En Tchéquie

Le parti Le parti d’Andrej Babiš, ANO, a remporté les les élections législatives, avec 34,5% des voix. Ce n’est pas une aussi grande victoire que ce que l’on dit ici et là, puisqu’il n’obtient que 8 députés de plus : ce qui fait 80, sur 200.

Le « populiste » ou « démagogue » Babiš devrait pouvoir former une coalition majoritaire avec « l’extrême droite », comme disent les gazettes, à savoir avec le SPD du nationaliste Tomio Okamura (un vrai Japonais né à Tokyo), et avec le parti des automobilistes proche de l’ancien président Vaclav Havel, donc très europhobe.

Andrej Babiš a déjà été chef du gouvernement de 2017 à 2021, et il ne laisse pas de grands souvenirs. Cela dit, depuis lors, ses députés européens, qui étaient dans le groupe libéral, sont depuis l’an dernier dans le groupe Patriotes, avec ceux d’Orban et ceux du RN – et celui des automobilistes. (Le député SPD est dans le groupe ENS de l’AfD.)

Il est donc vraisemblable, et même probable, que son gouvernement sera nettement eurosceptique, notamment sur l’immigration et l’écologie. En ce qui concerne son attitude concernant l’Ukraine, c’est beaucoup plus flou (volontairement flou pendant sa campagne).

Orban : le parler vrai

Viktor Orban commente le sommet européen de Copenhague :

« La situation est grave. Des propositions de guerre ouverte sont à l’étude. Ils veulent remettre des fonds européens à l’Ukraine. Ils essaient d’accélérer l’adhésion de l’Ukraine à l’UE en utilisant toutes les astuces juridiques possibles. Ils veulent financer des livraisons d’armes. Toutes ces propositions montrent clairement que Bruxelles veut déclencher une guerre. Je maintiendrai fermement la position de la Hongrie, mais ce sommet prouve également que les mois à venir seront marqués par la menace d’une guerre. Bruxelles a choisi une stratégie visant à épuiser la Russie par une guerre sans fin. Cela signifie investir des milliards en Ukraine, sacrifier l’économie européenne et envoyer des centaines de milliers de personnes mourir au front. La Hongrie rejette cette stratégie. »

Le mot pour rire

La réaction du porte-parole de la Commission européenne Balazs Ujvari aux menaces de la Russie de vendre les actifs étrangers en représailles à toute mesure européenne visant à saisir les avoirs russes :

« Nous avons vu des indications selon lesquelles la Russie prévoit effectivement de nationaliser et de vendre des actifs étrangers.  Cela montre très clairement une chose : nos sanctions fonctionnent très bien contre la Russie.  »

Mensonge plein gaz

« Ce que la guerre de Poutine nous a coûté », titre le magazine Bild. Et il explique : « Les prix de l’énergie sont censés avoir baissé, mais la réalité est tout autre. Bien que l’Office fédéral de la statistique ait signalé une baisse, les prix du gaz et de l’électricité ont explosé depuis l’attaque de Poutine contre l’Ukraine. »

L’article précise que chaque famille allemande a vu sa facture de gaz et d’électricité augmenter de 6.000 € depuis 2022.

Mais c’est à cause des sanctions, pas à cause de la guerre.

A cause des dirigeants des pays de l’UE, pas à cause de Poutine.

Les sanctions, ça marche : comme tous les boomerangs.

La Commission européenne de la guerre

La Commission européenne a envoyé aux Etats membres, en vue de la réunion informelle du 1er octobre, un document leur demandant de donner des informations sur leurs achats d’armes et les progrès réalisés pour combler leurs lacunes en matière de capacités militaires. Cela doit permettre à la Commission de publier un « rapport annuel sur l’état de préparation de la défense », afin « d’examiner les progrès accomplis et de fournir des orientations stratégiques sur les actions prioritaires ».

La Commission omet de préciser quels sont les textes qui lui permettent de faire cela. Car il n’y en a évidemment aucun : il n’y a pas d’« Europe de la défense ».

Mais bien sûr personne ne protestera, tant il est établi que la « menace russe » oblige à se réarmer jusqu’aux dents…