Purification de la Bienheureuse Vierge Marie

Cette fête qui existait à Jérusalem au IVe siècle arrive à Constantinople au VIe, puis à Rome au VIIe. En gardant son nom grec d’Hypapante : la rencontre du Seigneur avec son peuple. Ou traduit en latin : Obviatio. Au VIIIe siècle apparaît en Gaule une nouvelle appellation : « Purificatio sanctæ Mariæ ». C’est celle que les Francs réussiront à imposer à Rome, alors que la liturgie de ce jour est centrée sur la Rencontre du Verbe fait chair avec son peuple (représenté par Siméon, au point que la fête fut aussi appelée « Jour de saint Siméon »), et non sur la « purification » purement rituelle de sa Mère qui n’en avait nul besoin. Tandis que la collecte de la messe et le début de l’évangile insistent sur la présentation de Jésus au Temple. Le martyrologe de la basilique Saint-Pierre a conservé toutes les appellations : hypapante, rencontre, présentation : « Ypapanti Domini, id est obviatio seu appresentatio Domini nostri Jesu Christi secundum carnem. »

Dans la liturgie byzantine, l’Hypapante (Sretenie en slavon) est une des 12 grandes fêtes de l’année.

Cette page d’un sacramentaire grégorien copié à l’abbaye de Saint-Thierry au IXe siècle (Bibliothèque Carnegie de Reims) commence par les trois oraisons de la messe de sainte Agnès (le 21 janvier), puis on lit (en rouge) :

IIII NON FEB YPPAPANTI DNI ADSCTUM ADRIANUM Collecta

Le 4 (quatrième jour avant les) nones de février, Yppapante (sic) du Seigneur à Saint-Adrien, collecte.

Car le 2 février, les paroisses romaines allaient en procession à l’église Saint-Adrien, portant des cierges et des flambeaux. Là, le pape et ses assistants se revêtaient d’une chasuble noire de pénitence. Le clergé et les chantres recevaient de sa main un cierge, les chantres entonnaient l’antienne Exsurge Domine (très malencontreusement supprimée en 1960), puis le Kyrie, puis la collecte, et l’on partait en procession vers Sainte-Marie-Majeure : « Statio ad Sanctam Mariam Maiorem ». Et le sacramentaire nous donne alors les trois oraisons de la messe.

Comme ces oraisons, la collecte d’avant la procession est toujours celle qui est chantée aujourd’hui. Seul le premier mot a été changé. Les anciens sacramentaires disaient Erudi (enseigne), et non Exaudi (exauce). Par la suite on a harmonisé avec les nombreuses oraisons qui commencent par Exaudi (il n’y en avait aucune autre qui commence par Erudi).

Exáudi, quǽsumus, Dómine, plebem tuam : et, quæ extrinsécus ánnua tríbuis devotióne venerári, intérius asséqui grátiæ tuæ luce concéde.

Exauce, nous te le demandons, Seigneur, ton peuple, et, ce que tu nous donnes de vénérer extérieurement chaque année avec dévotion, permets que nous y atteignions intérieurement par la lumière de ta grâce.

Septuagésime

Il est dit que le royaume des cieux est semblable à un père de famille qui embauche des ouvriers pour cultiver sa vigne. Or, qui peut être plus justement représenté par le père de famille que notre Créateur, qui gouverne ceux qu’il a créés, et qui possède ses élus dans ce monde, comme un maître a ses serviteurs dans sa maison ? Il possède une vigne, à savoir l’Église universelle qui a poussé autant de sarments qu’elle a produit de saints, depuis le juste Abel jusqu’au dernier élu qui doit naître à la fin du monde.

Ce divin père de famille loue donc des ouvriers pour cultiver sa vigne, dès la pointe du jour, à la troisième heure, à la sixième, à la neuvième et à la onzième, parce qu’il ne cesse point, depuis le commencement de ce monde jusqu’à la fin, de réunir des prédicateurs pour enseigner les fidèles.

Le matin du monde peut s’entendre du temps qui s’est écoulé depuis Adam jusqu’à Noé ; la troisième heure, de Noé à Abraham ; la sixième d’Abraham à Moïse ; la neuvième de Moïse à la venue du Sauveur, et la onzième, depuis la venue du Sauveur jusqu’à la fin du monde. Les Apôtres ont été envoyés pour prêcher en cette dernière heure, et quoique venant si tard, ils ont reçu pleine récompense.

Le Seigneur ne cesse donc en aucun temps d’envoyer des ouvriers pour cultiver sa vigne, c’est-à-dire pour instruire son peuple. Par les Patriarches d’abord, ensuite par les Docteurs de la Loi et les Prophètes et enfin par les Apôtres, cultivant les mœurs de son peuple, il a travaillé, comme par le moyen d’ouvriers, à la culture de sa vigne ; mais cela n’empêche pas que tous ceux qui, avec une foi droite, se sont appliqués et ont exhorté à faire le bien, ne puissent être considérés aussi, chacun dans sa mesure et à un certain degré, comme les ouvriers de cette vigne. Ceux de la première heure ainsi que ceux de la troisième, de la sixième et de la neuvième, désignent l’ancien peuple hébreu qui, depuis le commencement du monde, s’efforçant, en la personne de ses saints, de servir Dieu avec une foi droite, n’a pour ainsi dire pas cessé de travailler à la culture de la vigne. Mais à la onzième heure, les Gentils sont appelés, c’est à eux que s’adressent ces paroles : Pourquoi êtes-vous ici tout le jour sans rien faire ?

Saint Grégoire le Grand, homélie 19 sur les évangiles, leçons des matines dans le bréviaire monastique et avant 1960 dans le bréviaire romain.

