Les icônes dans les tribunaux

La Cour européenne des droits de l’homme examine en ce moment la plainte de l’« Union athée de Grèce » qui conteste la présence d’icônes dans les salles d’audience. Les tribunaux grecs ont rejeté la demande, d’où le recours à la CEDH. Laquelle a donc jugé la requête recevable, ce qui est assez curieux quand on se rappelle qu’elle avait rejeté la plainte de parents athées concernant la présence de crucifix dans les salles de classe de l’école publique en Italie.

Les évêques orthodoxes de Crète viennent de publier un bon texte à ce sujet :

Le Saint Synode provincial de l’Église de Crète, à la suite du débat qui s’est récemment développé concernant la présence d’icônes sacrées et de symboles chrétiens dans la vie publique, juge nécessaire de rappeler que, dans l’Église orthodoxe, l’icône sacrée n’est pas simplement un symbole religieux ou seulement une œuvre d’art, mais qu’elle est liée à la foi même de l’Église, selon laquelle Dieu s’est fait homme et s’est manifesté au monde.

C’est pourquoi l’Église honore les icônes du Christ, de la Vierge Marie et des saints, non pas en tant que matière, mais en signe d’hommage aux personnes représentées, conformément à l’enseignement du 7e Concile œcuménique selon lequel : « l’honneur rendu à l’icône rejaillit sur l’original ». L’icône rappelle que la grâce de Dieu sanctifie tout, la matière et l’ensemble de la création.

En Crète, dans le reste de la Grèce et dans tout le monde orthodoxe, les icônes constituent un élément concret d’expression de la foi, de la vie et de la culture, des réalités qui ont donné un sens à notre peuple. Les symboles sont le langage d’une culture, et dans le cas de l’expérience orthodoxe, ils constituent des principes spirituels incarnés, à travers lesquels les hommes communiquent avec Dieu et découvrent leur histoire et leurs racines.

Devant les icônes, les hommes de toutes les époques prient, laissent derrière eux leur angoisse et leur douleur, espèrent et trouvent du réconfort. L’iconographie byzantine, comme par exemple l’école crétoise d’iconographie et ses créateurs tels que Théophane le Crétois, Domenikos Theotokopoulos (El Greco) et tant d’autres, constituent notre héritage inestimable, mais aussi une partie de la culture européenne.

L’Église orthodoxe respecte pleinement la liberté de conscience de chaque individu et ne cherche pas à imposer la foi, qui est toujours proposée librement.

La présence d’icônes dans l’espace public ne restreint la liberté de personne, elle est l’expression de l’histoire, de la tradition et de l’identité spirituelle de notre peuple.

À une époque de matérialisme et de relativisme spirituel, où beaucoup de gens ont le sentiment de perdre leurs repères et le sens de la vie, les visages du Christ, de la Vierge Marie et des Saints, représentés dans les icônes, rappellent que l’homme ne vit pas sans racines, mais au sein d’une foi vivante, au sein d’une culture qui s’est forgée au fil des siècles et qui continue d’éclairer le chemin de notre vie.

La stupide propagande bruxelloise anti-Orbán

Les gazettes font état d’un scandale international de fuites au Conseil européen. C’est un simple article du Washington Post, qui accuse le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, d’appeler Serguei Lavrov pour le « tenir informé en temps réel » des discussions au Conseil européen pendant les pauses.

La Commission européenne se dit « très préoccupée » par ces informations, et exige du gouvernement hongrois « qu’il apporte les clarifications nécessaires ». Une affaire « très grave », ajoute l’Allemagne. Une nouvelle raison de faire tomber Orbán aux prochaines élections.

Mais même sur le site européiste Euractiv on ne voit pas où est le problème. Titre de l’article : « Rien n’est secret au Conseil européen ». Sic. Un diplomate européen explique : « Même si le Conseil européen était hermétique, on ne discuterait pas de sujets sensibles, le format est trop vaste. Orbán ou pas, on n’est pas entouré uniquement de personnes en qui on peut avoir confiance. Certains diront des choses aux États-Unis, d’autres au Royaume-Uni, d’autres encore à la Russie. » Et Euractiv de rappeler : « Orbán s’est présenté pendant des années comme un intermédiaire, se rendant à Moscou pendant la présidence hongroise du Conseil et rendant compte à l’OTAN et à l’UE de ce que Vladimir Poutine lui avait dit. »

Le ministre hongrois des Affaires européennes, Janos Boka, a écrit sur Facebook : « Il est parfaitement naturel que le ministre hongrois des Affaires étrangères parle au téléphone avec son homologue russe. Ce qui est moins compréhensible, c’est que ses homologues de l’Union européenne ne fassent pas de même. »

Orban résiste

Comme il l’avait annoncé, Viktor Orban a refusé de donner son aval à la révision de la législation du budget européen permettant le « prêt » de 90 milliards d’euros à l’Ukraine : tant que l’Ukraine ne rétablit pas la livraison de pétrole russe, il n’y aura pas d’aide.

