Au Canada, lors d’une audition de la commission parlementaire des finances, Krista Carr, PDG d’Inclusion Canada (organisation d’aide aux personnes mentalement déficientes), a déclaré que depuis l’extension de la loi sur l’euthanasie aux personnes qui ne sont pas en « phase terminale », de nombreux Canadiens handicapés subissent des pressions de leur médecin pour se faire euthanasier :
« Les personnes handicapées ont désormais très peur, dans de nombreuses circonstances, de se présenter au système de santé pour des problèmes de santé courants, car l’aide médicale à mourir est souvent suggérée comme solution à ce qui est considéré comme une souffrance intolérable. »
Elle a précisé que l’état de santé de ces personnes les rend vulnérables à la « mentalité euthanasique » qui règne dans les hôpitaux. De plus, la pauvreté est également considérée comme une « souffrance intolérable », ce qui rend éligible à « l’aide médicale à mourir ».
Des documents de médecins de l’Ontario, de l’an dernier, confirment que des Canadiens sont conduits à choisir l’euthanasie à cause de la pauvreté et de la solitude.
Dans un cas, un médecin a révélé qu’un travailleur d’âge moyen, dont les blessures à la cheville et au dos l’avaient rendu incapable de travailler, estimait que le soutien insuffisant du gouvernement « ne lui laissait d’autre choix que de recourir à l’aide médicale à mourir ».
Parmi les autres cas, on peut citer celui d’une femme obèse qui se décrivait comme un « corps inutile qui prend de la place », ce qui, selon un médecin, répondait aux critères de l’aide médicale à mourir, car l’obésité est « une condition médicale qui est en effet grave et irrémédiable ».
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En Belgique, Siska, 26 ans, va être euthanasiée dans les prochains jours. Parce qu’elle souffre de dépression profonde depuis ses 13 ans et qu’elle n’a jamais pu obtenir les soins qui lui auraient permis de surmonter ses problèmes.
Au contraire, à 17 ans, elle a dû passer plusieurs semaines en cellule d’isolement. Comme il n’y a pas suffisamment de personnel pour veiller à la sécurité du patient, celui-ci doit dormir sans oreiller ni couverture. Siska y a terriblement souffert de la solitude, alors que justement, elle avait besoin de soutien. « La porte est verrouillée et tu dois attendre qu’on vienne te chercher (…) ils n’ont pas le temps de venir s’occuper de toi », témoigne-t-elle.
Elle espère que son euthanasie fera changer les choses…