Un peu après saint Grégoire ajoute :

Nous pouvons aussi distribuer ces diverses heures du jour entre les âges de la vie de chaque homme. Le petit jour, c’est l’enfance de notre intelligence. La troisième heure peut s’entendre de l’adolescence, car le soleil y prend alors déjà, pour ainsi dire, de la hauteur, en ce que les ardeurs de la jeunesse commencent à s’y échauffer. La sixième heure, c’est l’âge de la maturité : le soleil y établit comme son point d’équilibre, puisque l’homme est alors dans la plénitude de sa force. La neuvième heure désigne la vieillesse, où le soleil descend en quelque sorte du haut du ciel, parce que les ardeurs de l’âge mûr s’y refroidissent. Enfin, la onzième heure est cet âge qu’on nomme vieillesse décrépite ou extrême vieillesse. De là vient que les Grecs n’appellent plus gerontas ceux qui sont très âgés, mais presbyterous, afin de souligner que ces personnes qu’ils dénomment « plus avancées en âge » ont dépassé le stade de la vieillesse. Puisque les uns sont conduits à une vie honnête dès l’enfance, d’autres durant l’adolescence, d’autres à l’âge mûr, d’autres dans la vieillesse, d’autres enfin dans l’âge décrépit, c’est comme s’ils étaient appelés à la vigne aux différentes heures.

*

Vue d’ensemble de la messe.

L’introit.

Le graduel.

Le trait.

L’offertoire.

La communion.

La symbolique de la Septuagésime.

Le premier sermon de saint Bernard.

Saint Jean Bosco

Photo de Carlo Felice Deasti, Turin, 1887.

Deus, qui sanctum Joannem Confessorem tuum adolescentium patrem et magistrum excitasti, ac per eum, auxiliatrice Virgine Maria, novas in Ecclesia tua familias florescere voluisti, concede, quæsumus; ut, eodem caritatis igne succensi, animas quærere, tibique soli servire valeamus. Per Dóminum nostrum Jesum Christum, Filium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia sæcula sæculorum. Amen.

O Dieu, qui avez appelé saint Jean votre Confesseur pour qu’il soit le père et l’éducateur des adolescents, et par lui, sous le patronage de Marie-auxiliatrice, vous avez voulu que fleurissent de nouvelles familles dans votre Église (1) : accordez-nous, nous vous en prions, qu’enflammés du même feu de la charité, nous puissions nous mettre à la recherche des âmes (2) et nous consacrer à votre seul service.

(1) La société de saint François de Sales (« salésiens »), et l’institut des Filles de Marie-Auxiliatrice (« salésiennes ») ; ainsi que le tiers ordre des « coopérateurs » salésiens (et salésiennes).

(2) Allusion à la devise donnée par saint Jean Bosco aux salésiens, qui leur fait dire à Dieu : « Da mihi animas, cætera tolle » (Donne-moi des âmes, garde le reste). C’est ce que dit à Abraham le roi de Sodome vaincu : Garde tout le butin matériel, mais rends-moi les hommes (Genèse 14, 21). Saint François de Sales, puis saint Jean Bosco, l’entendent au sens spirituel et demandent à Dieu : « Donnez-moi des âmes, peu m’importe le reste. » Devise aujourd’hui occultée par les salésiens après avoir été trahie en « Donne-moi des personnes », ou « Donne-moi des jeunes ».

A 9 ans, le rêve de sa vocation.

Le rêve des roses.

« Don Bosco est un mystère : LAISSEZ-LE FAIRE. »

Le rêve de Toulon.

Don Bosco à Paris.

La guérison du médecin athée.

Saint Jean Bosco et la musique.

Notre Dame auxiliatrice.

Du blason au logo

Le Trisagion à Minsk

Le monastère Sainte Elisabeth de Minsk vient de mettre en ligne une vidéo avec six versions différentes du Trisagion, chantées par ses différents chœurs. (C’est en slavon mais la quatrième, à 5’37, est partiellement en grec, et flamboyant à 7’05.)

Avant le trisagion :

Gospodi Spassi Blagotchestivia.

Seigneur, sauve ceux qui sont pieux. Et écoute nous. Amen.

Sviati Bojé, Sviati Kriepki, Sviati Biezsmiertni pomilouï nas.

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous. (3 fois)
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.
Saint Immortel, aie pitié de nous.
Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous.

Sainte Martine

Urbain VIII a institué cette fête en 1635 pour honorer une vierge martyre un 1er janvier d’on ne sait quelle année, ni même quel siècle, mais dont on venait de retrouver les reliques dans l’église de Rome portant son nom.

Sur cette église et les hymnes d’Urbain VIII, voir 1, 2, 3, 4.

Le martyrologe se termine par l’évocation de la reine sainte Bathilde, épouse de Clovis II fils de Dagobert, fondatrice du monastère de Chelles.

Dans le martyrologe de ce jour il y a aussi :

In Malbódio, Hannóniæ monastério, sanctæ Aldegúndis Vírginis, témpore Dagobérti Regis.

A Maubeuge, monastère du Hainaut, sainte Aldegonde, vierge, au temps du roi Dagobert.

Aldegonde était la fille de Walbert, régent de Sambre et Meuse sous Clotaire II, puis du Hainaut sous Dagobert. Walbert et sa femme étaient encore païens. Ils eurent deux filles : sainte Waudru, ou Waltrude, qui fonda un monastère à Mons, et sainte Aldegonde, qui fonda un monastère à Maubeuge. A la suite de quoi les parents se convertirent et devinrent saint Walbert et sainte Bertille de Thuringe.

A noter que si Aldegonde était restée vierge, Waudru s’était d’abord mariée à un comte local, Madelgaire. Ils eurent quatre enfants : sainte Aldetrude, sainte Maldeberte, saint Landry, saint Dentelin, avant de devenir religieux tous deux une fois les enfants élevés.