Orban résiste

Comme il l’avait annoncé, Viktor Orban a refusé de donner son aval à la révision de la législation du budget européen permettant le « prêt » de 90 milliards d’euros à l’Ukraine : tant que l’Ukraine ne rétablit pas la livraison de pétole russe, il n’y aura pas d’aide.

Le président Costa a osé dire que l’attitude de la Hongrie est « inacceptable ». Alors que c’est évidemment l’attitude de l’UE qui est inacceptable : elle refuse d’aider un Etat membre qui un besoin vital de ce pétrole, et fait pression sur cet Etat au lieu de faire pression sur l’Ukraine qui pénalise un Etat membre…

Le sommet a donc accouché une nouvelle fois d’une simple « déclaration », non signée par la Hongrie et la Slovaquie, réitérant le soutien des 25 à l’Ukraine, appelant à intensifier les efforts de mobilisation auprès des pays tiers afin de trouver encore 30 milliards d’euros… et à accélérer le processus d’adhésion de l’Ukraine à l’UE… Mais sans la Hongrie et la Slovaquie il ne peut pas y avoir d’adhésion…

Coïncidence…

Viktor Orbán : « Je vois surgir de nulle part un parti pro-ukrainien doté de ressources financières illimitées. Je constate une présence inhabituellement forte de voix pro-ukrainiennes dans les médias. Je veux savoir d’où vient cet argent. Nous avons des questions, et nous trouverons les réponses ! »

Dans le même temps, la Commission européenne fait savoir que l’Ukraine ne sera en fait confrontée à un déficit budgétaire qu’à la fin avril, plusieurs semaines plus tard que prévu. Donc l’Ukraine ne sera pas à court d’argent avant… les élections hongroises. Et ensuite l’Ukraine recevra les 90 milliards d’euros… (Non dit, mais tout le monde comprend : parce que les élections en Hongrie auront porté au pouvoir l’opposition pro-Ukraine…) L’ingérence c’est très mal, sauf quand c’est nous qui la faisons.

Résistance hongroise

Aucune réaction des dirigeants de l’UE à la menace de mort de Zelensky contre Orban. Le président d’un Etat membre de l’UE est ouvertement et précisément menacé de mort par le dirigeant illégitime d’un Etat étranger à l’UE, et l’UE ne dit rien.

Les dirigeants des autres Etats de l’UE sont tout autant muets : bravo la solidarité européenne.

A l’exception de Robert Fico, qui a dit avec force et une colère non feinte :

« J’exprime ma pleine solidarité avec le Premier ministre hongrois, Viktor Orban. Si le président ukrainien persiste dans cette voie, d’autres États membres de l’UE pourraient bloquer le prêt de 90 milliards d’euros accordé à l’Ukraine. Je demande officiellement à tous les plus hauts représentants de l’Union européenne, et je serai très précis :  la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen, Antonio Costa, ainsi que le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, de se désolidariser de ces déclarations scandaleuses et menaçantes du président ukrainien Volodymyr Zelensky. »

On notera que le chef de l’opposition hongroise Peter Madjar a également condamné la menace de Zelensky. Certes cela fait bien dans sa campagne, mais il l’a dit :

« Aucun dirigeant étranger ne peut menacer qui que ce soit, pas même un seul Hongrois. Ni le gouvernement sortant d’Orban, ni le futur gouvernement Tisza. J’invite donc le président ukrainien à s’expliquer sur ses propos et, s’il les a réellement tenus, à les retirer. »

Voulant atténuer son propos, Peter Madjar tombe dans l’hypocrisie. Car tout le monde peut voir la vidéo où Zelensky menace d’envoyer ses soldats au domicile de Viktor Orban.

Addendum 15h. La Commission européenne réagit enfin, mais de façon anonyme, par la voix d’un porte-parole : « Ce type de langage est inacceptable. Il ne doit y avoir aucune menace à l’encontre des États membres de l’UE. »

*

Viktor Orban, déclarant que la menace concerne tous les Hongrois, passe à la vitesse supérieure : il interdit tout transit important de marchandises vers l’Ukraine.

Hier, le Centre antiterroriste hongrois a intercepté deux véhicules blindés avec à leur bord sept Ukrainiens dont un ancien général des services secrets. Ils transportaient 35 millions d’euros en liquide et 9 kg d’or.

