L’hymne des chérubins, pendant la divine liturgie patriarcale ce matin en la cathédrale de la Dormition du Kremlin de Moscou : à 1h11’30.
Catégorie : Liturgie
De la férie
Le martyrologe romain commence ainsi :
In Palæstína sancti Zacharíæ Prophétæ, qui, de Chaldǽa senex in pátriam revérsus, ibíque defúnctus, juxta Aggǽum Prophétam cónditus jacet.
En Palestine, le prophète saint Zacharie qui, dans sa vieillesse, retourna de Chaldée en son pays ; y étant décédé, il fut enseveli et placé auprès du prophète Aggée.
La liturgie byzantine célèbre le prophète Zacharie le 8 février. Voici l’apolitykion, le kondakion et le mégalynaire, dans la version de saint Gérasime de l’Athos, par Apostolos Koutsimanis.
Τὴν κλῆσιν κατάλληλον, δείξας τοὶς ἔργοις σοφέ, ταμεῖον ἐπάξιον, τῆς ἐπινοίας Θεοῦ, Ζαχαρία γεγένησαι, ἔχων γὰρ ἐν τῷ βίῳ, συλλαλούντας Ἀγγέλους, ὤφθης τῶν ἐσομένων, θεηγόρος Προφήτης. Καὶ νῦν ἠμῶν τᾶς αἰτήσεις, ἄνωθεν πλήρωσαν.
Par tes actes, sage Zacharie, tu as montré que tu avais reçu à juste titre ton nom comme un trésor de l’inspiration de Dieu, car les Anges ont été tes compagnons dans la vie et tu as été un prophète des choses à venir. Et maintenant, puisque tu le peux, exauce d’en haut nos requêtes.
Εμπνευσθείς του Πνεύματος τη επιλάμψει, Ζαχαρία ένδοξε, τρανώς προέγραψας ημίν, ώσπερ λαμπάδα πολύφωτον, την του Σωτήρος, απόρρητον κένωσιν.
Illuminé par la clarté de l’Esprit, ô glorieux Zacharie, comme une lampe à plusieurs lumières tu as clairement décrit d’avance la kénose du Sauveur.
Χάριτος αΰλου εμφορηθείς, ώφθης των μελλόντων, θεηγόρος προμηνυτής’ συ γαρ Ζαχαρία, συμβολικώς προλέγεις, την προς ημάς του Λόγου, άρρητον κένωσιν.
Empli de la grâce immatérielle, tu as vu l’avenir, précurseur divin, car toi, Zacharie, tu annonces symboliquement la kénose ineffable du Verbe pour nous.
Saint Laurent Justinien
Chapitre 16 de son livre De l’incendie du divin amour, traduction de l’abbé Templier, 2e édition 1854.
Éloge de la charité
L’Écriture nous enseigne que nous ne pouvons compter sur une amitié qui ne repose pas en Dieu. D’ailleurs, comme l’amitié est un don de Dieu, il est juste que celui qui aime en vertu de ce don n’aime que Dieu ou à cause de Dieu ; car les fleuves doivent remonter à la source d’où ils prennent leur cours, et le ruisseau qui découle de la plénitude de la grâce doit remonter à son principe pour ne pas tarir.
Si nous ne regardons comme véritable amitié que celle que Dieu nous témoigne en nous appelant ses amis, si nous accomplissons ses préceptes en vue de ces paroles : « Si vous observez mes commandements, vous êtes mes amis », cette amitié de Dieu n’est que la charité par laquelle il nous a aimés avant même la constitution du monde, et qui nous a mérité la grâce de notre élection en son Fils bien-aimé.
C’est cette charité qui est la source de tous les biens et de tous les dons que nous tenons de la divine libéralité ; c’est elle qui forme et qui règle tout amour légitime, et nulle affection ne peut être bien ordonnée si elle ne puise en elle sa cause, ses modes et sa distinction. Le Livre de la Sagesse dit de cette précieuse charité qu’elle est ordonnée dès l’éternité. Ordonnée par Dieu même, c’est elle qui ordonne ensuite les esprits célestes dans leur hiérarchie, et c’est elle aussi qui détermine, suivant leurs différents états, les travaux et les œuvres des justes. Sans elle, l’amitié humaine est toujours déréglée ; c’est elle seule qui est la voie et la vie des vertus. Elle est cette voie qui mène au salut de Dieu et qui faisait dire à Isaïe : « Les affranchis et les rachetés du Seigneur marcheront dans cette voie ; ils accourront vers Sion en chantant ses louanges ; une joie éternelle couronnera leurs têtes ; ils vivront désormais dans l’allégresse et le ravissement : la douleur et les gémissements ont fui pour toujours de leurs cœurs. »
La charité est le flambeau qui éclaire toutes les actions et qui dirige toutes les affections de l’homme, pour lui apprendre en quoi consistent réellement la lumière et la paix.
