Le combat pour la vie aux Etats-Unis

Les rapports de la Louisiane sur les avortements dans cet Etat ne donnent plus de totaux. Parce qu’il y a moins de 5 avortements par an.

L’avortement est interdit en Louisiane sauf dans les cas « où la poursuite de la grossesse menacerait la vie ou la santé physique de la mère », et en cas d’« anomalie fœtale ».

En 2024 il y a eu quatre avortements, selon l’institut pro-vie Charlotte Lozier, qui a examiné les documents.

Selon le lobby de la culture de mort dit Institut Guttmacher, 5.500 femmes de Louisiane sont allées avorter dans d’autres Etats en 2023-2024.

D’autre part on ne sait pas combien de pilules abortives peuvent entrer illégalement sur le territoire de l’Etat.

Dans le Mississippi, le nouveau projet de loi sur le trafic de drogue, approuvé par 37 sénateurs contre 15 et 76 députés contre 38 prévoit des poursuites pénales jusqu’à dix ans de prison pour distribution de produits abortifs.

Mais selon Mary Ziegler, « experte en droit de l’avortement » et professeur à la faculté de droit de l’Université de Californie, « le Mississippi n’a pratiquement aucun moyen de poursuivre les prestataires qui expédient des pilules abortives depuis d’autres Etats », car « les lois de protection en vigueur dans les Etats où l’avortement est légal protègent les prestataires, les patientes et les personnes qui les assistent contre les enquêtes, les poursuites judiciaires et les poursuites pénales menées depuis d’autres Etats ».

Le Planning familial annonce quant à lui, dans son rapport 2024-2025, avoir réalisé 434.450 avortements, un nombre record, malgré les Etats qui interdisent l’avortement et les réductions des fonds de l’Etat fédéral.

Surprise écossaise

Le Parlement écossais a rejeté, par 69 voix contre 57 et une abstention, le texte légalisant l’euthanasie, dite « aide à mourir ».

Dans un pays qu’on pensait entièrement soumis à l’idéologie woke, c’est un vote étonnant. Mais il se trouve que des députés libéraux de premier plan, ainsi que les chefs travaillistes, ont ouvertement voté contre.

Quant à Ruth Maguire, député du parti national écossais, atteinte d’un cancer du col de l’utérus, elle a dit que ce projet de loi l’« effrayait » : « J’en ai des frissons rien que de penser à être assise dans une chambre d’hôpital et à ce qu’un médecin aborde le sujet avec moi alors que nous évaluons les options de traitement. En votant contre ce projet de loi, je choisis simplement de voter pour la dignité inhérente à la vie et j’exhorte mes collègues à faire de même. »

Un projet de loi similaire est en discussion au Parlement britannique, vigoureusement défendu par le Premier ministre Keir Starmer. Mais le vote écossais pourrait faire échouer la manœuvre, alors que le Parlement de Westminster apparaît très divisé sur la question.

L’avortement à Jersey

La culture de mort se porte bien à Jersey. Les députés ont adopté par 44 voix contre… 2 un projet de loi qui fait passer le délai pour l’avortement de 12 à 22 semaines.

L’avortement reste toutefois un « service payant », sauf pour les mineures, les étudiantes, les victimes de viol et les personnes bénéficiant d’une aide au revenu.

La nouvelle loi nécessite l’assentiment royal. Mais il est automatique, d’autant qu’au Royaume-Uni le délai est de 24 semaines. Ce qui est déjà réclamé par un député de Jersey…

Le Luxembourg Grand-Avorteur

Le Luxembourg est devenu dimanche 1er mars le deuxième pays à garantir la « liberté » d’avorter dans sa Constitution. 48 des 60 députés ont voté l’amendement constitutionnel, 6 ont voté contre, et il y a eu deux abstentions.

La proposition émanait du parti de gauche, et le conseil d’Etat du Grand-Duché l’a approuvée en juin dernier.

Elle visait à inscrire le « droit » à l’avortement dans la Constitution. Le parti populaire chrétien social rejetait ce terme qui créait un « devoir » pour l’Etat. Un compromis s’est fait sur la « liberté » garantie d’avorter. Comme en France.

Mais tout le monde comprend bien qu’il s’agit du « droit » de tuer. Preuve en est ce texte du site officiel du gouvernement français le 7 mars 2025 : « Il y a un an, le 8 mars 2024, la France inscrivait le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans sa Constitution. » (Le texte de la Constitution dit : « La loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse. »)

Avorter chez le voisin

La Commission européenne a répondu à l’« initiative citoyenne » « My voice my choice », soutenue par le Parlement européen, qui demandait que l’Union européenne garantisse l’accès à l’avortement pour toute femme dans l’UE, autrement dit finance le déplacement et l’avortement, dans un pays où l’avortement est légal, de femmes de pays où il est illégal. (Le but est en fait de développer l’avortement de Polonaises en Allemagne.)

La Commission européenne rappelle que l’avortement est du ressort des Etats membres, et ajoute que chaque Etat peut utiliser les fonds européens pour financer l’avortement d’étrangères : il lui suffit de reprogrammer son « fonds social européen plus ».

La Commission exclut de pondre une loi sur la question. Puisque de toute façon elle ne le peut pas…