La Hongrie normalisée

Une majorité d’électeurs hongrois en a donc eu assez d’être le mouton noir de l’UE, et peut-être surtout d’en subir les conséquences, puisque la Hongrie est soumise à de sévères sanctions pour son refus de la politique d’invasion de l’UE.

C’en est donc fini, du moins pour le moment, des discours de Viktor Orban qui tranchaient tellement sur le politiquement correct, sur tous les plans. Et donc de la résistance de la Hongrie au rouleau compresseur de la Commission européenne. On regrettera aussi Peter Szijjártó, qui avait émergé ces dernières années comme un des très rares remarquables ministres des pays européens.

Le plus grave est que l’opposition a remporté les deux tiers des sièges. Ce qui montre la fragilité des constitutionalisations. Orban avait cru pouvoir sanctuariser la définition de la famille et l’interdiction de la propagande LGBT, mais le nouveau pouvoir va s’empresser de les rayer de la Constitution, et sans aucun doute de faire pire, aux applaudissements de l’UE.

La Hongrie normalisée par l’UE c’est aussi un pays russophobe de plus, et dans l’immédiat le pays qui va permettre de verser 90 milliards d’euros dans le trou sans fond de l’Ukraine. (A moins que Robert Fico, éventuellement épaulé par Andrej Babiš, ne prenne le relais, mais Orban était le poids lourd…)

N.B. Pour les plus jeunes, je rappelle que « normalisation » fut le mot officiel définissant la reprise en main de la Tchécoslovaquie en 1968 par l’appareil soviétique via le parti communiste local.

Orban encore face à Bruxelles

La Hongrie a reçu une nouvelle lettre de menace de la part de la Commission européenne, exigeant que le carburant ne soit pas vendu moins cher aux Hongrois qu’aux étrangers — alors même que le pays est confronté à une crise énergétique et à des pressions extérieures.

Nous, Hongrois, ne pouvons accepter que, dans une telle situation, la Commission nous attaque au lieu de nous aider. La Hongrie est confrontée à la fois à un blocus pétrolier ukrainien et à une crise énergétique mondiale imminente. Nous ne laisserons pas les familles hongroises payer le prix du chantage ukrainien. C’est pourquoi, aujourd’hui, Viktor Orban a informé le président de la Commission que la Hongrie maintiendrait le système de prix protégés pour les carburants. Ces prix protégés resteront réservés aux familles hongroises, aux entreprises hongroises et aux agriculteurs hongrois.

L’Europe doit rester une union de nations, et non un empire dirigé depuis Bruxelles.

Pour nous, la Hongrie passe avant tout.

La bonne nouvelle pour le parti d’Orban est qu’il s’avère que c’est le chef de l’opposition Peter Magyar qui a dénoncé cette « discrimination » à Bruxelles… Ce qui ne risque pas d’être populaire à dix jours des élections. (Balazs Orban est le « directeur politique du Premier ministre » – sans lien de parenté avec lui.)

Les icônes dans les tribunaux

La Cour européenne des droits de l’homme examine en ce moment la plainte de l’« Union athée de Grèce » qui conteste la présence d’icônes dans les salles d’audience. Les tribunaux grecs ont rejeté la demande, d’où le recours à la CEDH. Laquelle a donc jugé la requête recevable, ce qui est assez curieux quand on se rappelle qu’elle avait rejeté la plainte de parents athées concernant la présence de crucifix dans les salles de classe de l’école publique en Italie.

Les évêques orthodoxes de Crète viennent de publier un bon texte à ce sujet :

Le Saint Synode provincial de l’Église de Crète, à la suite du débat qui s’est récemment développé concernant la présence d’icônes sacrées et de symboles chrétiens dans la vie publique, juge nécessaire de rappeler que, dans l’Église orthodoxe, l’icône sacrée n’est pas simplement un symbole religieux ou seulement une œuvre d’art, mais qu’elle est liée à la foi même de l’Église, selon laquelle Dieu s’est fait homme et s’est manifesté au monde.

C’est pourquoi l’Église honore les icônes du Christ, de la Vierge Marie et des saints, non pas en tant que matière, mais en signe d’hommage aux personnes représentées, conformément à l’enseignement du 7e Concile œcuménique selon lequel : « l’honneur rendu à l’icône rejaillit sur l’original ». L’icône rappelle que la grâce de Dieu sanctifie tout, la matière et l’ensemble de la création.

