Le Trisagion à Minsk

Le monastère Sainte Elisabeth de Minsk vient de mettre en ligne une vidéo avec six versions différentes du Trisagion, chantées par ses différents chœurs. (C’est en slavon mais la quatrième, à 5’37, est partiellement en grec, et flamboyant à 7’05.)

Avant le trisagion :

Gospodi Spassi Blagotchestivia.

Seigneur, sauve ceux qui sont pieux. Et écoute nous. Amen.

Sviati Bojé, Sviati Kriepki, Sviati Biezsmiertni pomilouï nas.

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous. (3 fois)
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.
Saint Immortel, aie pitié de nous.
Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous.

Sainte Martine

Urbain VIII a institué cette fête en 1635 pour honorer une vierge martyre un 1er janvier d’on ne sait quelle année, ni même quel siècle, mais dont on venait de retrouver les reliques dans l’église de Rome portant son nom.

Sur cette église et les hymnes d’Urbain VIII, voir 1, 2, 3, 4.

Le martyrologe se termine par l’évocation de la reine sainte Bathilde, épouse de Clovis II fils de Dagobert, fondatrice du monastère de Chelles.

Dans le martyrologe de ce jour il y a aussi :

In Malbódio, Hannóniæ monastério, sanctæ Aldegúndis Vírginis, témpore Dagobérti Regis.

A Maubeuge, monastère du Hainaut, sainte Aldegonde, vierge, au temps du roi Dagobert.

Aldegonde était la fille de Walbert, régent de Sambre et Meuse sous Clotaire II, puis du Hainaut sous Dagobert. Walbert et sa femme étaient encore païens. Ils eurent deux filles : sainte Waudru, ou Waltrude, qui fonda un monastère à Mons, et sainte Aldegonde, qui fonda un monastère à Maubeuge. A la suite de quoi les parents se convertirent et devinrent saint Walbert et sainte Bertille de Thuringe.

A noter que si Aldegonde était restée vierge, Waudru s’était d’abord mariée à un comte local, Madelgaire. Ils eurent quatre enfants : sainte Aldetrude, sainte Maldeberte, saint Landry, saint Dentelin, avant de devenir religieux tous deux une fois les enfants élevés.

Saint François de Sales

Ô Dieu soit béni, ma chère Fille, l’infirmité n’est pas à la mort, mais afin que Dieu soit glorifié en icelle (Joan. xi, 4). Vous avez deux peuples au ventre de votre esprit, comme il fut dit à Rebecca ; l’un combat contre l’autre, mais enfin le plus jeune surmontera l’aîné (Gen. xxv, 23).L’amour-propre ne meurt jamais que quand nous mourons, il a mille moyens de se retrancher dans notre âme, on ne l’en saurait déloger ; c’est l’aîné de notre âme, car il est naturel, ou au moins connaturel ; il a une légion de carabins avec lui, de mouvements, d’actions, de passions ; il est adroit et sait mille tours de souplesse. De l’autre côté, vous avez l’amour de Dieu, qui est conçu après et est puîné ; il a aussi ses mouvements, inclinations, passions, actions. Ces deux enfants en un même ventre s’entrebattent comme Ésaü et Jacob ; c’est pourquoi Rebecca s’écrie : M’était-il pas mieux de mourir que concevoir avec tant de douleurs (ibid., 22 )? De ces convulsions s’ensuit un certain dégoût qui fait que vous ne savourez pas les meilleures viandes. Mais que vous importe-t-il de savourer ou ne savourer pas, puisque vous ne laissez pas de bien manger ? S’il me fallait perdre l’un des sentiments, je choisirais que ce fût le goût, comme moins nécessaire, voire même que l’odorat, me semble. Croyez-moi, ce n’est que le goût qui vous manque, ce n’est pas la vue. Vous voyez, mais sans contentement ; vous mâchez le pain comme si c’étaient des étoupes, sans goût ni saveur. Il vous semble que vos résolutions sont sans force parce qu’elles ne sont pas gaies ni joyeuses, mais vous vous trompez, car l’Apôtre saint Paul bien souvent n’en avait que de cette sorte-là (Rom. vii, 21-25). La pauvre Lia est une petite chassieuse et laide, mais il faut que votre esprit couche avec elle avant que d’avoir la belle Rachel (Gen. xxix, 16-28). Et courage, car elle ne laissera pas de faire des beaux enfants et des œuvres agréables à Dieu. Mais je m’arrête trop.

Lettre à sainte Jeanne de Chantal, 21 novembre 1604.

Saint Pierre Nolasque

Paolo Campi, 1742, Saint-Pierre de Rome.

Pierre Nolasque était né dans le Lauragais mais sa famille s’installa à Barcelone, et son père l’initia au métier de commerçant. Il découvre le sort des esclaves chrétiens dans les principautés musulmanes et décide de leur venir en aide. Il réunit quelques compagnons qui quêtent pour les captifs.

À la suite d’une vision qu’il a de la Sainte Vierge dans la nuit du 1er au 2 août 1218, il fonde avec Saint Raymond de Peñafort l’Ordre de Notre-Dame de la Merci pour le rachat des captifs, avec l’autorisation de l’évêque de Barcelone et le soutien du roi Jacques Ier d’Aragon.

Le Pape Grégoire IX approuve la création de l’ordre en 1235, qui sera confirmée par deux bulles d’Innocent IV. La règle est celle de saint Augustin. En plus des trois vœux habituels de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, les membres s’engagent, par un quatrième vœu, à demeurer comme otages si cela est nécessaire pour la délivrance des captifs quand ils n’ont pas l’argent nécessaire pour les racheter.

A la mort de saint Pierre Nolasque en 1245, il y a une centaine de frères dans 18 couvents, et 3.920 captifs ont été libérés.

Les trois visions de saint Pierre Nolasque par Zurbaran.

Le commentaire de la collecte par dom Pius Parsch.

Dans mon diocèse c’est la fête de saint Gildas, fondateur de la célèbre abbaye qui porte son nom dans la presqu’île de Rhuys.

La rupture (vécue) du P. Luykx

J’ai déjà évoqué trois fois (1, 2, 3) le livre du P. Luykx sur le concile Vatican II, plus précisément sur la « réforme liturgique » telle qu’il l’a vécue. Le P. Luykx a participé personnellement au concile de 1959 à 1975. Repéré par Jean XXIII en raison de ses travaux au sein du « Mouvement liturgique », il a fait partie des instances qui ont préparé le concile, il a été l’expert d’un des pères du concile, il a personnellement rédigé quatre articles de la constitution conciliaire sur la liturgie, et il a fait partie du Consilium chargé de mettre en œuvre les décisions du concile. Sa conclusion est que la réforme liturgique promulguée par Paul VI a été une trahison de la constitution conciliaire et une trahison du Mouvement liturgique, une démolition de la liturgie latine et de la tradition liturgique de l’Eglise latine.

La rupture selon lui se produit donc après le concile, dans les commissions censées appliquer les demandes du concile, et qui ont fabriqué une néo-liturgie artificielle et illégitime. Cette position est contraire à celle qui a cours le plus souvent dans les milieux traditionalistes (où l’on dit que le concile est responsable en tant que tel de la révolution dans l’Eglise, et que sur le plan liturgique cette révolution a été voulue par les militants du Mouvement liturgique), mais elle ne peut être balayée d’un revers de main. En outre elle est un argument de poids pour les défenseurs de la liturgie traditionnelle.

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