Sant Joseph

Vitrail de l’église Saint-Marcellin de Monistrol-sur-Loire.

L’office et la messe de saint Joseph ont été fixés en 1714. Les trois hymnes sont de Juan Escollar, en religion Juan de la Concepción (mort en 1700), un carme espagnol qui avait composé un office pour la fête du « Patronage de saint Joseph » célébré par les carmes et carmélites espagnols le troisième dimanche après Pâques. Voici l’hymne des laudes. (Voir celui des vêpres ici.)

Iste, quem læti cólimus, fidéles,
Cujus excélsos cánimus triúmphos,
Hac die Joseph méruit perénnis
Gáudia vitæ.

Celui dont nous, fidèles, célébrons la gloire ;
celui dont nous chantons le glorieux triomphe,
Joseph est entré aujourd’hui
dans les délices de l’éternelle vie.

O nimis felix, nimis o beátus,
Cujus extrémam vígiles ad horam
Christus et Virgo simul astitérunt
Ore seréno.

Mortel heureux, trois fois heureux,
qui à la dernière heure vit,
autour de sa couche, le Christ et la Vierge
l’assister d’un visage serein.

Hinc stygis victor, láqueo solútus
Carnis, ad sedes plácido sopóre
Migrat ætérnas, rutilísque cingit
Témpora sertis.

Vainqueur de la mort,
libre des liens de la chair,
un doux sommeil l’a emporté vers l’éternel séjour ;
et son front est ceint d’un diadème éclatant.

Ergo regnántem flagitémus omnes,
Adsit ut nobis, veniámque nostris
Obtinens culpis, tríbuat supérnæ
Múnera pacis.

Maintenant qu’il règne, supplions-le tous
de nous être propice ; qu’il obtienne
le pardon de nos fautes et nous procure
la paix avec le ciel.

Sint tibi plausus, tibi sint honóres,
Trine, qui regnas, Deus, et corónas
Aureas servo tríbuis fidéli
Omne per ævum. Amen.

A Vous la louange, à Vous l’honneur,
Trinité divine, Roi suprême,
dont la main a placé une couronne d’or
pour jamais sur le front du serviteur fidèle. Amen.

Mercredi de la quatrième semaine de carême

La lecture biblique de la semaine étant l’Exode, les répons des matines y font logiquement écho. Le troisième répons des matines de ce jour semble pourtant ne pas y être lié :

℟. Atténdite, pópule meus, legem meam : * Inclináte aurem vestram in verba oris mei.
℣. Apériam in parábolis os meum: loquar propositiónes ab inítio sǽculi.
℟. Inclináte aurem vestram in verba oris mei.

℟. Appliquez-vous à la loi, ô mon peuple : * Inclinez votre oreille aux paroles de ma bouche.
℣. J’ouvrirai ma bouche en paraboles, je dirai des choses cachées dès le commencement du siècle.
℟. Inclinez votre oreille aux paroles de ma bouche.

En fait il s’agit des deux premiers versets du psaume 77. Avec l’ajout « sǽculi » qu’on trouve dans certains anciens psautiers (voir ci-dessous le « psautier pourpré de saint Germain » à la fin de la première ligne), mais pas dans le psautier romain (ci-après un psautier romain du XIVe siècle).

Or le long psaume 77 (72 versets) est le premier du psautier dont le sujet est… l’Exode. Telle est la « parabole » annoncée : c’est l’indication claire qu’il ne s’agit pas d’un psaume « historique », comme disent les exégètes modernes qui n’y comprennent rien, mais d’un récit symbolique qui concerne la vie spirituelle de celui qui prie ce psaume. Et le répons, qui ne dit rien de l’Exode, insiste sur ce point.

Saint Daniel de Moscou

Pour ceux qui ne cessent de dire que les églises sont vides en Russie. Voici la divine liturgie des dons présanctifiés, ce matin, un mardi matin, au monastère Saint-Daniel de Moscou. Certes, c’est la fête de saint Daniel fondateur du monastère. Mais l’affluence est remarquable. (Sans compter les 3.600 vues de la vidéo – qui est aussi sur quatre plateformes russes – depuis ce matin.)

A 1h04’40, le chant de la grande entrée « Maintenant les puissances célestes », qui est l’entrée du Christ dans le sanctuaire, puisque les « dons » qui entrent sont le Corps et le Sang du Christ consacrés dimanche.

Ны́не Си́лы Небе́сныя с на́ми неви́димо слу́жат, / се́ бо вхо́дит Ца́рь Сла́вы, се́ же́ртва та́йная соверше́на дорино́сится.
Ве́рою и любо́вию присту́пим, / да прича́стницы жи́зни ве́чныя бу́дем. / Аллилу́иа, аллилу́иа, аллилу́иа.