En Crète, dans le reste de la Grèce et dans tout le monde orthodoxe, les icônes constituent un élément concret d’expression de la foi, de la vie et de la culture, des réalités qui ont donné un sens à notre peuple. Les symboles sont le langage d’une culture, et dans le cas de l’expérience orthodoxe, ils constituent des principes spirituels incarnés, à travers lesquels les hommes communiquent avec Dieu et découvrent leur histoire et leurs racines.

Devant les icônes, les hommes de toutes les époques prient, laissent derrière eux leur angoisse et leur douleur, espèrent et trouvent du réconfort. L’iconographie byzantine, comme par exemple l’école crétoise d’iconographie et ses créateurs tels que Théophane le Crétois, Domenikos Theotokopoulos (El Greco) et tant d’autres, constituent notre héritage inestimable, mais aussi une partie de la culture européenne.

L’Église orthodoxe respecte pleinement la liberté de conscience de chaque individu et ne cherche pas à imposer la foi, qui est toujours proposée librement.

La présence d’icônes dans l’espace public ne restreint la liberté de personne, elle est l’expression de l’histoire, de la tradition et de l’identité spirituelle de notre peuple.

À une époque de matérialisme et de relativisme spirituel, où beaucoup de gens ont le sentiment de perdre leurs repères et le sens de la vie, les visages du Christ, de la Vierge Marie et des Saints, représentés dans les icônes, rappellent que l’homme ne vit pas sans racines, mais au sein d’une foi vivante, au sein d’une culture qui s’est forgée au fil des siècles et qui continue d’éclairer le chemin de notre vie.

La stupide propagande bruxelloise anti-Orbán

Les gazettes font état d’un scandale international de fuites au Conseil européen. C’est un simple article du Washington Post, qui accuse le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, d’appeler Serguei Lavrov pour le « tenir informé en temps réel » des discussions au Conseil européen pendant les pauses.

La Commission européenne se dit « très préoccupée » par ces informations, et exige du gouvernement hongrois « qu’il apporte les clarifications nécessaires ». Une affaire « très grave », ajoute l’Allemagne. Une nouvelle raison de faire tomber Orbán aux prochaines élections.

Mais même sur le site européiste Euractiv on ne voit pas où est le problème. Titre de l’article : « Rien n’est secret au Conseil européen ». Sic. Un diplomate européen explique : « Même si le Conseil européen était hermétique, on ne discuterait pas de sujets sensibles, le format est trop vaste. Orbán ou pas, on n’est pas entouré uniquement de personnes en qui on peut avoir confiance. Certains diront des choses aux États-Unis, d’autres au Royaume-Uni, d’autres encore à la Russie. » Et Euractiv de rappeler : « Orbán s’est présenté pendant des années comme un intermédiaire, se rendant à Moscou pendant la présidence hongroise du Conseil et rendant compte à l’OTAN et à l’UE de ce que Vladimir Poutine lui avait dit. »

Le ministre hongrois des Affaires européennes, Janos Boka, a écrit sur Facebook : « Il est parfaitement naturel que le ministre hongrois des Affaires étrangères parle au téléphone avec son homologue russe. Ce qui est moins compréhensible, c’est que ses homologues de l’Union européenne ne fassent pas de même. »

Orban résiste

Comme il l’avait annoncé, Viktor Orban a refusé de donner son aval à la révision de la législation du budget européen permettant le « prêt » de 90 milliards d’euros à l’Ukraine : tant que l’Ukraine ne rétablit pas la livraison de pétrole russe, il n’y aura pas d’aide.

Le président Costa a osé dire que l’attitude de la Hongrie est « inacceptable ». Alors que c’est évidemment l’attitude de l’UE qui est inacceptable : elle refuse d’aider un Etat membre qui a un besoin vital de ce pétrole, et fait pression sur cet Etat au lieu de faire pression sur l’Ukraine qui pénalise un Etat membre…

Le sommet a donc accouché une nouvelle fois d’une simple « déclaration », non signée par la Hongrie et la Slovaquie, réitérant le soutien des 25 à l’Ukraine, appelant à intensifier les efforts de mobilisation auprès des pays tiers afin de trouver encore 30 milliards d’euros… et à accélérer le processus d’adhésion de l’Ukraine à l’UE… Mais sans la Hongrie et la Slovaquie il ne peut pas y avoir d’adhésion…