendre ses convictions religieuses est admirable. »

Les furies de l’avortement

Tina Kotek entourée de responsables d’avortoirs, ceux du Planning familial, de l’Université de la Santé et des Sciences, de la Clinique Lilith (sic) : une belle brochette de satanistes.

Aux Etats-Unis, le gouverneur de l’Oregon, Tina Kotek (« la première personne ouvertement lesbienne à être présidente d’une législature d’État aux États-Unis »), entourée de « prestataires d’avortement », a signé une proclamation faisant du 10 mars la « Journée de reconnaissance envers les prestataires d’avortement ».

« Ici, en Oregon, nous comprenons que l’avortement est un acte médical, et les prestataires sont appréciés et peuvent continuer à prodiguer des soins sans ingérence ni intimidation. À nos prestataires et aux patientes qui vivent en Oregon ou qui ont été contraintes de se réfugier dans notre État pour se faire soigner, sachez que je continue à vous soutenir. »

Car la grossesse est une maladie, qui se soigne en tuant l’intrus…

(1.661 des 10.075 bébés avortés dans l’Oregon en 2023 venaient d’autres États, soit une augmentation de près de 60 % par rapport à 2022.)

L’opinion de Douguine

Alexandre Douguine publie un livre en anglais intitulé “La révolution Trump”. En voici la présentation.

Le retour au pouvoir de Donald Trump n’est pas seulement un événement politique. Il s’agit d’un changement géopolitique aux proportions historiques. Dans La révolution Trump, Alexandre Douguine dissèque la montée du trumpisme 2.0 et son rôle dans le démantèlement de l’ordre libéral-mondialiste, le remplaçant par une nouvelle réalité : l’ordre des grandes puissances. Il ne s’agit pas de la multipolarité coopérative envisagée par la Russie et la Chine, mais d’un monde plus dur et pragmatique dans lequel seules les civilisations fortes et véritablement souveraines peuvent s’affirmer.

L’Amérique de Trump n’est plus le garant du mondialisme, mais un empire traditionaliste en devenir, qui donne la priorité à sa propre force tout en reconnaissant la légitimité des autres grandes puissances. Cette transformation se répercute au-delà de l’Amérique, donnant un nouvel élan à l’opposition patriotique européenne. Alors que les forces trumpistes défient l’élite retranchée de Washington, les conservateurs européens se rassemblent sous la bannière MEGA (Make Europe Great Again), repoussant l’establishment de gauche qui a détruit leurs nations.

Douguine retrace comment le trumpisme, la technologie et la realpolitik convergent pour forger ce nouveau monde. Des batailles idéologiques en Amérique à l’effondrement de l’ancien ordre atlantiste, The Trump Revolution est le guide définitif des batailles à venir et du grand réalignement qui façonnera le XXIe siècle.