Maintenant les puissances célestes célèbrent invisiblement avec nous. Car voici que s’avance le Roi de gloire. Voici avec son escorte, le Sacrifice mystique déjà accompli.
Approchons-nous avec foi et amour, afin de devenir participants de la vie éternelle. Alléluia, alléluia, alléluia.

Les reliques de saint Daniel de Moscou :

(Ce Daniel était un fils de saint Alexandre Nevski. Il devint le premier prince de Moscou en 1273. Humble et pacifique, il régna 30 ans, fonda le monastère de l’Epiphanie près du Kremlin, puis le monastère Saint-Daniel – du nom de saint Daniel le Stylite son saint patron. A la fin de sa vie il se fit moine.)

« Tout simplement » !!!

Le père abbé de Solesmes, le TRP Geoffroy Kemlin, a écrit au pape pour lui faire une proposition de paix liturgique. Elle est très simple :

« Ce serait tout simplement d’insérer dans le Missale Romanum l’ancien Ordo Missae (…) tout en y laissant le nouvel Ordo Missae inchangé. »

Les fidèles de la messe traditionnelle auraient donc un monstre liturgique : l’ordo missae traditionnel, et pour tout le reste ce qui est issu de la révolution liturgique : le nouveau calendrier, le nouveau sanctoral, le nouveau lectionnaire, les nouvelles oraisons. Tout ce qui est pour eux proprement irrecevable.

« Cela permettrait de rétablir l’unité liturgique », insiste benoitement le P. Kemlin, « puisque toute l’Eglise latine utiliserait l’unique Missale Romanum, avec un unique calendrier. » Celui qui notamment a supprimé la Septuagésime et l’octave de la Pentecôte, et a inventé des « dimanches ordinaires » au lieu de ceux des temps de l’année liturgique.

Et il a « la conviction que les fidèles attachés au Vetus Ordo seraient satisfaits d’une telle solution et profiteraient de tous les apports incontestés de la réforme liturgique (nouvelles préfaces et prières eucharistiques, oraisons révisées, sanctoral, cycle des lectures, etc.). »

Les apports « incontestés » ? Ou bien le P. Kemlin vit sur une autre planète, ou bien il ment. Car les « apports » dont il parle ont été et sont contestés de multiple façon et de façon détaillée et argumentée depuis plus de 50 ans maintenant, y compris par des personnalités qui ont participé à la « réforme liturgique ».

Le P. Kemlin ose se référer à dom Guéranger, qui « a d’une certaine manière donné naissance au mouvement liturgique, qui a conduit à la constitution Sacrosanctum Concilium du concile Vatican II, et à la réforme liturgique qui a suivi », laquelle a été « accueillie avec gratitude à Solesmes ».

Etablir une telle continuité est un très gros mensonge. Quiconque a lu les Institutions liturgiques de dom Guéranger sait que le fondateur de Solesmes a condamné d’avance, de façon vigoureuse, la révolution liturgique d’après Vatican II, en condamnant les diverses tentatives qui allaient dans le même sens au cours de l’histoire.

La proposition du père abbé de Solesmes est une mauvaise action. Si elle devait être mise en œuvre par le pape elle ne mettrait pas fin à la « querelle liturgique », elle l’exacerberait.

Ci-après la lettre en question.

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Mardi de la quatrième semaine de carême

La prose de carême (voir son histoire ici) par la Capella gregoriana Easo, émanation en 1995 du Coro Easo, importante institution musicale de Donostia (Saint-Sébastien, « la bella Easo »).

Refrain : Attende, Domine, et miserere, quia peccavimus tibi.

Écoute-nous, Seigneur, et prends pitié de nous, car nous avons péché contre toi.

Ad te Rex summe, omnium Redemptor, oculos nostros sublevamus flentes ; exaudi, Christe, supplicantum preces.

Vers toi, souverain Roi, Rédempteur de tous les hommes, nous élevons nos yeux pleins de larmes. Écoute, o Christ, nos prières suppliantes !

Dextera Patris, lapis angularis, via salutis, janua caelestis, ablue nostri maculas delicti.

Droite du Père, pierre angulaire, voie du salut, porte du ciel, Lave les souillures de notre péché.

Rogamus, Deus, tuam majestatem ; auribus sacris gemitus exaudi ; crimina nostra placidus indulge.

Nous prions, ô Dieu, ta Majesté ; que tes oreilles saintes entendent nos gémissements ; Dans ta bonté, pardonne-nous de nos crimes.

Tibi fatemur crimina admissa ; contrito corde pandimus occulta ; tua Redemptor pietas ignoscat.

Nous t’avouons les fautes commises ; d’un cœur contrit nous te dévoilons nos péchés ; Ô Rédempteur, que te clémence pardonne.

Innocens captus, nec repugnans ductus, testibus falsis pro impiis damnatus ; quos redemisti, tu conserva, Christe.

Arrêté innocent et emmené sans résistance, Tu as été condamné pour les pécheurs par de faux témoins ; Ô Christ, conserve ceux que tu as rachetés.