Selon l’Ochtchabank, la banque d’épargne d’Etat ukrainienne, cet argent et cet or venaient de la Raiffeisen Bank d’Autriche et lui étaient destinés.

Evidemment l’Ukraine crie très fort. Le ministre des Affaires étrangères Andriy Sybiha déclare :

« Il s’agit de la Hongrie qui prend des otages et vole de l’argent. Si c’est là le “pouvoir” dont parle Orban, alors c’est le pouvoir d’un groupe criminel. Il s’agit de terrorisme d’État et de racket. Nous avons déjà envoyé une note officielle exigeant la libération immédiate de nos citoyens. Nous allons également faire appel à l’Union européenne pour lui demander d’expliquer clairement les actions illégales de la Hongrie, la prise d’otages et le vol. »

La suite (si Bruxelles n’étouffe pas l’affaire) risque d’être intéressante.

Selon le fisc hongrois, rien que cette année, plus de 900 millions de dollars, 420 millions d’euros et 146 kilogrammes de lingots d’or ont été transportés à travers le territoire hongrois vers l’Ukraine. Du blanchiment industriel…

Zelensky tel qu’en lui-même

Le petit dictateur ukrainien a une fois encore menacé Viktor Orban :

« Nous espérons qu’une personne au sein de l’UE ne bloquera pas les 90 milliards d’euros — ou du moins la première tranche — afin que les soldats ukrainiens reçoivent les armes dont ils ont besoin. Sinon, nous communiquerons simplement l’adresse de cette personne à nos forces armées — nos soldats pourront l’appeler et lui parler dans leur propre langue. »

Viktor Orban a proposé qu’une commission aille constater l’état de l’oléoduc Amitié. Zelensky refuse, évidemment, puisque les images satellites montrent que l’oléoduc est intact. Il refuse parce que l’Ukraine est un « Etat indépendant ». Sic. Il ose ajouter : « Je ne pense pas que les représentants de la Commission européenne ne nous font pas confiance. » Et il a raison. La Commission européenne croit le mensonge de Zelensky, parce qu’elle espère que le problème d’approvisionnement de la Hongrie en pétrole conduira à faire perdre les élections au méchant Orban qui bloque l’aide à l’Ukraine. (La Commission européenne refuse de voir qu’un Etat membre est attaqué par un pays étranger et soutient ce pays étranger…)

Continuant à prétendre que l’oléoduc est abîmé, Zelensky explique :

« En ce qui concerne le calendrier : personnellement, je ne le rétablirais pas… Cependant, l’UE affirme que le prêt de 90 milliards d’euros restera bloqué tant que l’Ukraine n’aura pas commencé à restaurer le pipeline… Selon mes informations, il pourrait être opérationnel dans un délai d’un mois ou d’un mois et demi, mais cela ne signifie pas que tout ce qui a été détruit sera entièrement réparé. La remise en état est possible dans un délai d’un mois et demi, à condition que les pays européens ne trouvent pas d’autre moyen de débloquer les fonds pour l’Ukraine. »

Quelle coïncidence : un mois, un mois et demi… les élections en Hongrie c’est le 12 avril…

(Vladimir Poutine a reçu hier le ministre hongrois des Affaires étrangères. Ils ont parlé du gaz et du pétrole, que la Russie s’engage à continuer de fournir au même prix malgré ce qui se passe au Proche Orient, et Poutine a libéré deux prisonniers de guerre hongro-ukrainiens enrôlés de force dans l’armée ukrainienne.)

Avorter chez le voisin

La Commission européenne a répondu à l’« initiative citoyenne » « My voice my choice », soutenue par le Parlement européen, qui demandait que l’Union européenne garantisse l’accès à l’avortement pour toute femme dans l’UE, autrement dit finance le déplacement et l’avortement, dans un pays où l’avortement est légal, de femmes de pays où il est illégal. (Le but est en fait de développer l’avortement de Polonaises en Allemagne.)

La Commission européenne rappelle que l’avortement est du ressort des Etats membres, et ajoute que chaque Etat peut utiliser les fonds européens pour financer l’avortement d’étrangères : il lui suffit de reprogrammer son « fonds social européen plus ».

La Commission exclut de pondre une loi sur la question. Puisque de toute façon elle ne le peut pas…