Le président Costa a osé dire que l’attitude de la Hongrie est « inacceptable ». Alors que c’est évidemment l’attitude de l’UE qui est inacceptable : elle refuse d’aider un Etat membre qui a un besoin vital de ce pétrole, et fait pression sur cet Etat au lieu de faire pression sur l’Ukraine qui pénalise un Etat membre…

Le sommet a donc accouché une nouvelle fois d’une simple « déclaration », non signée par la Hongrie et la Slovaquie, réitérant le soutien des 25 à l’Ukraine, appelant à intensifier les efforts de mobilisation auprès des pays tiers afin de trouver encore 30 milliards d’euros… et à accélérer le processus d’adhésion de l’Ukraine à l’UE… Mais sans la Hongrie et la Slovaquie il ne peut pas y avoir d’adhésion…

Coïncidence…

Viktor Orbán : « Je vois surgir de nulle part un parti pro-ukrainien doté de ressources financières illimitées. Je constate une présence inhabituellement forte de voix pro-ukrainiennes dans les médias. Je veux savoir d’où vient cet argent. Nous avons des questions, et nous trouverons les réponses ! »

Dans le même temps, la Commission européenne fait savoir que l’Ukraine ne sera en fait confrontée à un déficit budgétaire qu’à la fin avril, plusieurs semaines plus tard que prévu. Donc l’Ukraine ne sera pas à court d’argent avant… les élections hongroises. Et ensuite l’Ukraine recevra les 90 milliards d’euros… (Non dit, mais tout le monde comprend : parce que les élections en Hongrie auront porté au pouvoir l’opposition pro-Ukraine…) L’ingérence c’est très mal, sauf quand c’est nous qui la faisons.

Résistance hongroise

Aucune réaction des dirigeants de l’UE à la menace de mort de Zelensky contre Orban. Le président d’un Etat membre de l’UE est ouvertement et précisément menacé de mort par le dirigeant illégitime d’un Etat étranger à l’UE, et l’UE ne dit rien.

Les dirigeants des autres Etats de l’UE sont tout autant muets : bravo la solidarité européenne.

A l’exception de Robert Fico, qui a dit avec force et une colère non feinte :

« J’exprime ma pleine solidarité avec le Premier ministre hongrois, Viktor Orban. Si le président ukrainien persiste dans cette voie, d’autres États membres de l’UE pourraient bloquer le prêt de 90 milliards d’euros accordé à l’Ukraine. Je demande officiellement à tous les plus hauts représentants de l’Union européenne, et je serai très précis :  la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen, Antonio Costa, ainsi que le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, de se désolidariser de ces déclarations scandaleuses et menaçantes du président ukrainien Volodymyr Zelensky. »

On notera que le chef de l’opposition hongroise Peter Madjar a également condamné la menace de Zelensky. Certes cela fait bien dans sa campagne, mais il l’a dit :

« Aucun dirigeant étranger ne peut menacer qui que ce soit, pas même un seul Hongrois. Ni le gouvernement sortant d’Orban, ni le futur gouvernement Tisza. J’invite donc le président ukrainien à s’expliquer sur ses propos et, s’il les a réellement tenus, à les retirer. »

Voulant atténuer son propos, Peter Madjar tombe dans l’hypocrisie. Car tout le monde peut voir la vidéo où Zelensky menace d’envoyer ses soldats au domicile de Viktor Orban.

Addendum 15h. La Commission européenne réagit enfin, mais de façon anonyme, par la voix d’un porte-parole : « Ce type de langage est inacceptable. Il ne doit y avoir aucune menace à l’encontre des États membres de l’UE. »

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Viktor Orban, déclarant que la menace concerne tous les Hongrois, passe à la vitesse supérieure : il interdit tout transit important de marchandises vers l’Ukraine.

Hier, le Centre antiterroriste hongrois a intercepté deux véhicules blindés avec à leur bord sept Ukrainiens dont un ancien général des services secrets. Ils transportaient 35 millions d’euros en liquide et 9 kg d’or.

Selon l’Ochtchabank, la banque d’épargne d’Etat ukrainienne, cet argent et cet or venaient de la Raiffeisen Bank d’Autriche et lui étaient destinés.

Evidemment l’Ukraine crie très fort. Le ministre des Affaires étrangères Andriy Sybiha déclare :

« Il s’agit de la Hongrie qui prend des otages et vole de l’argent. Si c’est là le “pouvoir” dont parle Orban, alors c’est le pouvoir d’un groupe criminel. Il s’agit de terrorisme d’État et de racket. Nous avons déjà envoyé une note officielle exigeant la libération immédiate de nos citoyens. Nous allons également faire appel à l’Union européenne pour lui demander d’expliquer clairement les actions illégales de la Hongrie, la prise d’otages et le vol. »

La suite (si Bruxelles n’étouffe pas l’affaire) risque d’être intéressante.

Selon le fisc hongrois, rien que cette année, plus de 900 millions de dollars, 420 millions d’euros et 146 kilogrammes de lingots d’or ont été transportés à travers le territoire hongrois vers l’Ukraine. Du blanchiment industriel…