La charité est comme l’huile qui surnage à la surface de tous les liquides, qui donne le brillant, et qui, par sa douceur, dissimule toutes les aspérités. C’est après avoir été oints de cette huile que les apôtres et les martyrs trouvaient des douceurs dans les rigueurs de la mort. Non seulement la charité fait disparaître l’amertume du trépas et des souffrances, mais, par une vertu toute-puissante, elle donne la mort à la mort elle-même. Est-ce que la charité de Jésus-Christ ne fut pas destructive de la mort ? Maître de la vie, il a bravé la mort, en s’écriant par la bouche de son prophète : O mort, je serai ta mort. L’amour est plus fort que la mort. Lorsque la mort nous arrache la vie du temps, la charité nous conduit à la vie éternelle.
La charité, c’est la jeune vierge qui réchauffait les membres glacés de David. Ceux qui laissent refroidir la charité en eux et qui ne produisent plus que des fruits de mort sentiront bientôt la chaleur renaître en eux, s’ils veulent s’appliquer au souvenir de la Passion de Jésus-Christ.
La charité est cette nuée légère qui, à la prière d’Élie, versa une pluie abondante. Celui qui commence à aimer Dieu de tout son cœur répand à la fois et sur ses amis et sur ses ennemis les flots de la grâce et les ondées de sa générosité.
La charité, c’est encore cette huile de la veuve de Sarepta, qui s’accroît toujours à mesure qu’on la distribue. Les cantiques des anges et les discours de l’homme, la pauvreté et le martyre ne sont rien sans la charité. Que la prophétie perce les voiles de l’avenir, que la science étende le domaine de l’intelligence, que la foi transporte les montagnes, tout cela n’est d’aucun prix si la charité n’en est le principe. Rien n’est utile sans la charité ; rien ne peut nuire avec elle. O prodige ! ô excellence de la charité !
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Ce jour, le martyrologe romain commence ainsi :
In monte Nebo, terræ Moab, sancti Móysis, legislatóris et Prophétæ.
Sur le Mont Nébo, dans la terre de Moab, saint Moïse, saint Moïse, législateur et prophète.
Mais la liturgie latine ne célèbre pas les saints de l’Ancien Testament. Dans le calendrier byzantin, ce même 4 septembre, on commémore « saint Moïse, le prophète qui a vu Dieu ».
Γνόφον ἄυλον, τεθεαμένος, νόμον ἔνθεον, πλαξὶν ἐδέξω, ὡς θεάμων μυστηρίων τοῦ Πνεύματος καὶ καταπλήξας τὴν Αἴγυπτον θαύμασι, δημαγωγὸς Ἰσραὴλ ἐχρημάτισας. Μωυσῆ ἔνδοξε, Χριστὸν τὸν Θεὸν ἱκέτευε, δωρήσασθαι ἠμιν τὸ μέγα ἔλεος.
Ayant contemplé la ténèbre immatérielle, tu as reçu la loi divine sur les tables, contemplateur des mystères de l’Esprit, et, après avoir terrassé l’Égypte par tes miracles, tu as été le chef du peuple d’Israël ; ô glorieux Moïse, supplie le Christ Dieu de nous accorder la grande miséricorde.
Saint Pie X
Le Pape Pie X, nommé auparavant Joseph Sarto, naquit dans un village de Vénétie, appelé Riese. Il fut admis comme élève au séminaire de Padoue et ordonné prêtre ; vicaire à Tombolo, puis curé de Salzano, ensuite chanoine à Trévise et chancelier de la Curie épis-copale, il se distingua par une telle sainteté que Léon XIII le mit à la tête de l’Église de Mantoue. Ne négligeant aucun des devoirs du bon pasteur, il se préoccupa vivement de la bonne formation de la jeunesse appelée à l’héritage du Seigneur ; il favorisa la splendeur du culte divin et le développement des associations pieuses ; il soulagea l’indigence des pauvres par une charité débordante. Recommandé par tant de mérites, il fut mis au nombre des cardinaux et créé patriarche de Venise. Après la mort de Léon XIII, malgré une vaine résistance, il dut accepter, comme une croix, le Souverain Pontificat. Placé sur la chaire de saint Pierre, il ne changea rien à son genre de vie antérieur. Il resplendit surtout par l’humilité, la simplicité et la pauvreté. Il gouverna l’Église avec fermeté et la fortifia par des initiatives remarquables. Gardien très vigilant de la foi, il condamna et détruisit le modernisme, rendez-vous de toutes les hérésies ; ardent défenseur de la liberté de l’Église, il résista courageusement à ceux qui voulaient y porter atteinte ; il veilla à une solide formation du clergé ; il rassembla les lois de l’Église en un seul corps ; il développa beaucoup le culte de l’Eucharistie et la communion fréquente. Épuisé par les travaux et accablé de douleur à cause de la guerre qui avait éclaté en Europe, il s’envola vers la patrie céleste, le 20 août 1914. Pie XII le mit au nombre des saints.
(Bréviaire)