(De Katya Kopylova.)

(De Katya Kopylova.)

Pour la première fois, l’AfD remporte une élection régionale : le parti anti-immigration et anti-ukrainomaniaque a obtenu 32,8% des voix en Thuringe, soit 32 sièges (10 de plus), devançant nettement la CDU : 23,6% et 23 sièges. Le nouveau parti de la gauche souverainiste BSW vient ensuite avec 15,8% et 15 sièges. Le parti de Scholz obtient 6% et 2 sièges, les libéraux et les Verts sont éliminés.
On a remarqué que le chef de l’AfD en Thuringe, Björn Höcke, est arrivé au bureau de vote dans une voiture… russe.

En Saxe, la CDU devance l’AfD de très peu : 31,9% et 41 sièges pour la première, 30,6% et 40 sièges pour la seconde. Le nouveau parti BSW fait 11,8%, le parti de Scholz 7,3. Ici les Verts gardent 7 élus (sur 12).
Naturellement, le très démocrate Scholz a demandé aux anciens partis de s’unir contre « l’extrême droite »…
Mais il y a autre chose de fort intéressant. Ces deux graphiques montrent le vote des jeunes de 18 à 24 ans…


Une jolie décoration urbaine en Lettonie. Regardez bien le rideau d’eau. Oui, ce sont des croix, dont… une belle croix gammée, qui revient toutes les dix secondes…
La Lettonie est ce pays où chaque 16 mars a lieu dans la capitale une marche en l’honneur des Légionnaires lettons de la Waffen SS. Depuis quelques années les ministres n’y participent plus : ça faisait jaser dans les gazettes européennes, surtout depuis que des opposants en tenue concentrationnaire (« des youpins », disait un passant) avaient été violemment ceinturés et embarqués par la police sous les caméras de télévision…
Le parti au pouvoir en Moldavie « prend ses distances » avec le propos de son député Șoimaru qui annonçait hier que l’Eglise orthodoxe de Moldavie allait être supprimée dès l’automne prochain, comme l’Eglise orthodoxe ukrainienne.
Le Parti d’Action et de Solidarité affirme qu’il n’existe aucune initiative législative ou gouvernementale qui menace l’Eglise, et que sa position « a été et reste la promotion de la bonne entente entre tous les citoyens de la République de Moldavie, indépendamment de la religion, de la culture, de la langue ou de l’appartenance ethnique ».
Plus surprenante (vu d’ici) est la réaction d’Adèle Răileanu, du parti socialiste, député du Bloc communiste et socialiste :
« Nous ne pouvons pas permettre que l’on s’attaque aux choses qui définissent cette nation. Comment les dirigeants du pays peuvent-ils justifier leurs appels à l’unité et à la bienveillance lorsque leurs propres membres lancent des attaques contre l’Église et la foi ? »
Il y aura le 20 octobre en Moldavie un référendum sur l’intégration européenne. On en connaît déjà le résultat. En effet, pour participer à la campagne, un parti doit être dûment enregistré, selon une résolution adoptée le 16 août par la commission électorale. Le bloc Victoire qui s’est constitué en avril, regroupant quatre partis pro-russes, voit sa demande d’enregistrement rejetée. De toute façon, pour être enregistré, un parti doit dire d’abord s’il est pour ou contre l’intégration européenne…
Certains analystes moldaves font remarquer que cela viole plusieurs dispositions de la Constitution. Mais comme le gouvernement Sandu viole régulièrement la Constitution (et d’abord sur la neutralité, voir par exemple la vidéo ci-dessous), on ne voit pas ce que ça change.
Un député du parti au pouvoir, Basile Șoimaru, annonce quant à lui la prochaine interdiction de l’Eglise orthodoxe de Moldavie : « Je vais être un peu radical, mais le moment viendra où nous aussi, comme l’Ukraine, nous renoncerons à la Métropolie de Moldavie, qui est en fait de Russie. La question sera résolue dès cet automne. »
La marche forcée de la Moldavie vers son avenir euro-américain se heurte toutefois à quelques problèmes : la Transnistrie, qui a fait sécession depuis 1991, et la Gagaouzie, qui affirme de plus en plus son autonomie pro-russe sous la houlette d’Evghenia Guțul.
Et à voir la réaction de ce paysan moldave découvrant des soldats américains dans son champ, il ne semble pas que le tropisme euro-otanien soit partagé par tous…