Le plus hargneux chihuahua le demeure

L’Estonie (Etat membre de l’UE) avait interdit l’an dernier à Robert Fico (Premier ministre d’un Etat membre de l’UE) de survoler son territoire pour aller à Moscou à la fête de la Victoire. Le ministre des Affaires étrangères Margus Tsahkna tient à souligner qu’il en sera de même cette année :

« La position de l’Estonie est on ne peut plus claire : aucun État ne doit utiliser notre espace aérien pour renforcer ses relations avec la Russie. Nous l’avons interdit l’an dernier. Ce principe reste inchangé. »

La haine de la Russie l’emporte sur la liberté de circulation, même pour un chef de gouvernement…

Un bug chez les euromondialistes

La Bulgarie est un petit pays très pauvre et très loin de Bruxelles. Gouverné par une bande de corrompus européistes aux ordres de l’UE, les uns et les autres ayant même réussi le tour de force improbable (mais surtout stupide) d’imposer l’euro… Ainsi la Bulgarie, manifestement dans l’orbite russe par sa langue, sa culture et sa religion, était-elle arrimée pour toujours à l’UE…

Alors on s’est désintéressé des législatives qui allaient s’y dérouler. Et patatras. L’impensable s’est produit. Un groupe de partis dont le nom n’attirait pas l’attention, la coalition « Bulgarie progressiste » (le progrès, c’est forcément l’UE et ses « valeurs »), est arrivé très largement en tête, et de façon spectaculaire. Voici le résultat final, qui vient de tomber au moment même où j’écris :

La coalition Bulgarie progressiste, qui remporte la majorité absolue des sièges (une première depuis 1997) est conduite par Roumen Radev : l’homme qui était le président de la République, et qui a démissionné en janvier dernier (trois semaines après l’introduction de l’euro) en ayant compris que s’il voulait que la Bulgarie suive une autre politique il lui fallait conquérir le vrai pouvoir, au lieu de tenter jour après jour de mettre des bâtons dans les roues du gouvernement corrompu européiste et ukrainomaniaque.

La nouvelle démocratie hongroise

Dès l’annonce de la victoire de son parti aux législatives, Peter Magyar a demandé au président de la République, au président de la Cour suprême et au procureur général de démissionner.

Reçu aujourd’hui par le président de la République Tamas Sulyok dans la perspective de la formation du nouveau gouvernement, Peter Magyar a réitéré sa demande : le président doit démissionner dès la formation du nouveau gouvernement.

Mais le président Tamas Sulyok a été élu il y a deux ans et son mandat court jusqu’en mars 2029. Il n’a aucune raison de démissionner, sinon de laisser la place à un fidèle de Magyar.

Le président hongrois n’a quasiment aucun pouvoir, mais Magyar entend que personne ne puisse limiter son autorité si peu que ce soit.

Rappelons aux bisounours que les députés européens du parti de Magyar font partie du PPE, donc de l’appareil européiste, sous la direction de Zoltán Tarr, le « stratège européen » de Magyar.

Le ministre des Affaires étrangères sera sans doute Anita Orban. Elle fut chef conseiller de Cheniere, la plus grande firme de gaz naturel liquéfié américain, puis vice-présidente de Telurian LNG, autre compagnie américaine de gaz naturel, à Houston. C’est alors qu’elle publia un livre intitulé « le pouvoir, l’énergie et le nouvel impérialisme russe », où elle expliquait qu’il fallait se libérer du gaz russe et acheter le gaz américain, parce que « Poutine utilise l’énergie comme une arme »…

Elle est actuellement directrice des affaires extérieures de l’entreprise de télécommunications One Hungary (ex-Vodafone) et vient d’être élue au Parlement.

Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes sera logiquement Zoltán Tarr.

L’ambassadeur de Hongrie auprès de l’UE sera sans doute Márton Hajdu. Il a rejoint le parti de Magyar alors qu’il était le coordinateur des briefings d’Ursule et de ses adjoints à la Commission européenne : bref il est un chef apparatchik de l’UE.

Officiellement le parti de Magyar est aussi opposé à l’invasion migratoire que celui d’Orban. Mais il n’y a aucune chance qu’il maintienne cette position puisqu’elle a conduit la Hongrie à devoir payer une pénalité de 1 million d’euros par jour. Et, à propos, le passage à l’euro est au programme.

La Hongrie normalisée

Une majorité d’électeurs hongrois en a donc eu assez d’être le mouton noir de l’UE, et peut-être surtout d’en subir les conséquences, puisque la Hongrie est soumise à de sévères sanctions pour son refus de la politique d’invasion de l’UE.

C’en est donc fini, du moins pour le moment, des discours de Viktor Orban qui tranchaient tellement sur le politiquement correct, sur tous les plans. Et donc de la résistance de la Hongrie au rouleau compresseur de la Commission européenne. On regrettera aussi Peter Szijjártó, qui avait émergé ces dernières années comme un des très rares remarquables ministres des pays européens.

Le plus grave est que l’opposition a remporté les deux tiers des sièges. Ce qui montre la fragilité des constitutionalisations. Orban avait cru pouvoir sanctuariser la définition de la famille et l’interdiction de la propagande LGBT, mais le nouveau pouvoir va s’empresser de les rayer de la Constitution, et sans aucun doute de faire pire, aux applaudissements de l’UE.

La Hongrie normalisée par l’UE c’est aussi un pays russophobe de plus, et dans l’immédiat le pays qui va permettre de verser 90 milliards d’euros dans le trou sans fond de l’Ukraine. (A moins que Robert Fico, éventuellement épaulé par Andrej Babiš, ne prenne le relais, mais Orban était le poids lourd…)

N.B. Pour les plus jeunes, je rappelle que « normalisation » fut le mot officiel définissant la reprise en main de la Tchécoslovaquie en 1968 par l’appareil soviétique via le parti communiste local.

Orban encore face à Bruxelles

La Hongrie a reçu une nouvelle lettre de menace de la part de la Commission européenne, exigeant que le carburant ne soit pas vendu moins cher aux Hongrois qu’aux étrangers — alors même que le pays est confronté à une crise énergétique et à des pressions extérieures.

Nous, Hongrois, ne pouvons accepter que, dans une telle situation, la Commission nous attaque au lieu de nous aider. La Hongrie est confrontée à la fois à un blocus pétrolier ukrainien et à une crise énergétique mondiale imminente. Nous ne laisserons pas les familles hongroises payer le prix du chantage ukrainien. C’est pourquoi, aujourd’hui, Viktor Orban a informé le président de la Commission que la Hongrie maintiendrait le système de prix protégés pour les carburants. Ces prix protégés resteront réservés aux familles hongroises, aux entreprises hongroises et aux agriculteurs hongrois.

L’Europe doit rester une union de nations, et non un empire dirigé depuis Bruxelles.

Pour nous, la Hongrie passe avant tout.

La bonne nouvelle pour le parti d’Orban est qu’il s’avère que c’est le chef de l’opposition Peter Magyar qui a dénoncé cette « discrimination » à Bruxelles… Ce qui ne risque pas d’être populaire à dix jours des élections. (Balazs Orban est le « directeur politique du Premier ministre » – sans lien de parenté avec lui.)