Halte à la pilule abortive

Une bonne nouvelle pour la vie aux Etats-Unis : la cour d’appel du cinquième circuit a donné raison à la Louisiane qui contestait la prescription et la délivrance de la mifépristone sans consultation en personne. En clair : cette cour d’appel fédérale interdit la vente par correspondance de la pilule abortive dans tous les Etats où elle est interdite.

Les trois magistrats (deux nommés par Trump et un par Bush ont souligné que la politique permettant l’envoi de la pilule abortive par la poste facilitait « désormais près de 1.000 avortements illégaux par mois en Louisiane ».

On estime actuellement qu’environ deux tiers des avortements aux États-Unis sont pratiqués à l’aide de pilules.

Cette décision est « sans doute le plus grand recul en matière d’accès à l’avortement depuis l’arrêt rendu en 2022 par la Cour suprême annulant l’arrêt Roe v. Wade », a commenté Politico.

L’arrêt sera contesté devant la Cour suprême. Mais il y a toutes les chances qu’elle le confirme.

Un silence éloquent

Voilà plus de 24 heures que Macron a fait de la dépénalisation de l’avortement « une priorité en Andorre ».

Et le co-prince catalan, l’évêque d’Urgell Josep-Lluís Serrano Pentinat, n’a toujours pas fait le moindre commentaire.

Il doit toujours être sous le charme de son co-prince parisien, sans doute. Ou alors le discours de Macron avait reçu son assentiment, donc celui de Rome (on sait que le cardinal Parolin suit personnellement l’affaire)…

L’avortement au Kenya

En 2019, au Kenya, un médecin avait provoqué un avortement chez une jeune fille de 16 ans qui alléguait des douleurs et des saignements. Le médecin et la jeune fille avaient été inculpés, conformément à la loi. En mars 2022, un tribunal avait annulé les inculpations et avait même qualifié l’accès à l’avortement de « droit fondamental ».

La cour d’appel de Malindi vient d’annuler ce jugement, rappelant que « l’avortement n’est pas un droit fondamental garanti par la Constitution » mais que, « au contraire, la Constitution l’interdit expressément », tout en prévoyant « des exceptions, dans des circonstances limitées, où il peut être autorisé ». De ce fait « les droits constitutionnels ne sauraient, en eux-mêmes, faire obstacle à une enquête appropriée, à l’inculpation et à la poursuite des infractions alléguées en cause ».

GB : l’euthanasie en panne (provisoire)

La proposition de loi sur l’euthanasie en Angleterre et au Pays de Galles a dû être abandonné ce matin au bout de 14 jours d’examen à la Chambre des lords, où avaient été déposés 1.200 amendements.

Mais ce n’est que partie remise. Le texte, adopté par les députés le 20 juin dernier, sera présenté de nouveau lors de la prochaine session parlementaire, qui débutera le 13 mai. Or si un projet de loi est adopté une deuxième fois en termes identiques par la Chambre des communes, la Chambre des lords ne peut s’opposer à son adoption.

Il pourrait alors entrer en vigueur à la fin de cette deuxième session.

L’euthanasie en Uruguay

Le 15 avril, le président de l’Uruguay, Yamandú Orsi, a signé le décret d’application de la loi autorisant l’euthanasie. Le texte avait été adopté par les députés le 13 août dernier par 64 voix contre 29, et le 15 octobre au Sénat par 20 voix sur 31 votants.

Comme dans le projet français, le meurtre « euthanasique » sera classé comme « décès naturel ».

L’Uruguay est le premier pays d’Amérique latine à légaliser l’euthanasie par la loi. La Colombie et l’Equateur ont été obligés de l’accepter par décision de leur Cour constitutionnelle.